Abdelkrim BADJADJA

Consultant International en Archivistique 

 Abu Dhabi, United Arab Emirates

 Mail: badjadja99@yahoo.fr Mobile:    00971507110971  

 

عبدالكريم بجاجة

 خبير دولي في علم الأرشيف

 

Séminaire à Dubai. 

Ancien site: http://membres.multimania.fr/badjadja/

Biographie: http://www.monsieur-biographie.com/biographies/7045/abdelkrim-badjadja.php

Blog: http://badjadja.over-blog.com/

 

  Dernière mise à jour:

Mardi 24 janvier 2011, 13:30  - Abu Dhabi 

 

France, ta langue part à la dérive !

  Exemples relevés dans Yahoo ! Actualités du 24 janvier 2012 :

 

Hervé Morin : retour vers le futur

(Commentaires)

1-            Marc S : Au lieu de « le héro », il fallait écrire : « le héros ».

2-            renegad : « un peut », », écrire : « un peu». 

3-            Stéphane : «tout ces hommes qui gravitent autour du pouvoir font partis », écrire : « tous ces hommes qui gravitent autour du pouvoir font partie» 

4-            Matanda Jean Steve : « si les blancs createures dhistoire s se gourent », écrire : « si les blancs créateurs d’histoire se gourent ».

5-            Tamouza : « c'est vrais », écrire : « c’est vrai ».

http://fr.news.yahoo.com/herv%C3%A9-morin-retour-futur-154200092.html

 

 

Présidentielle :

Ségolène Royal n'a pas apprécié être «zappée»

(Commentaires)

1-           Gavroche : Au lieu de « pauvre khonne, elle a vraiment un probleme de personnlite », il fallait écrire : « pauvre conne, elle a vraiment un problème de personnalité ».

2-           Sir : « On comprend qu'elle en est été chagriné. Maintenant F.H. a dû peser le pour et le contre et considéré… », écrire : « On comprend qu'elle en ait été chagrinée. Maintenant F.H. a dû peser le pour et le contre et considérer… ».

3-           Bob : « normal vu ses capacitées, elle a plantée le partis en 2007, fait toi oubliée ségo c'est mieux », écrire :  « normal vues ses capacités, elle a planté le parti en 2007, fais-toi oublier ségo c'est mieux ».

4-           Jean D : « le perchoire ne va pas lui suffire.... », écrire : « le perchoir ne va pas lui suffire.... ».

5-           Pat : « elle et Joly qu'elle s'occupe de leur maison… »,  écrire : « elle et Joly qu'elles s'occupent de leurs maisons… ».

http://fr.news.yahoo.com/présidentielle-ségolène-royal-n-apprécié-être-zappée-095758001.html

 

 

Guéant dissout un groupuscule islamiste

accusé de préparer "à la lutte armée"

(Commentaires)

1-            Erreur dans le titre: Ecrire « accusé de se préparer "à la lutte armée" », ou bien « accusé de préparer "la lutte armée" ».

2-            Michel : « que les dieux ont étés crées par les hommes et non les dieux qui ont crées les hommes », écrire : « que les dieux ont été créés par les hommes et non les dieux qui ont créé les hommes ». 

3-            dgedge5373: « SES PAS POUR RIEN QUE 100% DES PAYS MUSULMAN SE SONT QUE DES DICTATURE ILS SONT CINGLER AVEC LEUR RELIGION S EST SES AUSSI UN BON MOYEN POUR PAS ALLER AU BOULOT FAIGNANT MENTEUR PROFITEUR SOURNOIS », écrire : « Ce n’est pas pour rien que 100% des pays musulmans ne sont que des dictatures, ils sont cinglés avec leur religion, c’est aussi un bon moyen pour ne pas aller au travail, fainéants, menteurs, profiteurs, sournois ». (NDLR : Comme c’est dur de corriger un raciste qui prétend donner des leçons aux Musulmans alors qu’il ne maîtrise même pas les rudiments de sa langue maternelle !).  

4-            Philippe : « Mouma , ecrit correctement le français , merci .. », écrire : «Mouma , écris correctement le français , merci ... ». 

5-             Esteban : « Je pense que ce n est pas une question de raciste la ,il faut evoluer .C est la securiter de nos enfants qui est en jeux », écrire : « Je pense que ce n’est pas une question de racisme là, il faut évoluer. C’est la sécurité de nos enfants qui est en jeu ».

http://fr.news.yahoo.com/gu%C3%A9ant-annonce-dissolution-dun-groupuscule-islamiste-accus%C3%A9-pr%C3%A9parer-104126284.html

 

 

L'UMP lance une campagne de défense

du bilan de Nicolas Sarkozy

(Commentaires)

 

1-    L’HONNETETE : « pourquoi hollande ne parle que des instituteurs je pense que les employes medicaux meritent d avantagent que les professeurs metiers de faineants se sont les plus malhonetes de la societe… », écrire : « Pourquoi Hollande ne parle que des instituteurs, je pense que les employés médicaux méritent davantage que les professeurs, métier de fainéants, ce sont les plus malhonnêtes de la société… ».

2-    Momo : « je croiais qu'il ne c'etait pas lancer dans la campagne. si je comprend bien il fait campagne sous le dos des citoyens puisque que c'est l'argent de l'etat », écrire : « je croyais qu'il ne s'était pas lancé dans la campagne. Si je comprends bien il fait campagne sur le dos des citoyens puisque que c'est l'argent de l'Etat ».

3-    Christian Muller : « ils ne vont pas demander du soutient à leurs intéllos ? », écrire : « ils ne vont pas demander du soutien à leurs intellos ? ».  

4-    LOUIS : « les réformes qu'il a fait n'ont rien apportées aux français… », écrire : « les réformes qu'il a faites n'ont rien apporté aux français… ».

5-    Aragon_Camus_Sarko : « je ne sais pas si tu utilisent le mot mytho… », écrire : «  je ne sais pas si tu utilises le mot mytho… ».

 

http://fr.news.yahoo.com/lump-lance-une-campagne-d%C3%A9fense-du-bilan-nicolas-192024668.html

 

 

Après le coup d’état constitutionnel du 11 janvier 1992 :

Du sang…rien que du sang…

Commentaires:

Lectures: 504

3 Réponses to " Après le coup d’état constitutionnel du 11 janvier 1992 : Du sang…rien que du sang… "

  1. SAID dit :

11 janvier 2012 à 22 h 19 min

Malheureusement ces deux scenarios ont réellement été vécus par les pauvres algériens que nous sommes.

 

  1. brahmi16 dit :

12 janvier 2012 à 8 h 53 min

ces scènes d ‘une abominable cruauté, ces actes barbares, ce récit d’ une effroyable vérité s’ est répété des centaines de fois a travers tout le pays , du sud au nord, d’est en ouest, faisant des milliers de victimes innocentes, ces horreurs n’ ont épargnés aucune région , mais le plus terrifiant c ‘est que les auteurs de ces massacres, agissant au nom de l’ état algérien, coulent des jours heureux ,fructifient leurs affaires ou bénéficient de retraite dorée. En un mot les monstres sont parmi nous ,ils continuent de sévir sournoisement et auront réussi a transmettre les gênes de la haine à leur progéniture.

 

  1. SAID dit :

14 janvier 2012 à 21 h 29 min

« les monstres sont parmi nous » des deux bords. nous voyons beaucoup de « repentis » reconvertis dans les affaires et roulent en 4×4 avec l’argent du racket et du vol.

http://lequotidienalgerie.org/2012/01/10/apres-le-coup-detat-constitutionnel-du-11-janvier-1992-du-sangrien-que-du-sang/

 

 

Des familles égorgées pour « la noble cause »

Sig, mercredi 17 mai 2000 (1)

A la sortie de la ville, le chef attend patiemment le retour de ses hommes partis de nuit accomplir une « noble et exaltante mission » à la cité Aïs. Les voilà de retour au petit matin, pas vraiment fiers. Ont-ils raté leur mission ? Le chef n’ose le croire, tant le « travail » à faire était d’une facilité déconcertante : égorger une famille entière vivant dans une misérable masure sans aucune protection d’aucune sorte. Il interpelle son adjoint qu’il avait chargé de superviser ce commando de jeunots en mission d’assassinat pour la première fois:


- Alors que se passe-t-il ? Ne me raconte surtout pas que vous avez échoué dans une mission aussi facile !


- Non non, aucun problème. Les cinq membres de la famille, père, mère, et les trois enfants ont bien été égorgés proprement sans souffrir, comme des moutons de l’Aïd.


- Pourquoi donc ces gueules atterrées, comme s’ils avaient exécuté leur propre famille, et même si cela devait un jour leur être demandé ils n’auraient pas à pleurnicher sur leur père et mère.


- N’oublie pas que c’est leur première « noble et exaltante mission ».


- Bon, écoutez-moi jeunes gens, ce que vous venez de réaliser sera inscrit dans l’histoire de la révolution islamique, que dis-je dans l’Histoire tout court.

Les jeunes gens fraîchement recrutés ne sont pas vraiment convaincus de la nécessité d’égorger de pauvres gens, totalement dénudés, ne disposant même pas de quoi se payer le repas du soir…


Le chef, en fait l’émir de la katiba de Mascara, reprend son prêche :


- Cette glorieuse action était nécessaire pour déstabiliser le régime impie, et préparer l’avènement de la république islamique.


Les jeunes gens encore effrayés par l’ignoble assassinat qu’ils viennent de commettre échangent des regards incrédules. Tuer de pauvres innocents pour réaliser la révolution islamique ?


Constatant la persistance de leur trouble, l’émir assassin relance ses arguments :


- Ces gens que vous venez d’égorger, savez-vous qu’ils iront directement au paradis sans avoir à expier des fautes quelconques ?

Quoi, ils iront au paradis ! De quoi il parle celui-là ? Pourquoi alors les avoir égorgés ?


Le chef persiste et signe, cherchant à percer le crâne de ces ouailles :


- Savez-vous à qui revient le mérite de leur entrée au paradis ? Mais c’est à vous qu’ils le doivent. Vous aussi vous irez au paradis grâce à cette noble mission accomplie pour le triomphe de la révolution islamique. Et le jour où vous les rencontrerez au paradis, ils vous remercieront chaleureusement de les avoir égorgés pour la noble cause, et de leur avoir permis ainsi de se laver de toutes fautes et d’accéder au jardin éternel. Compris ? Alors à la prochaine mission. (2)

 

La vie et la mort entre deux côtelettes !

Caserne de la sécurité militaire, mess des officiers :


Le capitaine frétille sur son siège, et pour cause : il est assis aux cotés de son chef le redoutable colonel surnommé « le salopard », ne craignant rien ni personne, même pas Dieu trop loin auquel de toutes façons il ne croit pas. Le capitaine attend le moment le plus favorable pour solliciter les instructions de son supérieur : l’instant magique où le colonel ayant avalé sa première côtelette s’apprête à ingurgiter la deuxième. Et encore tout dépend de la qualité des viandes qui lui sont servies avec beaucoup de crainte ! (3)


Enfin, il semble que le moment privilégié soit arrivé :


- Ah ! Quelle délicieuse côtelette, d’où provient-elle, interroge « le salopard » ?


- De Aïn Lahdjel mon colonel.


- Je m’en doutais, j’ai nettement senti l’odeur enivrante de la forêt d’El Margueb, et le goût de l’alfa dont se régalent les moutons de la région.


- Vous êtes un fin connaisseur mon colonel.


- Je ne te le fais pas dire. Voyons quelle saveur aura la deuxième côtelette…


- Mon colonel, si vous permettez, j’attends vos instructions.


- A quel sujet ? Ne me gâche pas le plaisir de ce repas s’il te plait hein !


- Non non mon colonel, juste un ordre au sujet des deux individus que nous hébergeons (tu parles d’euphémisme) depuis quinze jours, aux frais de la princesse soit dit en passant. Il est temps de décider de leur sort. (4)


- Tu veux parler de ces deux…Comment désignait notre ami Paul Aussaresse nos « glorieux » militants arrêtés durant la bataille d’Alger ?


- « Les connards » mon colonel.


- Oui, c’est bien çà, alors ces deux « connards » sont mariés ?


- L’un d’eux oui, il a même deux enfants en bas âge.


- Bon, on va lui faire une fleur : tu le refiles au juge, avec 20 ans pas moins. A sa sortie il pourra assister au mariage de ses enfants. Le juge a intérêt à exécuter ce qui lui est indiqué, je le tiens à l’œil celui-la avec toutes ces belles affaires qu’il réalise sous notre protection : vente de lots de terrains achetés comme terres agricoles et vendus comme lotissements, vente au milliard de maisons achetées au prix symbolique, etc…etc…


- Bien mon colonel, et le célibataire…


- Ah quelle côtelette, aussi savoureuse que la première. Elle vient d’où cette viande ?


- D’El Yachir, près de Bordj Bou Arreridj mon colonel.


- Là nous ressentons le parfum inégalable des hauts plateaux.


- Pardon mon colonel de vous interrompre, vos instructions pour le célibataire ?


- Liquide-le, il n’y aura pas d’enfants pour pleurer sa disparition. Plus fort, plus fort, on n’entend rien dans ce mess !


- Pardon mon colonel, plus fort quoi ?


- « Sports et musique » (5) voyons, à quoi voudrais-tu que je m’intéresse ? Chef, que nous proposes-tu comme plat de résistance pour terminer comme il se doit ce repas délicieux ?


- « M’Kefen Fi Drouj » mon colonel !


- Quoi quoi ? « M’Kefen Fi Drouj » ! Ha ha ha…c’est bien de circonstance. Allons-y pour ce…je traduis en bonne langue de notre métropole chérie : « Met enveloppé dans un linceul sur des escaliers ». Ah ah ah…tu ne manques pas d’humour chef ! C’est quoi ce plat à priori bizarre ?


- Il s’agit de viande hachée grillée dans une feuille de combe. C’est un plat typiquement constantinois.


- Et pour le dessert ?


- Baba au Rhum mon colonel.


- Bon le Rhum suffira, tu garderas le Baba pour un autre jour.

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(1) Mercredi 17 mai 2000: Cinq personnes d’une même famille découvertes égorgées dans leur domicile à la cité Aïs, dans la ville de Sig (Mascara).
Source :
http://www.algeria-watch.org/mrv/2002/chrono/chrono_2000a.htm

 (2) Samedi 27 mai 2000: Quatre citoyens appartenant à une même famille égorgés par un groupe armé à Tizi Ouchir, près de Miliana.
Source :
http://www.algeria-watch.org/mrv/2002/chrono/chrono_2000a.htm

(3) Type de pratique rapporté par un officier de la SM à Blida durant les années 1990.

(4) Algérie, La machine de mort :

http://www.algeria-watch.org/fr/mrv/mrvtort/machine_mort/machine_mort.htm

(5) « Sport et musique », sobriquet donné à S.M. pour qualifier la sécurité militaire : la musique à fond pour couvrir le « sport », c.a.d. les tortures infligées aux pensionnaires « hébergés aux frais de la princesse ».

 

Coup de gueule : « Dépolitiser » la politique !


Un journaliste débarque dans une île isolée du reste du monderépondant au nom de « Utopia 2 », qui rappelle curieusement l’île imaginaire de Thomas More : « Utopia », qui vient du grec « Ou topos», c’est à dire  en aucun lieu.  (1)

Il en avait entendu parler au cours d’une discussion enflammée au sein du comité de rédaction de son journal. Tous ses collègues étaient d’accord pour cerner le mal principal qui ronge tous les pays du monde, à savoir : « la politique politicienne », les politiciens passant leur temps à se chamailler dans une compétition sans merci où prédominaient  leurs intérêts propres et leurs carrières avant les intérêts de leurs peuples. Mais, les journalistes n’arrivaient pas à s’entendre sur la manière dont il fallait gérer les affaires du monde afin de répondre au mieux aux attentes des populations. Toutefois une majorité se dégageait pour affirmer que le monde ne pouvait se passer des politiciens, que c’était même un mal nécessaire. Notre journaliste faisait partie de la minorité qui considérait qu’il fallait imaginer un autre mode de gouvernance qui renverrait dans leurs foyers les politiciens professionnels, le plus souvent gourmands des biens de ce monde dont ils se servaient sans vergogne, en bonne conscience : « Le monde ne peut se passer de nous, aussi ce que nous prenons n’est qu’une juste rémunération de nos sacrifices ». Quels sacrifices ?

Prenons un exemple : A Batna, au cours des années 1970, à l’ère du parti unique donc, le Mouhafedh (commissaire politique) avait encadré une réunion des travailleurs d’une entreprise publique, cadres en costumes cravates, et ouvriers en bleu de travail et casques sur la tête. A l’ordre du jour : la production et la productivité. Et le Mouhafedh, sermonnant l’assistance, insista sur la nécessité d’augmenter la production et la productivité en prenant comme exemple son propre travail : « Hé bein moi par exemple, en ce moment je suis en train de produire ! »(2). Mais il avait oublié de préciser de quelle production il s’agissait ? En fait des paroles, que des paroles, du vent, alors que les travailleurs en face de lui fulminaient de dépit : « Mais de quelle production parle ce con, alors qu’il nous fait perdre notre temps ! ». Notre Mouhafedh avait oublié aussi de parler de ses sacrifices au service de la nation : il possède des comptes bancaires bien garnis en Algérie et encore plus à l’étranger, sait-on jamais si le peuple devait un jour se mettre en transe. Notre Mouhafedh a oublié également de préciser qu’il possédait une villa cossue à Batna, une maison de maître à Alger, que ses enfants les pôvres devaient se contenter de 1.000.00 Dinars jour comme argent de poche (3), et que le moment venu il les enverrait continuer leurs études supérieures à l’étranger, en les encourageant à y rester, sait-on jamais comme dit plus haut. D’autant plus qu’il y avait ses circuits et ses habitudes dont celles de se soigner à l’étranger pour le moindre bobo. (4)
Revenons à notre journaliste, curieux de voir comment était gérée la politique dans cette île perdue « Utopia 2 ».
Sa première surprise vient de l’hôtel où il était descendu, très propre et confortable, sans aucune prétention. Les prix affichés comportaient aussi le prix de revient de chaque chambre, et notre journaliste relève déjà que le bénéfice de l’hôtel ne dépassait pas les 20%. Après quelque repos, il sort à la découverte de cette île, et surtout de sa politique. Il croise un autochtone au hasard et lui demande comment retrouver son hôtel prétextant s’être perdu. L’homme aimable et courtois lui indique le chemin le plus rapide pour retrouver son hôtel, et lui propose même de l’y conduire dans sa voiture garée dans le quartier. Notre journaliste décline poliment l’invitation, le renseignement étant précis et suffisant, et l’invite à son tour à prendre un café dans l’établissement en face pour quelque discussion. Notre journaliste commence sa série de questions :
-    Parlez-moi un peu de la politique dans votre pays.
-    Quelle politique ?
-    Par exemple le type d’économie : économie de marché, économie planifiée, ou régime communiste…
-    Rien de tout cela chez nous, il n’y a pas vraiment les types d’économie que vous venez de citer, ni de régime politique à
     proprement parler.
-    Mais enfin, il y a bien des partis politiques qui activent dans votre pays.
-    Il n’y a aucun parti politique.
-    Quoi ? Ils sont interdits ?
-    Non, ce n’est pas la question, mais nous ne voyons pas l’utilité d’avoir des partis politiques dans notre pays.
-    Vous avez bien un gouvernement, des ministres.
-    Bien sûr.
-    Parlez-moi un peu de votre président, commençons par son nom.
-    Heu, en réalité je ne suis pas sûr de connaître le nom du chef de l’Etat en ce moment.
-    Quoi ? Vous avez bien un chef de gouvernement, vous devez connaître son nom ?
-    Pas vraiment.
-    Et les ministres, ceux des affaires étrangères, de la défense, au moins.
-    Pas vraiment, je ne m’en souviens pas.
-    Ecoutez, ne parlons plus des politiciens dont vous ne connaissez pas les noms. Mais éclairez-moi au moins sur la politique      économique dans votre pays.

Le citoyen de cette île mystérieuse énumère rapidement les principaux axes de la politique économique de son pays, qu’il semble connaître sur le bout des doigts : satisfaire les besoins de la population dans tous les domaines, encourager les entreprises à l’augmentation de la production et à l’amélioration de la productivité, verser des salaires justes aux travailleurs qui sont dispensés de retenues sur les salaires (5), la marge bénéficiaire des entreprise est fixée uniformément à 20%, les impôts sont fixés au taux unique de 5%, encouragement particulier pour le secteur agricole qui est dispensé de verser des impôts…
Le journaliste revient à la charge pour mieux connaître la politique suivie dans les autres domaines : lesfinances,l’éducation, l’enseignement supérieur, la santé, les affaires sociales…
Notre citoyen répond sans aucune hésitation, en faisant l’effort de ne pas encombrer le visiteur de détails et de chiffres qu’il connaît pourtant par cœur.
Le journaliste revient à la question de départ :
-    Comment cher ami connaissez-vous par cœur la politique suivie dans tous les domaines, sans connaître les hommes qui        sont chargés de l’appliquer ?
-    Parce que ces hommes changent tous les deux ans, alors je ne suis pas certain de connaître le nom de notre chef d’Etat        en ce moment…
-    Quoi ? Comment ça vos politiciens changent tous les deux ans, ils ne font pas carrière en politique ?
-    Non, personne ne fait carrière en politique, dès qu’un responsable quelconque termine ses deux ans de service, il                  retourne à son poste de travail originel, y compris le chef de l’Etat.
-    Mais enfin, comment sont-ils choisis ?
-    En fonction de leur compétence et leur ancienneté dans leur secteur d’activité. Par exemple le ministre de l’économie est choisi parmi les cadres du secteur économique, et il exerce deux années seulement. Il en est de même pour tous les autres responsables.
-    Et votre président ?
-    Il est désigné parmi les ministres qui ont déjà accompli leurs deux années au service de la nation.
-    Peut-il se représenter pour un deuxième mandat ?
-    Non, ni le président, ni les ministres ne peuvent se représenter pour un deuxième mandat.
-    Comment sont-ils payés ?
-    Chaque responsable perçoit le salaire de son poste d’origine pas un centime de plus.
-    Mais, ils ont bien droit à quelques avantages, non ?
-    Pas du tout, ils sont considérés en mission temporaire au service de la nation, et c’est un honneur pour eux d’avoir servi      aux postes les plus importants de l’Etat.
-    Vous m’avez parlé de la politique suivie dans chaque secteur d’activité. Il doit bien y avoir un parlement pour légiférer sur cette question ?
-    Non, nous n’avons pas de parlement avec des élus, et nous n’avons pas de partis, ni de politiciens professionnels comme je vous l’ai dit au début. En fait, chaque année se tient une réunion des cadres de l’Etat pour dresser le bilan de l’année écoulée, et tracer le plan à exécuter pour l’année suivante…

Notre journaliste en a trop entendu sur ce monde idéal, sans politique politicienne ni de politiciens professionnels. Il retourne dans son pays où règnent la corruption, les passe-droits, la misère, la vie chère, l’arbitraire, et un système politique qui s’éternise avec les mêmes politiciens auxquels succèdent leurs propres enfants…

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(1) « Utopia » : http://fr.wikipedia.org/wiki/Utopia_(livre)

(2) Authentique.

(3) Authentique : Au début des années 1990, un député du FLN de Constantine qui en était à son troisième mandat, et qui se préparait pour un quatrième, mettait à la disposition de son fils chéri la somme de 1.000.00 dinars chaque jour pour ses dépenses quotidiennes. C’est un jeune proche parent qui me l’avait affirmé parce que profitant des largesses de ce rejeton. A la veille de la première guerre d’Irak, notre député entreprit de transformer son logement de Constantine en magasin de victuailles et de fournitures, dont un carton de boites d’allumettes, s’attendant à des pénuries si la guerre éclatait au Moyen Orient. En 1991, il se représente pour un quatrième mandat toujours sur une liste FLN. Entre-temps, j’avais appris qu’il avait profité de sa qualité de membre permanent de commission, pour fonder une seconde famille à Alger sans informer sa première famille à Constantine, ni celle d’Alger. Le hasard a fait qu’il s’est retrouvé au deuxième tour des législatives face à un candidat du FIS dans la circonscription même où je devais voter. Je m’étais juré de voter pour le candidat FIS, ou même pour le diable, plutôt que de donner ma voix à quelqu’un que je percevais comme un traître à son pays d’abord, et à ses deux familles ensuite.

(4) L’actuel secrétaire général de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, se fait soigner régulièrement à l’étranger pour n’importe quoi, sans bouger le moindre pouce pour venir en aide aux malades dont l’état nécessite des soins urgents à l’étranger.

(5) Aux Emirats Arabes Unis, les travailleurs sont dispensés des retenues sur les salaires et de tous les impôts et taxes, tout en bénéficiant de la gratuité des soins, y compris les analyses, radios, scanners, médicaments, et interventions chirurgicales, eux et leurs familles sur place.

 

 

 

Le complexe du colonisé (2) :

Débats

 

 

1- « Ahmed » et « Mourad » :

 

Je partage entièrement vos préoccupations, « reformer le système politique, et apprendre à se faire confiance », et « mettre un terme à la fitna entre berbères et arabes ».

 

 

2- « aristote-algeria.com » :

 

2.1- Pourquoi se cacher derrière « Aristote » qui n’est ni berbère, ni arabe ? Avez-vous honte de nos ancêtres de l’antiquité : Gaïa, Syphax, Vermina, Massinissa, Micipsa, Jugurtha… ?

 

2.2- « De fait, acceptez l’idée que les Algériens sont des Arabes. Cette thèse de Mr. Badjaja revient fréquemment dans ses publications » : Totalement faux, je n’ai jamais rien écrit de tel. Revoir mon papier : « Algérie : essai de synthèse » publié sur ce même journal électronique, où j’écris d’emblée que : « L’Algérie est un pays Amazigh, Arabe et Musulman».http://lequotidienalgerie.org/2011/06/07/l%e2%80%99algerie-essai-de-synthese/

 

2.3- C’est plutôt vous qui dites : « Il n’y pas d’Arabes en Algérie ». Avez-vous interrogé chacun des 36 millions d’Algériens, avant de lancer cette affirmation ? Croyez-vous qu’il soit nécessaire de nier l’arabité de l’Algérie pour confirmer son Amazighité ?

2.4- Je formule mes opinions dans le sens de rassembler les Algériens autour d’une identité commune, alors que de votre coté, vous faites l’inverse, cherchant à opposer les Algériens les uns aux autre, en courant le risque de voir un jour notre pays lancé dans une guerre ethnique ouvrant la porte à l’intervention de l’Otan pour imposer le régime qui lui convient le mieux.
3- « Si Salah »: Je soutiens tout à fait les termes de votre contribution :
« Il est illusoire de croire en une quelconque « pureté » de race au Maghreb. Bien que les anciens habitants soient Amazighs… », « Bien entendu, cela ne signifie pas du tout, que le gouvernement turc d’Alger était au dessus de tout soupçon ».
4- « Fouad » : Tout à faire d’accord avec votre proposition : « ajouter aussi les résistances des algériens à ce régime colonial qui prend en otage actuellement l’Algérie ».
Et dans tous mes écrits sur l’Algérie, je m’inquiète justement de l’avenir, et ce que vous pronostiquez est tout à fait juste : « Le jour où il y aurait 20 millions de personnes dans la rue (pour reprendre mohamed samraoui) il serait inutile de se bunkeriser et de jouer au BOUROUROU ».
J’avais publié cette inquiétude sous forme de récit fictif, dans ce même quotidien d’Algérie: « Manifestations populaires à travers toute l’Algérie Scénario envisagé voila deux ans déjà. Le pire est à venir ! »
http://lequotidienalgerie.org/2011/01/09/manifestations-populaires-a-travers-toute-l%e2%80%99algerie-scenario-envisage-voila-deux-ans-deja-le-pire-est-a-venir/
5- « Afif » :
5.1- « Serait-il possible de compléter votre liste en donnant les pertes approximatives subies lors des autres périodes ». Les seuls chiffres que je peux vous confirmer sont publiés dans mon livre la « Bataille de Constantine 1836-1837 ».
« En 1836, à la veille de la première expédition, la ville de Constantine comptait plus de 30.000 habitants. En 1843, un recensement avait donné le chiffre de 18.000 habitants dont 3.000 juifs (qui avaient beaucoup plus profité, par le pillage, que souffert de la bataille). Même si l’on tient compte du fait que beaucoup de Constantinois avaient quitté leur ville, il n’en demeure pas moins que le nombre de martyrs tombés lors de la bataille de Constantine se chiffre par milliers ».
5.2- « il me semble que le peuple algérien ne doit pas pardonner aux turcs d’avoir avoir abandonné la lutte en 1830 ».
En fait, il y a bien eu bataille à Sidi Fredj du 27 juin au 5 juillet 1830. Mais la stratégie adoptée, combattre l’ennemi sur les plages, a conduit à la défaite. Hadj Ahmed Bey, qui se trouvait sur le champ de bataille, avait proposé au Dey Hussein une autre stratégie : laisser les troupes françaises débarquer sur les plages, et avancer à l’intérieur du pays, pour ensuite les prendre en tenaille entre les forces algériennes déployées à l’intérieur du pays, et celles qui s’infiltreraient à l’arrière des soldats français, afin de couper leurs liaisons avec les bateaux de débarquement. Cette stratégie visait à exterminer les troupes françaises débarquées sans possibilité pour les bateaux d’intervenir. Mais le Dey d’Alger avait préféré s’en tenir aux avis de son gendre l’Agha Ibrahim, et combattre sur les plages l’armée française mieux équipée et expérimentée, d’où une défaire cuisante en huit jours à peine. Plus tard, Hadj Ahmed Bey mettra en œuvre la stratégie proposée, et fera subir à l’armée française une lourde défaite devant Constantine en 1836.
5.3- « Comment se fait-il que l’Armée française soit parvenue à Constantine sans coup férir à partir d’Alger, en passant par les Bibans… ».
En fait, les troupes françaises avaient fait le voyage par mer, et avaient débarqué à Bône (Annaba) occupée par l’armée française depuis le 27 mars 1832. Lors de la première bataille de Constantine en 1836, les forces françaises s’étaient concentrées à Dréan, et en 1837 à Mejez Amar. Le plan de conquête de Constantine avait été mis en place par le ministre de la guerre, le Marquis de Clermont Tonnerre, en …1827 !
5.4- « il me semble que votre affirmation sur la durée de la résistance d’Ahmed Bey est sujette à caution « Hadj Ahmed Bey de Constantine de 1830 à 1848 ».
Non pas du tout, Hadj Ahmed Bey avait commencé à combattre l’armée française sur les plages de Sidi Fredj dès le 27 juin 1830. Après la chute de Constantine le vendredi 13 octobre 1837, il avait refusé de se rendre, et continua le combat avec l’appui des tribus qui lui étaient restées fidèles. En juin 1848, il s’est trouvé encerclé dans l’Aurès suite à une trahison. Il fut obligé de se rendre. Hadj Ahmed Bey mourut en captivité à Alger le 30 août 1850.
6- « Adel » : « si mes souvenirs sont bons, le bey Ahmed de Constantine lui-même était un Kouloughli, sa mère étant une Ben Gana ».
Tout à fait exact : Le grand-père d’Ahmed Bey, Ahmed Bey El Kolli, était un turc, il régna à Constantine de 1756 à 1771. Le père d’Ahmed Bey, Mohamed Chérif, était un kourougli, il fut Khalifa (lieutenant) du Bey Hossein de 1792 à 1795. De même que son père, Mohamed Chérif épousa une fille Bengana, Hadja Rokia, qui donna naissance à Ahmed Bey en 1787 à Constantine. D’où les liens très forts entre la famille Bengana et Hadj Ahmed Bey.
Biographie complète dans mon livre : « La bataille de Constantine 1836-1837 ».
7- « Fatah » :
7.1- « je voudrais demander à badjadja (nom d’origine turque?)… ».
En voilà une question sournoise. Selon vous, on écrit l’histoire en fonction de ses origines supposées, et non avec une méthode scientifique. Désolé de vous décevoir : je suis né à Constantine en 1945, mon père Mohamed est né dans cette même ville en 1901, mon grand père Abdallah Badjadja, décédé à Constantine en 1909, est né à Taroudant, sud du Maroc, en 1848. Taroudant fut la première capitale de la Dynastie des Saadiens (1509-1659). Mon arrière grand père Mohamed, ainsi que mon arrière arrière grand père Abdallah, sont également de Taroudant. Les archives du Cadastre d’Agadir conservent toujours le dossier d’un jardin dénommé officiellement « Jenane Abdallah Bajaja » nationalisé suite à l’émigration en Algérie de mon grand père. Vous savez parfaitement que les Turcs n’ont jamais mis les pieds au Maroc. Quant à ma mère, elle porte le nom de « Bentalha » qui n’a rien de turc non plus.
7.2- « Qu’il nous explique qui est dihya injustement appelée kahina (socière) par les arabes envahisseurs car elle les a battus à 2 reprises à plate couture dans la region de khenchela. Hanibal etait-il arabe ? turc? tarek ben zyad était il arabe lui l’enfant des oulhaça? et jugurtha et koceila et massinissa et juba … et j’en passe ».
Vous faites de manière maladroite dans l’amalgame, alors que nous savons tous que l’Algérie dans l’antiquité était uniquement amazigh, et que les Arabes n’ont fait irruption au Maghreb qu’à partir de l’an 642, lors de l’expansion de l’Islam. Par ailleurs, pourquoi inclure dans votre liste de personnages historiques berbères le général carthaginois Hannibal ?
7.3- « Qu’il nous explique où est parti le dey hussein avec le tresor d’alger le lendemain du débarquement de sidi ferruch… ».
Savez-vous d’abord à combien était estimé le trésor d’Alger ? Le dey Hussein n’a rien emporté avec lui, le trésor qui s’élevait à 50 millions de francs or avait été saisi par l’armée française. Par contre la France n’a rien laissé dans les caisses du trésor algérien au lendemain de l’Indépendance, et le gouvernement algérien avait commencé à exercer avec une avance du trésor français !
7.4- « Où est passée cette marine qui cntrôlait la mediterranée… ».
Savez-vous d’abord que le port d’Alger était soumis au blocus par la marine française depuis 1827, date de préparation de la conquête de l’Algérie ? En fait, la marine d’Alger, et l’Algérie avec elle, était entrée dans sa phase de déclin depuis le début du 19ème siècle.
8- « elforkan » : « …le véritable problème des algériens … est comment faire pour se débarrasser des voleurs mafieux et traîtres d’en haut… ». Vous avez tout à fait raison.
9- « NassroAllah» : « La junte militaire en Algérie doit partir radicalement de la scène politique, elle doit savoir qu’elle n’a plus de place pour nous diriger docilement comme des moutons… ».
Oui, je partage entièrement votre opinion.
10- « djeha» : « Pour être un vrai algérien en 2012 faut-il être un islamiste, un laïque, ou simplement un être humain avec ses qualités et ses défauts aspirant à un avenir meilleur pour soi-même et ses enfants? ».
Excellente question qui devait rassembler les Algériens au-delà de leur origine ethnique réelle ou supposée.
Conclusion : Dans tous mes écrits sur l’histoire de l’Algérie, je m’efforce toujours de suivre une méthode scientifique appuyée sur des sources vérifiées, pour mettre en valeur la richesse de notre histoire, et avec le souci permanent de rassembler les Algériens, dans toutes leurs composantes, autour de repères communs : Amazighité, Arabité, et par-dessus tout, Islamité.

 

 

Coup de gueule : Le complexe du colonisé (1)
 
Lu dans « Le Soir d’Algérie » du 28 décembre 2011 :
Rubrique : « LE BONJOUR DU SOIR : Têtes de Turc».
«  La France parle de génocide en Arménie. La Turquie n’est pas contente et réplique : «Le véritable génocide a eu lieu en Algérie !» Nous, on n’a rien demandé à personne !
Nous sommes assez grands pour régler nos comptes avec l’ancienne puissance coloniale sans l’aide de personne ! Et surtout pas de la Turquie , elle-même… ancienne puissance coloniale de l’Algérie ! ».
 
Ma réponse a été publiée dans le journal: Le Soir d’Algérie du 5 janvier 2012, Rubrique : “Voxpopuli”.
La Turquie ancienne puissance coloniale ?
 
Parlons histoire sans chercher à polémiquer avec personne, surtout pas avec ceux qui vivent encore à l’ère du complexe du colonisé :
-          Doit-on considérer comme « colonisation » toutes les dynasties musulmanes auxquelles avait adhéré l’Algérie de 647 à 1574 ? Il s’agit des Omeyyade, abbasside, Fatimide, Idrisside, Almohade, Almoravide, Hafside.
-          La présence ottomane en Algérie, dans le cadre du Khalifat ottoman, a duré trois siècles. Et c’est vraiment faire injure au peuple algérien que de croire qu’il aurait pu supporter durant trois cents ans cette prétendue « colonisation turque » sans réagir ou se révolter.
-          En juin 1830, les effectifs des Janissaires ne dépassaient pas le chiffre de 4.000, alors que la population algérienne était estimée à plus de trois millions d’habitants : soit un Janissaire face à 750 Algériens ! Si le peuple algérien considérait vraiment les Ottomans comme des colons, il les aurait exterminés dès leur arrivée au début du 16ème siècle.
-          Par contre, lorsque les troupes françaises avaient débarqué sur les plages de Sidi Fredj, le 27 juin 1830, c’est bien à coup de canons et de fusils qu’elles avaient été accueillies, alors que les effectifs français s’élevaient à 27.000 soldats, sept fois plus que les Janissaires.
 
Résistance anti-coloniale de 1830 à 1962
 
La résistance à la colonisation française a duré de 1830 à 1962, sans interruption :
-          Hadj Ahmed Bey de Constantine de 1830 à 1848.
-          Emir Abdelkader de 1832 à 1847.
-          Révolte de Benacer Ben Chohra au Centre et Sud-Est en 1846.
-          Révolte des Zaatcha menée par Cheikh Bouziane de 1845 à 1850.
-          Révolte de Chérif Boubeghla et Fatma N'soumer au Djurdura et en Kabylie entre 1851 et 1860.
-          Insurrection des Ouled Sidi-Cheikh de 1864 à 1884.
-          Révolte de Cheikh Bouâmama de 1881 à 1908.
-          Révolte de Hadj Mohamed El Mokrani Boumezrag en 1871-1872.
-          Révolte des Touaregs du Hoggar avec Cheikh Amoud Ben Mokhtar de 1877 à 1912.
-          L’insurrection de l’Aurès en  1916.
-          Manifestations populaires du 8 mai 1945 qui s’étaient soldées par les Massacres  de  Sétif, Guelma  et  Kherrata, faisant près de 45.000  morts.
-          Guerre d’Algérie 1954-1962 qui se solde par un million et demi de morts coté algérien, et 27.000 morts coté français. (1)
-      Notons qu’en 1962, l’Algérie comptait 11 millions d’habitants : 9 millions d’Algériens musulmans, un million d’Européens la plupart étant armés, et un million de soldats français surarmés et appuyés par la logistique de l’Otan.
 
Arrêtons d’entretenir de faux débats
 
-          Aujourd’hui, doit-on parler de colonisation arabe puis turque ?
-          En reprenant les arguments des colonisateurs cherchant à diviser Arabes et Berbères pour régner ?
-          Qui est en mesure de prouver aujourd’hui que sa famille d’origine était berbère ou arabe au 7ème siècle ?
-          Qui est en mesure d’exhiber un arbre généalogique qui remonterait à 14 siècles ?
-          Lors de mes recherches sur les anciennes tribus de l’Est algérien (au nombre de 264 tribus) en 1863-1887, basées sur les archives du cadastre, j’ai constaté qu’il y a eu de nombreux déplacements de tribus, d’où brassage des populations par voie de conséquence, si bien que si l’on peut cerner des zones linguistiques –de parler arabe ou berbère– il est impossible de différencier les Algériens entre eux.(2)
-          Aujourd’hui, doit-on parler d’un génocide en Algérie ou d’une série de génocides ?
 
Arrêtons de nous insulter !
 
Notes :
1- <http://www.el-mouradia.dz/francais/algerie/histoire/algeriefr.htm>
2- Abdelkrim Badjadja ,  DEA géographie historique, Université de    Constantine, octobre 1974.
<http://badjadja.e-monsite.com/album/cirta-constantine/carte-des-anciennes-tribus-de-l-est-algerien-1863-1887.html>

 

 

 

Méprise-toi…Le monde te méprisera !
 
Vécu à Abu Dhabi :
A 13 :00, j’effectue une petite marche autour du Centre, histoire de reposer mes yeux du computer. Devant moi, deux autres marcheurs…émiratis. Un agent de nettoyage asiatique les croise, et leur lance un tonitruant « Salam Alaïkoum ». Ils ne répondent pas à son salut. Il me croise à mon tour, et je m’apprête à lui rendre son salut, afin de le consoler quelque peu de ce qu’il vient de subir. Mais, l’intéressé m’ignore superbement : je suis un expatrié comme lui, et même si je suis cadre supérieur au Centre, je ne mérite aucun Salam de sa part !
 
A la caisse d’un super marché : un manutentionnaire asiatique commence à empaqueter mes achats au fur et à mesure qu’ils défilent de la caisse. Tout à coup, il me laisse tomber pour se précipiter derrière moi, un client …émirati vient de prendre la file. Notre manutentionnaire commence à s’occuper de l’empaquetage du client émirati alors qu’il ne lui a rien demandé, alors même que je n’ai pas terminé le mien. Au bout du compte, espère-t-il un pourboire plus conséquent que celui que je consens habituellement : un ou deux euros, jamais moins. En fait, le plus souvent il ne reçoit rien du client qu’il vient de privilégier, même pas un merci.
 
C’est une pratique courante dans tous les pays du Tiers Monde : Mépriser ses semblables, et glorifier le « Blanc ».

 

 

 

 

 

Bigeard aux Invalides? Je m’en fous!

Je pense que la France, et l'Occident plus généralement, ont de sérieux problèmes pour leur propre avenir. S'attaquer sous différents registres aux anciens colonisés, en particulier s'ils sont arabes et musulmans, constitue pour eux un dérivatif afin d'éviter de regarder en face leur propre avenir.
La société occidentale s'est engagée résolument dans la voie de la légalisation de tous les interdits sociaux: mariage homosexuel, drogue, spéculation financière (ils viennent de se réveiller, mais c'est trop tard).
Ces thèmes sont le sujet principal de mon prochain livre, qui traitera aussi des problèmes propres à l'Algérie et à l'Afrique: troisième mandat, héritage constitutionnel du pouvoir, règne par la terreur, corruption...
Bref, nous vivons dans un monde qui n'a aucun autre avenir que les soulèvements à répétition, conduisant vers le désastre. Un avenir bien sombre pour tous !

 

 


MANIFESTATIONS POPULAIRES DU 11 DECEMBRE 1960 A CONSTANTINE


Dimanche 11 décembre 1960…11h45, je viens de quitter la maison à Rahbat Souf, et j’emprunte le passage voûté en direction de la placette de R’Cif, sans but précis. J’ai dans ma poche deux billets de cinéma, achetés la veille avec le pécule hebdomadaire que me verse un commerçant en guise de salaire pour des calculs comptables…

Tout à coup, j’entends l’inévitable refrain « tatata…tata…tatata…tata… » venant cette fois de Tarik el Djadida. Quoi ? Mais non, ce n’est pas « Al…gé…rie fran…çaise » que j’entends, c’est deux fois trois coups : « tatata…tatata » ! Qu’est ce que c’est que ce nouveau refrain ? Je tends l’oreille tout en changeant de direction, prenant un raccourci pour Tarik el Djadida…Ce n’est pas possible, je n’ose y croire…Je débouche sur cette longue artère commerçante qui coupe la vieille ville en deux parties, les slogans proviennent du bas de la rue, près du pont Bab el Kantara…

C’est bien « Al…gé…rie mu…sul…mane » que j’entends distinctement maintenant. C’est la première fois que j’entends un slogan hurlé non pas par les européens, mais bien par des arabes…Un groupe de jeunes à leur tête Kamel Idir, qui avait été détenu en 1958 à la sinistre cité Améziane en dépit de son jeune âge, en même temps que mon père qui était le plus vieux. Une jeune fille hurle à tue tête au milieu des garçons…Sans hésiter un instant, je me mêle aux manifestants, pour les séances de cinéma on verra après…
Toute la ville étant en ébullition, ce groupe de manifestants avait traversé une partie de la cité : R’sif, Rahbat Essouf, rue de France, environs de Souk el Asser, rue du 26e de Ligne, puis après avoir débordé les CRS à la  Casbah, nous continuons vers le pont de Sidi M’cid, Hôpital, avenue Forcioli, Bab El Kantara, ensuite par camions –immatriculations camouflées- jusqu’à la cité des Mûriers, d’où il était impossible d’aller plus loin, des soldats en joue barrant le pont de Sidi Mabrouk…A 15:00, je décide de quitter la manifestation, pour traverser la voie ferrée, et rejoindre le cinéma « Versailles » où la séance avait commencé depuis une heure. Un copain avait gardé ma place, surpris de me voir débarqué en retard; je résume en quelques mots ce qui se passe dehors, quelques spectateurs écoutent avec attention, se détournant momentanément du film.

A la sortie, mon copain donne son avis sur la manifestation : « Je veux bien avoir l’indépendance, mais assis dans un fauteuil !.. ». Il sera chef de département à la présidence de la République durant l’époque de Chadli Bendjedid !

 

 


 Communiqué du Front du Changement National

Non à la néo-colonisation !

Par ce Communiqué du 8 Décembre 2011, la Permanence politique du Front du Changement National prend à témoin les citoyennes et les citoyens algériens sur l’atteinte grave et délibérée qui vient d’être portée hier mercredi 7 Décembre, contre la souveraineté nationale à travers cette véritable « comparution-audition » du ministre des affaires étrangères du pouvoir illégitime d’Alger  par devant la Commission parlementaire française des affaires étrangères.

D’autant plus que cette « comparution-audition » a lieu juste à la suite de cette visite-éclair – qui ressemble étrangement à une visite d’inspection – du ministre français de l’Intérieur Claude Guéant ; un personnage au parcours raciste et anti maghrébin,  qui s’est permis de venir délivrer des satisfecits de bonne conduite à un régime qui pille les richesses de tout un pays, après avoir provoqué une guerre contre son propre peuple.

La « comparution-audition » d’un membre du gouvernement algérien par devant une instance parlementaire étrangère est un acte politico-diplomatique sans précédent depuis que l’Algérie est « indépendante ». Il s’agit-là d’un acte d’allégeance politique d’une extrême gravité qui ressemble à s’y méprendre à une volonté délibérée de mettre la souveraineté nationale sous la tutelle d’un Etat étranger. Il traduit à la fois le mépris total qu’a ce régime pour les citoyens algériens et la honteuse tentation de plaire à l’ex-puissance coloniale chez laquelle il essaie de puiser sa légitimité, faute d’obtenir celle de son propre peuple.C’est pourquoi nous affirmons que cet acte grave constitue clairement – il ne faut pas craindre de le dire haut et fort –  une véritable trahison des idéaux de notre Révolution et de la mémoire de nos Martyrs. Encore une fois la dignité de notre Peuple et l’indépendance du pays chèrement acquises, viennent d’être  piétinées et bafouées par un pouvoir irresponsable et antinational, prêt à toutes les compromissions pour défendre ses privilèges.

Nous en appelons à une prise de conscience citoyenne d’une situation qui menace réellement désormais et tout à la fois, l’indépendance de notre pays, la souveraineté de notre peuple et les intérêts de la nation algérienne.

Alger le 08 décembre 2011

Pour la Permanence politique du FCN: Dr Salah-Eddine SIDHOUM

 


Incendie du dépôt de marchandises et destruction des archives
du contentieux au port d’Alger : La main de la mafia

(Source El Watan du jeudi 8 décembre 2011)

Depuis que les flammes ont emporté la totalité de la marchandise entreposée dans deux dépôts du service contentieux des Douanes d’Alger-Port, dans la nuit de samedi à dimanche, quatre enquêtes ont été ouvertes.
Une par l’Inspection générale des finances (IGF), une deuxième par l’Inspection générale des Douanes (IGD), une autre par la Cour des comptes et une quatrième par les services de police. Le point commun de toutes ces investigations, c’est qu’elles ont pour mission non pas de déterminer les auteurs de cet incendie criminel ou d’élucider le vol qui a ciblé, il y a deux semaines, le service des archives du contentieux, mais plutôt de trouver rapidement un «bouc émissaire» pour lui faire porter le chapeau. En effet, depuis hier, c’est le receveur d’Alger-Port (une femme), qui fait d’incessants va-et-vient entre ses bureaux et ceux de la police judiciaire, pour être entendue sur ce que les enquêteurs qualifient de «dilapidation» et non pas sur les circonstances qui ont aidé les pyromanes à accéder aux dépôts de marchandises et des archives du contentieux.
Selon des sources proches de l’institution, les voleurs ont eu tout le temps nécessaire pour passer au peigne fin le mobilier du service des archives, certainement à la recherche de quelque chose qu’ils ont eu du mal à trouver, avant d’emporter sept boîtes d’archives et trois unités centrales de micro-ordinateurs. Cette «curieuse visite nocturne» n’a pourtant pas suscité l’intérêt des enquêteurs. Il aura fallu qu’un incendie, dans des circonstances suspectes, ravage toute la marchandise se trouvant dans deux des trois dépôts de l’enceinte portuaire pour que l’administration douanière et tous les services de contrôle se réveillent. Le plus surprenant dans cette affaire, c’est que ces derniers se braquent tous sur le receveur des Douanes, auquel il est reproché d’avoir laissé la marchandise dans les entrepôts. Pourtant le receveur, récemment nommé à ce poste (un peu plus d’une année) n’en est aucunement responsable, étant donné que les décisions de notification pour sa marchandise levée relèvent strictement du chef de l’inspection divisionnaire (CID) et du directeur régional d’Alger-Port. Mieux, les enquêteurs ne se sont pas intéressés à la grave et dangereuse décision prise, au début de l’incendie, par les responsables des Douanes du port : ouvrir les dépôts avant l’arrivée des agents de la Protection civile, sachant que certains d’entre eux contenaient des produits pyrotechniques. Ce qui remet sur le tapis le lourd problème lié à la nécessité de doter le port d’Alger d’un parc à feu pour les produits dits dangereux.
De nombreux douaniers se demandent d’ailleurs si ces enquêtes ne sont pas ouvertes uniquement pour détourner l’attention sur les auteurs de cet incendie et du vol des archives. Pour eux, la sécurité des dépôts du port d’Alger relève de brigades qui, elles, dépendent du premier responsable du port, en l’occurrence le directeur régional.
En tout état de cause, la police, après avoir entendu à plusieurs reprises le receveur, a convoqué le directeur régional. Selon des sources douanières, la première estimation du préjudice financier causé par cet incendie fait état de 750 millions de dinars (75 milliards de centimes). Il s’agit surtout de marchandises importées en attente de dédouanement ou faisant l’objet de contentieux judiciaire. Leur destruction, alors qu’elles étaient sous la responsabilité des services des Douanes, implique obligatoirement une indemnisation que le Trésor public aura à supporter.
Pour nos interlocuteurs, cette affaire démontre la puissance dangereuse de la maffia de l’import-import et du blanchiment, notamment à travers ses relais au sein des institutions de l’Etat, à commencer par l’administration douanière. Aujourd’hui, seule une enquête sérieuse peut situer les responsabilités dans ce qui s’est passé au port d’Alger et surtout lever le voile sur ces réseaux maffieux qui prennent le risque de mettre le feu à des entrepôts bourrés de produits dangereux, au risque d’embraser l’enceinte portuaire….
Salima Tlemçani
Source :
<http://www.elwatan.com/actualite/incendie-du-depot-de-marchandises-et-destruction-des-archives-du-contentieux-au-port-d-alger-la-main-de-la-mafia-08-12-2011-150216_109.php>




Mon avis d’archiviste sur cet incendie

Je pense qu’une cinquième enquête s’impose : celle des Archives Nationales pour évaluer les dommages subis au niveau des archives, et mettre en œuvre les dispositions pénales prévues par les articles 25 et 26 de la loi n° 88-09 du 26 janvier 1988 relative aux archives nationales. 
Des questions d’ordre technique doivent être élucidées :
Existe-t-il un système de protection contre les incendies, notamment des détecteurs d’incendie reliés à la protection civile, déclenchant l’alarme tout au début.
Existe-t-il une installation d’extinction automatique des incendies au gaz Inergen, ou autre gaz non nocif pour l’homme ?
A défaut, existe-t-il au niveau des bureaux et locaux d’archives des extincteurs manuels à poudre sèche (Type ABC) ?
Y a-t-il un système de surveillance de nuit dans les bureaux et locaux d’archives ?
En ce qui concerne les produits pyromanes, facilement inflammables, leur lieu de stockage devrait être situé le plus loin possible des bureaux et locaux d’archives.
La mise en place d’un système de protection des archives et des produits pyromanes est certes coûteuse, aussi les importateurs devraient être mis à contribution pour protéger autant leurs marchandises dangereuses, que les dossiers de dédouanement.
Abdelkrim Badjadja, archiviste algérien, Abu Dhabi.

 

 

40ème anniversaire des Emirats Arabes Unis : Témoignage (2)
 
Le volet social 

Je suis toujours admiratif et sidéré par la rapidité des réalisations urbanistiques de ce pays, et encore plus par le désir permanent des Émiratis de faire plus et mieux pour développer leur pays. Par contrainte de temps et d'espace, je n'avais pas évoqué dans la première partie les transformations dans les autres domaines d’activités, en particulier l’amélioration constante des prestations assurées aux habitants, peu importe leur nationalité. Exemple: ouvrir les bureaux d'accueil au public de 8:00 à 21:00 sans interruption, assurer une couverture sociale gratuite qui permet à tout un chacun de pouvoir se soigner n'importe où, dans un hôpital public ou privé, en payant une contribution symbolique de 10 euros, et en bénéficiant de soins complets, visites, analyses, radios, médicaments, interventions chirurgicales, sans payer un centime de plus. Rappelons qu'aux Émirats personne ne paye d’impôts, ni taxes, et il n'y a pas de retenues sur les salaires. Partout on a l'impression de vivre dans un pays cinq étoiles, y compris dans les mosquées et les ... épiceries qui en fait livrent à domicile tous vos besoins sans frais supplémentaires, le paiement s’effectuant en fin de mois. Une étude vient d'être lancée en vue de faire bénéficier tous les expatriés d'un système de retraite appelé à se substituer à celui qui est pratiqué aujourd’hui, à savoir : octroi d’une indemnité équivalente à un mois de salaire par année d’activité à la fin du séjour aux Emirats. Chaque expatrié est assuré de retourner dans son pays avec un beau pactole. Pour l’instant, la hantise de chaque expatrié est de voir son contrat arriver à expiration, et qu'il ne soit pas renouvelé. 
Mais la plus grande réussite des Émirats est d'avoir su forger un sentiment national dans un pays qui était encore, voilà 40 ans, un ensemble de petits pays ou le passeport était nécessaire pour passer d'Abu Dhabi à Dubai, ou de Sharjah à Ajman. En somme ils ont réussi à unir des populations de pays différents dans un sentiment d'appartenance nationale.
Et durant ce laps de temps, en Algérie, nous avons fait exactement l'inverse : déstructurer notre pays en différentes communautés qui ne rêvent que d'en découdre les unes contre les autres: Arabes contre Kabyles, Islamistes contre Laïcs, "famille révolutionnaire" contre le reste de la population.        
Il existe aux Emirats une volonté farouche de développer le pays, d’être aux premiers rangs à travers le monde par les réalisations, sans pour autant viser de rôle primordial dans la politique mondiale, comme le fait l'Etat voisin, le Qatar, un pays encore plus petit que les Emirats.
Il va de soi que les expatriés, qui constituent 80% de la population, jouent un rôle essentiel dans cette politique de développement, les cadres émiratis, de qualité certes parce que formés dans les meilleures universités, sont trop peu nombreux pour assumer seuls les taches gigantesques programmées par la politique des dirigeants.
Il n'y pas vraiment de vie politique dans ce pays, je parle de la politique "politicienne", mais je constate chaque jour l'exercice de la vraie politique: études, diagnostics, plans de développement dans le moyen et le long terme dans tous les domaines.
Pour Abu Dhabi par exemple, j'ai vu le dossier "Abu Dhabi 2030" qui est entré en phase de réalisation voilà quelques années déjà.
 

 

 

 

40ème anniversaire des Emirats Arabes Unis : Témoignage (1)

Les Emirats Arabes Unis célèbrent le 2 décembre 2011 le 40ème anniversaire de la création de leur Etat. Quel bilan peut-on tirer de cette période relativement courte dans l’histoire des nations ?
Loin de moi la prétention de m’engager dans cet inventaire, par contre je peux très bien témoigner des réalisations que j’ai vues de « mes propres yeux » depuis mon installation dans ce pays en août 2002.
Commençons par parler des transformations constatées au niveau du quartier « Arous el Bahr » El Khalidyia où j’ai habité de 2002 à 2007. Ce quartier doit son appellation « Arous el Bahr » à un drame vécu lors de sa construction : un jeune promoteur immobilier avait entrepris l’édification d’un bâtiment de 12 étages. La construction achevée, et les premiers locataires installés, le jeune propriétaire contracte mariage et s’en va en voyage de noces avec son épouse sur son propre bateau. Ils n’en sont jamais revenus, d’où ce surnom donné au bâtiment et partant à tout le quartier : « Arous el Bahr »- Les mariés de la mer.
Dans ce même quartier, j’ai vu démolir une douzaine de bâtiments de 5 et 12 étages, dont l’un par implosion, j’avais envoyé des photos de cette opération spectaculaire. Et à la place ont été érigées des tours de 20 étages, et même de 40 étages pour les dernières qui avaient été érigées sur le terrain libéré par le bâtiment détruit par implosion. La vitesse de la construction m’a sidéré.
Pour preuve : J’avais choisi, comme premier logement, un appartement situé au 17ème étage d’une tour de 20 étages, avec vue panoramique sur la Corniche et la mer. En contrebas, je voyais que des travaux avaient été engagés pour édifier une nouvelle tour. C’était en août 2002. J’avais dit à mon épouse : « aucun risque de voir notre panorama obstrué par cette nouvelle tour ; ils en sont au 8ème étage, nous terminerons notre séjour dans quelques années, ils ne seront pas encore arrivés à notre hauteur ». Et bien, voilà que notre panorama a été barré à 50% par la carcasse de cette nouvelle tour fin novembre 2002, soit en deux mois et demi ! Je voyais les étages s’élever l’un après l’autre à la vitesse d’une dalle par semaine, les travaux en continu H24. Aussitôt inaugurée cette tour, nous avons constaté que des travaux avaient entrepris sur le terrain mitoyen qui servait jusque là de parking. Nous avions pensé qu’il s’agissait d’aménager un parking pour la nouvelle tour. Erreur : la première tour ayant déjà inclus des parkings sur plusieurs niveaux en partant du sous sol, il s’agissait de travaux d’édification d’une deuxième tour de vingt étages. Et voilà, que quatre ans à peine après notre installation, le deuxième tour avait obstrué notre panorama sur 40% supplémentaires : nous ne voyions plus la mer que sur 10% du panorama, et en se tordant le cou.
En 2007, nous quittons ce quartier pour habiter une zone résidentielle composée de villas uniquement. En quatre ans, nous avons assisté à la démolition de toutes les anciennes villas qui dataient des années 1980 et à l’émergence de nouvelles « villas », en fait de vrais petits palais, dont un complexe « Liwa Village » comprenant une cinquantaine de villas, avec une Cafétéria « Le Boulanger », appellation bien française, proposant des croissant, gâteaux, et plats français.
En ville, nous avons été témoins des nouvelles tours qui émergent sur toutes les surfaces urbanisables avec de nouveaux Malls qui n’existaient pas à notre arrivée : Khalidiya Mall, Al Wahdha Mall, Er Raha Mall, et dernièrement Al Mushreef Mall.
Parlons du Centre où je travaille depuis plus de neuf années : « Center for Documentation & Research ». Créé en 1968 par Sheikh Zayed Al Nahyan, Allah Yarhamou, le centre relevait de l’autorité de Sheikh Mansour, directeur du cabinet présidentiel. Sa mission principale : collecter les archives historiques relatives à l’histoire de la région, par l’acquisition de copies auprès des Archives Nationales de différents pays. Aucune activité officielle au niveau des archives des institutions gouvernementales. Comptant un effectif de moins de cent personnes, Il était installé sur deux niveaux dans un « vieux » bâtiment des années 1990. Aujourd’hui, notre centre est devenu National, avec un statut fédéral lui donnant autorité sur toutes les archives produites par tous les organes de l’Etat au niveau fédéral et local. Il est installé depuis novembre 2005 dans un nouveau bâtiment s’élevant sur quatre étages, avec tous les équipements de niveau international lui permettant d’organiser les plus grands évènements, et un effectif qui est passé à 250 personnes. Le « National Center for Documentation & Research » relève toujours de l’autorité de Sheikh Mansour devenu entre temps vice premier ministre et ministre aux affaires présidentielles. J’étais le seul algérien dans ce centre en 2002 : nous sommes quatre algériens aujourd’hui, dont trois experts en archivistique et un expert en bibliothèques. La dimension fédérale du NCDR, et l’autorité de Sheikh Mansour, nous ont permis d’inspecter les archive de tous les organes de l’Etat, ministères, émirats, municipalités, administrations locales.
Revenons au développement urbain : plusieurs nouvelles villes ont été édifiées en dehors d’Abu Dhabi, des villas et des appartements luxueux par centaines, avec des locations deux fois moins chers qu’à Abu Dhabi ville. Rappelons qu’Abu Dhabi est une île avec peu d’espaces pour de nouvelles urbanisations. Tous les établissements scolaires, qui occupaient des villas, avaient été invités à quitter la ville pour construire des établissements scolaires confortables dans les villes nouvelles.
Parlons du cas de l'Université Paris Sorbonne Abu Dhabi : Je l’ai vue déménager trois fois, toujours dans le souci d’offrir un confort meilleur. Aujourd’hui, cette annexe de la prestigieuse université française est installée dans un nouvel édifice construit spécialement pour elle en rapport avec son prestige, sur l’île Al Reem avec un Dôme qui rappelle celui de l’Université mère à Paris. J’y vais de temps à autre pour assister à des conférences en langue française, dont une somptueuse conférence concert sur la musique andalouse !   
Prenons la route de Dubai : A raison de mes fonctions je n’ai cessé de parcourir tous les Emirats, et à chaque fois il me fallait commencer mon périple sur l’autoroute Abu Dhabi-Dubai. J’ai vu s’édifier un deuxième Dubai avec des centaines de tours à plus de 40 kilomètres de l’entrée traditionnelle de l’ancien. Quatre nouveaux malls ont été construits sur cette autoroute, Ibn Battouta Mall (le plus culturel des Malls avec des pavillons reproduisant les voyages du géographe arabe), Mall of The Emirates (Avec sa station de Ski), Dubai Marina Mall, et Dubai Mall (avec son aquarium), ce qui nous évite de pénétrer à Dubai où la circulation est infernale. J’ai assisté aussi ces dernières années à l’érection de Bord Khalifa, la plus haute tour du monde, ainsi qu’à la construction et la mise en circulation du Métro de Dubai le 09/09/2009 !
Mes activités professionnelles me conduisent souvent hors d’Abu Dhabi dans les Emirats de Dubai, Sharjah, Ajman, Ras al Kheima, Fujeirah…Partout des chantiers. Pour se déplacer en évitant Dubai, il existait déjà l’autoroute des Emirats qui reliait les différents émirats. La première fois que j’avais emprunté cette autoroute en 2003, c’était un désert, peu de circulation. Aujourd’hui, c’est une route vraiment encombrée, avec l’édification tout au long du trajet de véritables villes nouvelles. Si bien qu’une deuxième autoroute a été tracée « Dubai by pass » prolongée par « Outer by pass » conduisant jusqu’à Ras Al Kheima.
Des bretelles partant de ces autoroutes conduisent vers Dubai International Academic City. La première fois que je me suis rendu sur le site en 2005 pour une mission au Dubai Men's College, qui se trouvait être le seul édifice construit dans les parages, il m’avait été affirmé que cette région désertique allait se transformer en un pôle universitaire dans une région en développement « Dubai Silicon Wadi ». J’étais plutôt sceptique. J’y suis retourné voilà quelques mois pour une mission dans d’autres institutions nouvellement installées. Je n’ai pas su retrouver mon chemin, la région abritant désormais, en plus de nouvelles administrations, près de 30 institutions académiques de 11 pays différents, avec entre autres: Rochester Institute Of Technology (RIT), American University In The Emirates, Murdoch University Dubai, Repton School Dubai…ainsi que le Lycée français international Georges Pompidou.
 
L’énumération des réalisations vues en neuf années de séjour illustre la frénésie de développement tout azimut…
Je m’arrête là.
  

 

 

Pourquoi parler 25 ans après ?

 

Pourquoi tout ce déballage vingt cinq ans après les manifestations de Constantine de 1986 ?

En fait ce récit est dû à un concours de circonstances. C’est-à-dire qu’au départ, il n’y avait aucune intention mûrement réfléchie de le publier, ni dans la forme, ni dans le fond. A l’origine, se trouve le refus des éditeurs de la maison Laffont de publier telle quelle la conclusion de mon papier « Panorama des archives de l’Algérie moderne et contemporaine », figurant dans un livre collectif sur la guerre d’Algérie dirigé par Mohammed Harbi et Benjamin Stora. Cette conclusion semblait détonner par rapport à l’objet du texte. Mon grand ami et aîné, Mohammed Harbi, me proposa alors une nouvelle conclusion plus courte, en renvoyant les éléments essentiels du texte initial à un article à écrire sous le titre « l’affaire Badjadja ». J’avais acquiescé à cette démarche, et décidé de rédiger un témoignage sur la répression que j’avais subie injustement à la suite des manifestations de Constantine de novembre 1986.

Tant qu’à faire, j’avais entrepris un rappel de mémoire en sollicitant les souvenirs des membres de ma famille d’abord, ensuite les témoignages des personnes qui avaient vécu de près ou de loin ces évènements, dont Daho Djerbal, F. S., ainsi qu’un autre universitaire algérien de Paris qui avait souhaité garder l’anonymat, Sadek Hadjeres, responsable du PAGS à l’époque des faits, et…madame S.T.!

Tout le monde m’avait répondu, sauf Madame !

En ce qui concerne les manigances de la sécurité militaire, le fait est avéré depuis le début. J’avais d’ailleurs dénoncé ces magouilles et dépassements, indignes d’un pays qui avait mené une guerre d’indépendance, dans une cassette vidéo enregistrée « clandestinement » au début du mois de février 1987, à …Bordj Omar Driss, où j’avais été assigné à résidence en même temps que ceux qui avaient été arrêtés durant cette période. J’ai mis entre parenthèse « clandestinement », parce que selon une version reçue voilà un an, la cassette aurait été commandée par la sécurité militaire pour tenter par un procédé « soft » d’obtenir ce qu’elle n’avait pu avoir par des procédés « hard » !

Plus tard, en 1989-1990 (?), j’avais accordé une interview à un journaliste constantinois sur les circonstances et péripéties de mon arrestation et de ma déportation, article qui devait paraître dans le Soir d’Algérie, puis dans El Watan, mais qui n’avait finalement jamais été publié. Y avait-il une entourloupette quelque part, élaborée encore dans les officines maléfiques de la sécurité militaire ? Parce qu’il faut dire que le journaliste en question était tout simplement le neveu du capitaine de la sécurité militaire chargé de notre suivi à Bordj Omar Driss. Ce journaliste s’appelle A. B. et l’interview a eu lieu en mon domicile cité Kadi Boubekeur à Constantine, en présence de K. B. Je dispose encore, pour qui s’y intéresse, d’un exemplaire de la cassette vidéo de février 1987, ainsi que la bande audio de l’interview accordée au journaliste A.B. en 1989-1990.

Quant aux turpitudes, délations et accointances contre nature du PAGS avec la sécurité militaire, j’avoue ne pas les avoir détectées tout de suite. Un certain nombre d’éléments, quelques-uns déjà relatés dans la lettre à Sadek hadjeres, et surtout le fait de découvrir que notre chercheur de Paris connaissait le nom de mon ancien contact avec le PAGS durant les années 1970, nom caché à la sécurité militaire, alors que j’étais menacé de tortures et même de condamnation à la peine capitale, nom caché durant 34 ans non pas pour me protéger mais plutôt pour protéger cet «honorable correspondant », m’avaient conduit à conclure que le PAGS, soi-disant parti progressiste pur et dur, n’était en fait qu’une machine impersonnelle et inhumaine, prête à broyer les individus de la même manière que la sécurité militaire, les moyens et la couverture légale, il est vrai, en moins !

Enfin pour conclure avec le rôle de madame S.T. ce fut à la fois une énorme surprise à laquelle je ne m’attendais pas, et la plus grande des déceptions. J’avais déjà expliqué à un ami commun, voilà un an, que j’étais prêt à pardonner une défaillance de madame à l’époque des faits, et qu’à l’impossible, faire face à la sécurité militaire, nul n’est tenu, surtout pas une femme très vulnérable. Mais, je pensais en toute logique avoir droit à un retour d’ascenseur…à la vérité vingt ans après, surtout que tous mes ennuis avaient commencé suite au coup de téléphone que je lui avais donné, lui exprimant ma solidarité suite à l’arrestation de son époux. Non seulement cette dame s’était cantonnée dans un silence que ne peut justifier qu’un sentiment de culpabilité -14 mois sans répondre à la lettre rendue publique ces jours-ci - mais elle en est venue à démentir ma mère !

Ainsi ma mère, âgée de 80 ans, susceptible de trous de mémoire peut-être, mais pas de surplus de mémoire, aurait inventé une rencontre dans la rue avec madame S.T. lui affirmant : « La sécurité militaire a découvert des “aflam” dans le cartable de ton fils », ma mère n’ayant pas compris ce que signifie  "aflam", c’est-à-dire le pluriel de film en arabe classique, que ne maîtrise pas ma mère ! Et ces “aflam” pour les chercheurs, dont cette dame, pour les archivistes, dont je suis, et pour la sécurité militaire, Dieu vous en préserve, ne sont rien d’autres que des « microfilms ».

Pour conclure, je me devais d’écrire, une excellente thérapie selon notre ami commun F. S. et de témoigner tant que je suis encore en vie, apportant ma version à opposer à celle de la sécurité militaire, qui m’avait fait découvrir une autre Algérie que celle que nous connaissons, une Algérie où Dieu règne au ciel et la sécurité militaire sur terre ; à opposer aussi aux rumeurs insidieuses des staliniens du PAGS, qui sévissent toujours sous un autre nom de parti ; à clamer aussi face aux délateurs hommes ou dames.

A tous, je dis : je ne pardonne à personne, advienne que pourra, le plus important pour moi est d’avoir apporté mon témoignage.

Extraits du livre :

« Assigné à résidence au Sahara - Face à la Sécurité militaire »

Abdelkrim Badjadja

Editions universitaires européennes – 2010

https://www.morebooks.de/store/de/book/assign%C3%A9-%C3%A0-r%C3%A9sidence-au-sahara/isbn/978-613-1-52736-4

 

 

22 Novembre 2011 : Douloureux anniversaire…

Voilà 25 ans jour pour jour : Enlevé par la sécurité militaire…

 

Prologue

 

Samedi 22 novembre 1986, 19H00, aéroport de Constantine Ain el Bey…

Mes deux frères viennent de me déposer devant l'entrée de l'aérogare…

  • Veux-tu qu'on reste avec toi jusqu'au départ ? On prendra un café en attendant…
  • Non, inutile de rester, il ne reste plus beaucoup de temps, il vaut mieux rentrer chez vous…

Je me dirige vers la zone de l'enregistrement à droite, jetant en passant un rapide coup d'œil à gauche, du coté du kiosque Sebti, où sont exposés quelques exemplaires de mon petit livre sur "La Bataille de Constantine 1836-1837".

"Les passagers de la compagnie Air Algérie à destination d'Alger sont priés de se présenter à l'enregistremeinnnnt !". Voilà, on arrive, mais pourquoi cet accent marseillais "…meinnnnnt…" ?

 

 Juste au coin de la cafétéria, je suis accosté par deux individus :

  • Mr Badjadja ?
  • Oui ?
  • Police, suivez-nous !

 

S'agit-il d'agents de la PAF chargés par le wali de me contacter en urgence? Pensant qu'on allait se diriger vers les bureaux de la PAF, je me vois poussé vers la sortie de l'aéroport ! D'autres individus, arrogants et agressifs, nous entourent. Je me cabre à la sortie, ayant constaté que l'on s'acheminait vers le parking !

  • Mais enfin, qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ?
  • Police, suivez-nous sans discuter !
  • Non, je refuse de vous suivre. Pour moi, la police c'est celle qui est en uniforme, là-bas…

 

Je m'arrache au groupe des "policiers" sans uniformes, pour me diriger vers deux agents en uniforme bleu de faction à l'entrée de l'aéroport, de vrais policiers !

  • Ecoutez Mr l'Agent, ces individus prétendent qu'ils sont de la police, et ils me demandent de les suivre. Pour moi, c'est vous la police, il faut intervenir!
  • Effectivement ! Qui êtes-vous messieurs ?
  • Voilà…

 

Ils exhibent des papiers aux policiers, en leur glissant quelques mots …

  • C'est bon monsieur, ce sont des agents de la sécurité militaire…Nous avons vérifié leurs papiers, tout est en règle. Vous pouvez les suivre.

En chemin vers le parking, l'un des agents de la sécurité militaire m'interpelle brutalement :

  • Pourquoi ce scandale, nous t'avions dit que nous sommes de la police, non?

Il fait mine de se retenir pour ne pas me frapper…

On me fait monter dans un fourgon banalisé. Le cartable m'est arraché des mains, je ne le reverrai plus avant plusieurs mois. Ainsi qu'une sacoche contenant mes affaires de toilette, qui me sera restitué quinze jours plus tard. Le véhicule démarre en direction de la ville. En cours de route on me demande:

  • Où habites-tu ?
  • Cité Kadi Boubekeur, juste à coté de la cité Filali…
  • Tu nous indiqueras ton bâtiment…

 

Arrêt devant l'immeuble où se trouve mon logement, appartement 109, 4e étage…

  • Mais enfin, que me voulez-vous ? Pourquoi voulez-vous aller chez moi ?
  • Ecoute, nous allons monter chez toi pour une perquisition. Alors pas d'histoires, hein ! Sinon, on te mettra les menottes et un colt sera braqué sur ta tête, choisis !
  • Je n'ai rien à me reprocher, les menottes ne sont pas nécessaires, et il vaut mieux ne pas exhiber votre colt, vous allez effrayer ma femme et mes enfants…Mon épouse, très émotive, risque même de piquer une crise…
  • Pour ça aucun problème, nous la retiendrons s'il le faut !
  • Alors-là, ce sera encore plus grave ! Il vaut mieux y aller sans violence, je vous présenterai comme des collègues de la wilaya…

 

Ma (défunte) épouse ouvre la porte, étonnée de me revoir accompagné par six ou sept personnes :

  • Quoi, tu n'es pas parti à Alger ?
  • Non, plus tard…
  • Bonsoir messieurs, qui sont ces gens ?
  • Des collègues de la wilaya…Ils ont été chargés par le wali de vérifier quelques papiers…
  • Comment ça, le wali n'a pas confiance en toi ?

 

Nous entrons dans l'appartement, je les dirige vers le salon…Mes enfants, l’aîné six ans, et le cadet trois ans, se précipitent sans tenir compte de ces (affreux) accompagnateurs. Ma fille, quatre mois à peine, ignore totalement ce qui se passe, la bienheureuse !

Tout de suite, quelques agents se mettent à farfouiller dans le salon où se trouvent ma bibliothèque, et l'essentiel de mes archives qui remontent à l'année 1957, avec le certificat d'admission en classe de sixième. Tandis que les autres :

  • La chambre à coucher ?
  • A droite…

 

Inspection en règle de la chambre à coucher, un coup d'œil rapide dans la chambre des enfants, puis une deuxième chambre peu équipée…Enfin, le débarras du couloir…

Assis sur l'un des canapés du salon, mon fils cadet assoupi sur mes genoux, je suis la perquisition du regard. Pendant ce temps, mon épouse profitant d'un moment d'inattention, donne des coups de téléphone. Les agents passent au crible tout ce qu'ils trouvent, ils se consultent de temps en temps à voix basse sur quelques titres de livres et documents "suspects", au cas où cela inspirerait un collègue. J'interviens pour donner de temps à autre quelques explications, ces agents ne semblant pas jouir d'une culture minimum qui leur permettrait de comprendre que les publications vendues par la SNED, entreprise d'Etat, ne peuvent être considérées comme littérature subversive...

 

Tout mon parcours d'universitaire, de chercheur, et d'historien archiviste est attesté par les livres et documents accumulés depuis plusieurs décennies, sans parler de mes archives personnelles qui remontent à l'année 1957... Et je dois tout leur expliquer !

Qu'ai-je fait durant ma carrière de chercheur et d'archiviste qui puisse me valoir cette arrestation et ce ratissage en règle ?    

 

Quelques jours auparavant :

 

9 novembre 1986, Constantine :

  • Karim Chergui publie une étude sur les évènements de Constantine, "Novembre 1986, la révolte des jeunes à Constantine", revue Hérodote avril-juin 1987 :
  • « Fin novembre 1986 eut lieu à Constantine l’un des plus graves accidents de parcours que le régime algérien ait eu à subir depuis l’indépendance du pays en 1962…
  • Semaine du 1er au 7 novembre : à Constantine, ainsi que dans plusieurs villes de l’Est (Skikda, Batna, Tébessa), grève des lycéens et manifestations épisodiques dans les rues.  Les CNS (Compagnies nationales de sécurité) sont mobilisées. Quelques heurts sérieux…
  • Vendredi 7 novembre : les étudiants de la cité universitaire Zouaghi de Constantine…barrent la route…Envoi des CNS avec chiens. Nombreux étudiants blessés ou arrêtés.
  • Samedi 8 novembre : …marche de plusieurs milliers d’étudiants sur la ville, arrêt par un barrage de CNS, heurts violents, lacrymogènes.
  • Dimanche 9 novembre : à l’université nouveaux heurts (avec les CNS)… Au CHU, à la suite du décès d’un des leurs, enseignants et étudiants en médecine descendent en masse jusqu’au siège du parti à Constantine. En ville, l’agitation gagne tous les jeunes… Dans l’après-midi, 2 000 à 3 000 jeunes font une grande « casse »…avant d’être dispersés aux lacrymogènes… »  

 

Mi-novembre 1986…Siège des Archives de la Wilaya de Constantine, je viens à peine de rentrer de la mission de plusieurs jours à Alger, n’ayant rien vu des manifestations de Constantine :

  • Allo…Mr Badjadja ?
  • Oui…
  • Bonjour, secrétariat du directeur du CNEH…Nous vous rappelons que votre billet d'avion a été envoyé au service prepaid d'Air Algérie, pour votre participation au Colloque sur l'Emir Khaled avec le professeur Gilbert Meynier (mon ancien prof à l'université de Constantine) qui viendra spécialement de France. Ainsi que les billets de Madame S.T. et de Melle G. F.Z. Tout le monde sera logé à l'hôtel Safir (ex-Aletti)…
  • Très bien…
  • Nous n'avons pas pu contacter les deux dames, pourriez-vous vous en occuper ?
  • Aucun problème…

 

Pour Melle G. F.Z., je laisse la commission à son frère…Pour Madame S.T. j'appelle directement, connaissant son numéro de téléphone…

  • Allo… (C’est elle-même qui répond), bonsoir Madame…
  • Qui est à l'appareil ?

Comment ça "qui est à l'appareil", alors que d'habitude elle réagissait immédiatement au son de ma voix "Ah ! Abdelkrim…"

  • C'est Abdelkrim Badjadja (identité complète puisqu'elle insiste !)…Au sujet du colloque sur l'Emir Khaled, le CNEH m'a chargé de vous informer que votre billet est disponible auprès d'Air Algérie. Départ le 22 novembre, nous serons tous logés à l'hôtel Safir…
  • Ecoute Abdelkrim, je ne sais pas si tu es au courant…H. (son mari, poète et universitaire) a été arrêté…avec d'autres collègues de l'Université suite aux évènements de Constantine…
  • Oui, je suis déjà au courant… Et vraiment je ne comprends pas que l'on puisse arrêter un poète ! Ils agissent comme un éléphant marchant sur de la porcelaine… (Je me défoule…)…On arrête les gens auxquels on devrait plutôt remettre des médailles, et on accroche des médailles à ceux que l'on devrait plutôt mettre en prison!!!
  • Abdelkrim, merci pour ton soutien…Et tu comprends que je ne puisse me déplacer à Alger. Pourtant, je dispose de documents très intéressants sur l'Emir Khaled. Je peux te les confier, cela pourrait être utile pour vos travaux.
  • Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de disposer de documents bruts. Il vaut mieux les garder, et écrire un papier plus tard…

 

La sécurité militaire était certainement à l'écoute, et le 22 novembre 1986, je suis enlevé, plutôt qu'arrêté, à l'aéroport de Constantine. Pourquoi à l'aéroport, alors que l'on pouvait m'interpeller durant la journée dans mon service ? Parce que, lors des interrogatoires, les agents de la sécurité militaire n'avaient cessé de me demander où étaient les documents de Madame S.T…, pensant naïvement que derrière l'Emir Khaled se cacheraient les preuves des évènements de Constantine, et que je chercherais à les emporter à Alger!!! Débilité et incompétence…

Poursuite de la perquisition de mon domicile, je dois tout expliquer...

    

  • El Moudjahid, trois volumes, 1956-1962…, Un algérien nommé Boumediene,…
  • (J'interviens)…Mais enfin, la plupart de ces livres sont vendus par la SNED !
  • La Charte d'Alger… (et puis quoi encore, faut-il une explication !)
  • La Bataille de Constantine 1836-1837, par Abdelkrim Badjadja…C'est toi qui a écrit ce livre ?
  • Oui… (Ce n'est pas la bataille de Constantine de novembre 1986 tout de même !)
  • Tiens, Histoire des Kennedy !
  • Ah ! Regarde-moi ça, "El Manar" en arabe !
  • (Intervention de l'un de ses collègues)… Pas de problème, c'est un ancien journal reproduit et vendu par la SNED… (Quelle culture !)

 

On sonne à la porte…

  • Qui êtes-vous madame ?
  • Je suis la mère de Abdelkrim, que se passe-t-il ?
  • Ne vous inquiétez pas, simple vérification…

Les investigations se poursuivent…Je n'ai pas l'impression qu'ils cherchent quelque chose de précis…Tolstoï, Dostoïevski, Gorki, Gogol, Marx, Lénine, tiens tiens…Soljenitsyne…

  • C'est des russes tout ça ? (Sauf Marx quand même !)
  • Oui, il aime les russes celui-là !

On me lance un regard entendu, lourd de signification…Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, Mohamed Dib, Kateb Yacine, Tahar Ouettar, Malek Bennabi, Salah Fellah… (Ridicule, c'est de la littérature algérienne, non !)

On passe au rayon histoire, des problèmes en perspective avec ces analphabètes culturels…Ibn Khaldoun, Mahfoud Kaddache, Charles André Julien, Hubert Nyssen, Rachid Bourouiba (pauvres mosquées devenues suspectes !), Mounir Bouchenaki (les ruines de Tipaza aussi )… Puis nous sautons à la guerre d'Algérie : Retentissement de la Révolution Algérienne, CNEH… (Dois-je justifier ?), Mohamed Teguia, Slimane Chikh, Yacef Saadi, puis inévitablement Jacques Massu et sa "Vraie bataille d'Alger", suivent les livres d'Yves Courrières… J'admets qu'on ne peut acheter à la SNED ces derniers titres, souvenir de mon stage aux Archives de France en 1976…Tiens, tiens, voilà "Les archives de la révolution algérienne" publiées par un évadé, Mohamed Harbi… Un autre regard suspicieux…

 

  • Ah, tu t'intéresses au pétrole aussi !
  • Comment ça, je m'intéresse au pétrole ?
  • C'est bien toi qui a écrit ça, et à la main en plus : "Histoire du pétrole algérien 1954-1971" ?
  • Oui, mais je me suis intéressé à l'histoire du pétrole, pas au pétrole lui-même (peuvent-ils comprendre la nuance ?)… C'est un travail de recherche universitaire, effectué en 1971 avec un autre étudiant … dans le cadre du certificat d'histoire contemporaine à l'Université de Constantine,… D'ailleurs, la version imprimée a été déposée à la Bibliothèque Nationale d'Algérie...

 

Consultable aussi à la bibliothèque du Congrès des Etats-Unis, mais ça il vaut mieux ne pas le dire :

http://catalog.loc.gov/cgi-bin/Pwebrecon.cgi?DB=local&Search_Arg=Abdelkrim+Badjadja&Search_Code=GKEY%5E*&CNT=100&hist=1&type=quick

 

  • Et les tribus, tu ne vas me dire que tu ne t'intéresses pas aux tribus, non, regarde là!
  • Mais enfin, c'est un répertoire des anciennes tribus de l'Est algérien à la fin du XIXe siècle, ce document fait partie de mon DEA, un travail de cartographie historique. D'ailleurs vos collègues qui fouillent le débarras du couloir vont trouver toutes les cartes, à commencer par celle des anciennes tribus, je dis bien "anciennes" !

 

Incroyable, la sécurité militaire a envoyé des analphabètes culturels pour perquisitionner au domicile d'un archiviste, chercheur, historien ! Ils auraient pu faire l'effort de confier cette tâche à des cadres universitaires, ils en ont bien dans leurs effectifs, à moins que ce ne soit fait exprès… pour manipuler et intoxiquer à leur guise…En tout cas, à la suite de cette mésaventure, je serais tenté de conseiller aux chercheurs du monde entier de brûler tous les livres, et le moindre papier conservé dans leurs domiciles, et de ne garder que la pomme de terre et la tomate, et encore! Même pas la musique, parce qu'on y vient…

 

  • Ecoutez, là vous touchez à mes cassettes de musique… C'est surtout de la musique andalouse, certains enregistrements remontent aux années 1950…
  • T'inquiètes pas, on va juste les écouter pour vérification, et te les rendre après… (Tu parles, je ne reverrai plus jamais mes précieuses cassettes !)

 

 

On sonne à la porte une fois encore, c'est ma femme qui ouvre… Mes deux frères, qu'elle avait alertés semble-t-il, lancent à la cantonade :

  • Que se passe-t-il ?
  • Vous voyez ce qu'ils font ces "rekhass" (salauds), ils prétendent qu'ils sont des agents de la wilaya…
  • Ah non madame, calmez-vous hein ! Et vous, qui êtes-vous ?
  • Nous sommes ses frères…
  • Vos papiers !
  • Après vérification de leur identité, et prise de note, c'est au tour de mes frères de s'enquérir de la qualité des agents…
  • Sécurité militaire !
  • Peut-on au moins voir un papier quelconque ?
  • Voilà…5e Région militaire, sécurité militaire, ordre de mission pour arrêter Abdelkrim Badjadja
  • Vous avez un ordre d'arrestation, pas de perquisition !
  • Aucun problème…

Mes frères s'assoient à mes cotés au salon, pendant que ma mère s'occupe des enfants, les dirigeant vers leur chambre… Elle garde son sang froid en dépit de son âge, 61 ans, ayant déjà vécu l'arrestation de ses frères, et celle de mon père…durant la guerre 1954-1962…

 

Mon épouse est priée de ne plus s'approcher du téléphone. La perquisition continue… Dans le couloir, on déballe les cartons du débarras, des collections de revues et de journaux, mais surtout mes cours et travaux universitaires, propédeutique lettres, licence histoire géographie, DEA géographie historique, de nombreuses cartes, les conférences des différents séminaires, …tout y passe.

 

Au salon, catastrophe ! Découverte importante pour la sécurité militaire, une chemise cartonnée contenant des brochures et tracts de différentes organisations clandestines : PRS, ORP, PAGS, MDRA, UNEA-Paris, et même une brochure du Comité des étudiants de la mosquée d'Alger… Tous ces documents datent des années 1960-1970, aussi je ne m'inquiète pas trop. J'aurais pu les détruire en leur temps après lecture, mais par nature je répugne à déchirer des documents. J'assumerai si nécessaire, c'est vieux, et c'était à portée de main, pas vraiment cachés…

Mais pour l'instant, les agents de la sécurité militaire sont convaincus d'avoir fait la découverte du siècle, des primes en perspective ! Tout au long des interrogatoires que je subirai plus tard, je ferai la même constatation : ces gens ne travaillent pas pour l'Algérie, ni pour aucun idéal, ils agissent comme des mercenaires, désireux de plaire à leurs patrons, pourvu qu'ils soient bien payés en retour…Ils sacrifieraient sans état d'âme père et mère pour des récompenses, de préférence sonnantes et trébuchantes, alors ce Badjadja hein…!

Ils se consultent, certains d'avoir rempli leur mission, tout s'accélère…Ils emballent livres, archives, cassettes dans des sacs poubelles sorties d'on ne sait où, et puis ils me poussent vers la porte de mon domicile. Mes frères interviennent :

  • Où l'emmenez-vous ?
  • Ne vous inquiétez pas, c'est juste pour des vérifications…
  • D'accord, mais quand reviendra-t-il à la maison ?
  • Eh bein…demain peut-être…

 

J'apprendrai plus tard que les agents de la sécurité militaire sont revenus au cours de la soirée pour une deuxième perquisition qui a duré jusqu'à une heure du matin, cela en mon absence et dans l'illégalité la plus totale...La sécurité militaire, comme à son habitude depuis l'assassinat de Abane Ramdane, conduira cette affaire dans la violation quasi permanente des lois et règlements en vigueur en Algérie... 

Avant de monter dans le fourgon, je constate que deux agents étaient de faction, dans un deuxième véhicule banalisé, ils ne sont pas montés chez moi. Cette fois-ci, on se sert de ma veste pour me couvrir la tête, je ne verrai pas où l'on me conduit… Le véhicule démarre, destination inconnue, je ne suis pas vraiment inquiet, encore moins paniqué, je fais face à la situation n'ayant rien à me reprocher, en dehors de la possession de quelques vieux tracts… Toute la communauté universitaire lit ce type de documents. En ce qui me concerne, c'est mon pain quotidien en tant qu'archiviste : je gère les archives de la wilaya, dont des tracts et des documents classés subversifs, aussi bien avant qu'après l'indépendance. Aussi, les tracts découverts en mon domicile relèveraient normalement d'une simple observation :"pourquoi garder ces documents chez vous…"; au maximum, je serai quitte avec une contravention de simple police…

Mais, c'était se faire des illusions avec le régime Chadli Bendjedid, prêt à écraser de tout son poids un simple citoyen pour se maintenir au pouvoir, et continuer à jouer au chef d'état en portant un costume croisé, et en rasant sa moustache afin de ressembler un peu plus au cow boy Jeff Chandler…

 

Je vous vois sursauter sur votre siège de retraité Mr Chadli, mais c'est l'unique moyen pour moi de dénoncer les manœuvres exécutées sous votre régime, et qui vont conduire le simple citoyen que j'étais, et que je suis toujours, au seuil de la condamnation à mort, rien que ça s'il vous plait! Chez moi pendant la perquisition, puis dans leurs locaux lors de ma détention, ils ne cesseront de clamer tout haut qu'ils ne reconnaissent rien, ni personne, sauf le président Chadli Bendjedid. Plus tard, ils s'affranchiront de toute tutelle pour se mettre à leur propre service, faisant et défaisant les chefs d'état, en commençant par vous démettre Mr Chadli (quelle ingratitude !), et en escamotant 6.500 citoyens sans rendre de comptes à personne, du moins ici bas.

 

Le véhicule finit par arriver quelque part, en tous cas dans le périmètre de Constantine, puisque nous n'avons pas roulé longtemps. On me fait descendre, puis on me fait marcher (au sens propre et au sens figuré comme je le constaterai plus tard...), la veste toujours sur la tête. Des escaliers à monter, d'autres à descendre, puis à monter et à descendre encore, s'agirait-il des mêmes ? Que de cinéma ! Nos pas résonnent dans un couloir semble-t-il, l'heure d'une éventuelle torture ?

Non, on me découvre la tête, je suis devant un bureau tout ce qu'il y a de plus administratif, face à quelqu'un habillé en civil, qui ressemble bel et bien à un fonctionnaire chargé d'un travail administratif, et non d'infliger des tortures.

  • Vider vos poches, déposez tout sur la table, papiers, argent... votre montre aussi ! Le tout dit sans aucune agressivité, ce greffier deviendra l'un des deux soutiens psychologiques durant ma détention en ce lieu...

Il vérifie le contenu de mes poches, compte l'argent et me demande de confirmer la somme, 700 dinars pour mes dépenses à Alger, n'ayant laissé que 200 dinars à mon épouse, et rien au CCP... Il me demande de signer un registre, puis je suis conduit de l'autre coté du couloir, des cellules !

Un sous officier en uniforme réglementaire, m'accueille d'un ton assez aimable, et me présente la cellule où je suis affecté, et ce qui s'y trouve : deux mètres carrés à peine, un lit de camp, un uniforme marron de prisonnier et une couverture militaire de couleur verte sous cellophane, jamais utilisés c'est garanti, mais ça me fait une belle jambe au point où j'en suis ! Il m'invite à enlever mes vêtements "civils" et à mettre mon nouvel uniforme.

Je m'exécute en souriant quelque peu...Il me regarde, intrigué de voir un prisonnier sourire au moment où on va l'enfermer ! J'explique :

  • En réalité pour ce soir, j'avais une chambre réservée à Alger, hôtel Safir (ex-Aletti), et voilà où je vais passer la nuit maintenant !
  • Que veux-tu, c'est El Mektoub !

Ce sous officier sera mon deuxième soutien psychologique, il ira même plus loin que le simple soutien... Avant de refermer la cellule, il me demande :

  • Est-ce que tu fumes ? J'essaierai de te procurer ta marque habituelle...

J'hésite quelques instants, quoi répondre ? J'avais décidé de cesser de fumer depuis à peine une semaine. Si je devais m'y remettre, c'est l'occasion où jamais, et le prétexte est tout trouvé : arrestation, perquisition, détention...

  • Non, merci bien, mais j'ai cessé de fumer...

 

Me voilà enfermé pour de bon dans une cellule de la sécurité militaire, incroyable ! Je ne m'y attendais pas du tout, peu intéressé par le jeu politique, et tout absorbé par le nouveau Centre des archives nationales de Birkhadem - dont je devais être le futur directeur : réunion hebdomadaire de chantier, cahier des charges pour l'équipement, préparatifs de l'ouverture en 1987, projet d'organigramme, de budget, séminaires,... Dans le même temps, je devais continuer à faire fonctionner le centre des archives de Constantine... Je regarde dans le détail l'endroit où je me trouve, une petite cellule, à peine suffisante pour y installer un lit, une porte métallique avec une minuscule ouverture pour permettre aux gardiens de jeter un coup d'œil, et au dessus une lampe nue allumée 24 heures sur 24 qui deviendra rapidement mon cauchemar, empêchant toute velléité de sommeil... Et l'aération ? Le petit regard aménagé sur la porte ne pourrait assumer cette fonction, je risque l'étouffement ! En fait, en m'allongeant sur la couche, je découvre au dessus de ma tête une sorte de conduit, de la taille d'un tuyau de chauffage, sauf qu'il est vide, et je ressens un léger, très léger courant d'air. C'est déjà ça ! Je replonge dans le passé…..

 

 

 

Communiqué :

Bonjour à tous,

L’affaire du « Dollargate » constitue la quatrième partie d’un projet de livre :

« Utopia, le cauchemar de Thomas More »

Ce livre a fini par trouver éditeur : il sortira à Paris dans deux mois. Aussi, je me vois contraint d’interrompre la diffusion de ce récit afin de respecter les droits de l’éditeur. Je tiens tout de même à vous faire lire l’épisode 14 qui vous permettra de faire connaissance avec les descendants des «Barons voleurs » qui ont pour mission de mettre à genoux l’économie mondiale. La suite à lire avec la sortie de mon prochain livre.

 

 

Le Dollargate (14)

 

La Maison Blanche, Bureau ovale, quelques jours après.

Le président réunit dans son bureau les deux hommes en qui il a totalement confiance, et qui lui sont entièrement dévoués, prêts à toutes les entourloupettes imaginées par le cerveau malade de leur patron : Bob Haldeman III et John Daniel Ehrlichman III, dignes petits fils de leurs grands pères.

-         Alors Dany III, et cette putain de liste, tu l’as ?

-         Oui, Mr. le président, un moment s’il vous plait, je vais la faxer sur votre téléphone personnel…

-         Oh merde alors ! Comment ça, tu dois retourner dans ton bureau pour me la faxer ? Tu aurais pu venir directement avec la liste imprimée, non ? Tu nous faites perdre du temps là !

-         En fait, Mr. le président, je n’ai pas imprimé cette liste, je l’ai gardée secrète sur un site Internet personnel entièrement cryptographié avec la dernière technologie.

-         Oh là là ! Toi et tes technologies, tu commences à me les gonfler, hein, je veux la liste sans entrer dans les détails techniques, tu veux ma mort ou quoi ?

-         Voilà Mr. le président…

 

John Daniel Ehrlichman III manipule rapidement son portable, entre dans son mail secret, choisit le courrier reçu de son téléphone encore plus secret, joue avec quelques touches, et aussitôt le fax du président grésille et éjecte la liste attendue. Le président s’avoue vaincu devant tant de prouesses technologiques, lui qui a déjà du mal à s’en sortir avec ses mails quotidiens, et leurs maudits documents attachés qui le narguent refusant de s’ouvrir avant d’être enregistrés !

 

Dany III se charge de présenter la liste des « spécialistes plombiers » à son président, en présence du secrétaire général de la Maison Blanche.

Cette liste comprend cinq noms : George Soros III, Jim Simons III, John Paulson III, Philip Falcone III, et  Kenneth Griffin III.

 

Le président Richard Nixon III s’exclame, tout heureux de pouvoir exposer enfin ses maigres connaissances à l’assistance :

-         Ah, mais il me semble avoir déjà entendu parler de ces lascars !

-          En fait Mr. le président, vous avez entendu parler de leurs grands parents, et si vous permettez, rappelons le C.V. de chacun de ces illustres ascendants surnommés injustement à leur époque « Les Barons voleurs ». (28)

-         C’est vrai, cette putain de nation ingrate ne fait qu’insulter ses dignes fils, à commencer par mon glorieux grand père. Je t’écoute. 

 

A tout seigneur tout honneur, la liste commence par le grand père de « George Soros III », l’homme qui a déjà été choisi pour diriger cette équipe à raison de ses compétences en malversations financières internationales, de sa connaissance approfondie des arcanes des marchés de change internationaux, et le must son absence totale de scrupules.  

George Soros

Soros Fund Management

Rémunération en 2007 : 2,9 milliards de dollars

Célèbre pour avoir été celui « qui a mis à terre la Banque d’Angleterre », après avoir fait plus d’un milliard de dollars nets en pariant que la livre sterling chuterait après sa sortie du Système Monétaire Européen en 1992, cet homme de 78 ans s’en est pris au capitalisme du libre échange débridé comme étant à la racine de crise d’aujourd’hui.

 

James Simons

Renaissance Technologies

Rémunération en 2007 : 2,9 milliards de dollars

A 70 ans, le directeur de fonds spéculatif le plus cher du monde, charge 5% par an à ses clients, plus un pourcentage monstrueux de 44% sur les retours sur investissement au-delà d’un certain seuil. Son fonds fait tourner des programmes "black box" [boite noire] qui récoltent des profits minuscules sur des millions d’opérations boursières automatisées.

 

John A. Paulson

Hedge fund Paulson basé à New York.

Devenu célèbre, et richissime, avec l’éclatement de la bulle de l’immobilier, le financier américain serait derrière les attaques lancées contre la Grèce. Alors que les marchés se partageaient dans l’euphorie les actifs «toxiques» liés aux prêts hypothécaires «subprime», il avait été l’un des seuls à parier sur l’éclatement de la bulle immobilière.

En 2006, John A. Paulson réunissait un fonds spéculatif de 150 millions de dollars exclusivement basé sur ce pari. Une fois la panique générale arrivée, lorsque le prix des célèbres «credit default swaps», ces garanties destinées à couvrir les risques liés au «subprime», a explosé, on s’est rendu compte que c’est Paulson qui les détenait. Tandis que tout le reste s’écroulait, son hedge fund a vite atteint des sommets, finissant par valoir quelque 28 milliards de dollars. A lui seul, John Paulson a empoché personnellement quelque 3,7 milliards de dollars. En 2009, le magazine Forbes le classait au 33e rang des plus grandes fortunes américaines. Cette manière de courir à contre-courant a valu à Paulson l’admiration de ses pairs, au premier rang desquels, dit-on, George ­Soros, cet autre spéculateur auquel il est maintenant souvent comparé.

 

 

Philip Falcone

Harbinger Capital Partners

Rémunération en 2007 : 1,7 milliards de dollars

Cet homme de 47 ans a fait sa fortune en échangeant des obligations pourries dans les années 80. Sa firme a été fondée en 2001 et il a fait fortune l’année dernière en pariant contre les obligations hypothécaires subprime. Ses deux fonds ont réalisé en 2007 d’obèses retours sur investissement, respectivement de 114 et 176%.

 

Kenneth Griffin

Citadel Investment Group

Rémunération de l’année dernière : 1,5 milliards de dollars

L’année dernière, on a cru que ce tout juste quadragénaire aurait pu devenir l’un des plus gros joueurs mondiaux de la finance après avoir acheté un si grand nombre de fonds, de banques et de courtiers dans la détresse. A présent, il lutte pour sauver son propre fonds qui a fondu cette année de 35%.

 

L’une des techniques favorites des fonds spéculatifs était la pratique de la vente à découvert : Elle consiste à vendre au règlement mensuel une action que l’on ne possède pas et de la racheter lorsqu’elle a atteint un cours plus bas. Sur ce marché, où son cotées les plus grosses entreprises, il n’est pas nécessaire de livrer les actions ou d’en prendre possession. En fin du mois, on fait les comptes et les spéculateurs empochent leurs bénéfices ou règlent leurs pertes. En cas de pertes il est possible de demander un "report", moyennant un modique pourcentage sur les sommes en jeu. Grâce à cette technique, les fonds spéculatifs peuvent vendre en masse sur le marché des actions (qu’ils ne possèdent pas) et créer ainsi des paniques sur tel ou tel titre. C’est ainsi qu’au prétexte de jouer le rôle d’arbitre ("arbitragist"), ces fonds parviennent parfois à massacrer certaines actions, à tel point que la capitalisation boursière d’une société peut se retrouver en dessous de ses fonds propres. Une fois l’objectif atteint, les fonds rachètent en masse les titres bradés par les petits porteurs paniqués, faisant ainsi remonter les cours et empochant d’énormes bénéfices. Parfois, ils prennent le contrôle de l’entreprise. Une fois ce deuxième objectif atteint, l’entreprise peut être démembrée en se débarrassant de ses départements ou filiales les moins rentables et des plans de réduction d’effectifs sont exigés pour maximiser les profits. Voilà comment on plonge des régions entières dans le chômage en les excluant de l’activité économique et comment l’on plume les petits porteurs. (29)

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(28) http://www.alterinfo.net/les-barons-voleurs-Que-ceux-qui-ont-gagne-des-milliards-de-dollars-avec-la-crise-du-credit-levent-la-main-_a26129.html

(29)http://questionscritiques.free.fr/edito/Independent/Stephen_Foley/Soros_Paulson_Griffin_Falcone_jim_Simmons_141108.htm

 

 


Le Dollargate (13)

 

-         Ah ça non, pour un maximum de précautions je préfère que nous prenions notre repas ici, dans la chambre, même si je ne dispose pas de living room comme dans une « Central Park Suite ». D’après la publicité de l’hôtel « In-Room Dining is available 24 hours a day, simply call extension 5115 from your room ». Alors, si vous ne voyez pas d’inconvénient, je propose une Modern American cuisine. A moins que vous ne préfériez un repas à la française?

-         Non, non, aucun problème, je vous suis pour manger américain, surtout que nous allons parler des intérêts nationaux américains, non ! 

-         Justement, alors voyons voir ce que propose Kerry Hefferman, un fameux executive chef vous savez. 

-         Je vous fais confiance pour le choix du menu, il faut surtout insister sur la rapidité du service, j’ai vraiment la fringale. 

-         Alors, pour accompagner l’apéritif, je propose des « crab croquettes », puis nous commencerons par une « mushroom soup celery root », et comme entrée un plat de « poached lobster on greens avocado », puis un bon plat de résistance pour calmer définitivement votre fringale avec une « chicken roulade pearl onions, white bean purée », enfin comme dessert une délicieuse « passionfruit meringue tart ». Comme vin pour accompagner ce fameux repas, faisons confiance au chef, il est toujours de bon conseil. Cela vous convient-il comme menu ? 

-         Excellent, mais commandez vite s’il vous plait. 

-         Parfait, parfait, allons-y, vous ne serez pas déçu, tous les produits sont frais et certifiés « from the farmers, fishermen, and ranchers ». Appelons vite le 5115, et commençons le travail. 

 

Une heure après, le repas vraiment succulent avalé avec gourmandise, les deux hommes quelque peu étourdis par le vin proposé par le chef, un SAUTERNES 1985, CHÂTEAU GILETTE, savourent un espresso accompagné d’un verre de cognac Courvoisier. Pas de cigares, les deux hommes sont non-fumeurs, et de toute façon la chambre est classée No smoking.

 

-         Alors mon cher « Gorge profonde II », si vous permettez que je vous appelle ainsi afin de préserver votre anonymat, comment avez-vous pu obtenir toutes les informations que vous venez de me révéler ? Par notre bon ami George Shultz III je suppose, un homme réputé intègre, ce qui est rare de nos jours, surtout à la Maison Blanche. 

-         Effectivement, j’avais d’abord été alerté par le secrétaire au Trésor, un honnête homme comme vous dites. Et c’est lui qui m’avait avoué qu’il trouvait bizarre certaines demandes de renseignements financiers émanant de « Tricky Dick III », tout un chacun sachant que notre infâme président n’est pas du tout porté sur les chiffres. De toute façon George Shultz III vient d’être débarqué de son poste au Trésor, il va être nommé secrétaire d’Etat pour préparer à ce qu’il lui semble une couverture diplomatique pour camoufler la magouille qui se prépare au sujet du dollar.

-         Si j’ai bien compris, toute cette affaire tourne autour du dollar, notre monnaie nationale, et aussi la monnaie internationale préférentielle. Nous serions face donc à une nouvelle affaire que nous pourrions nommer le « Dollargate ».

-         Absolument.

-         Si George Shultz III  quitte son poste au Trésor, comment allez-vous suivre cette affaire ?

-         En fait, il y a une autre source d’informations grâce à laquelle j’ai pu vous communiquer les détails que ne connaissait pas George Shultz III.

-         Peut-on savoir de qui il s’agit, étant bien entendu que cette personne sera couverte aussi par l’anonymat.

-         Justement, alors appelons-là « Gorge profonde III » si vous voulez, je ne peux pour l’instant vous révéler son identité, s’agissant d’une source exerçant au sein même de la Maison Blanche, et qui a un accès direct aux informations les plus confidentielles, à l’insu même du président.

-         Ok, respectons l’anonymat de votre informateur privilégié. Pour l’instant tout ce dont nous disposons pour enclencher une enquête tourne autour des tableaux financiers demandés par le président, ainsi que son intention de former une « équipe de plombiers spécialisés en magouilles financières internationales ». Mais aucune information exacte sur le « travail » qui va être confié à cette équipe ?

-         En effet, aucune information pour l’instant, même les plus proches collaborateurs du président dans cette magouille n’ont aucune idée de ce qui se prépare. Nous en saurons plus lorsque la liste des « experts », tu parles, sera communiquée à « Tricky Dick III ». Nous resterons en contact pour le suivi de cette affaire. Vous savez que j’ai hérité de mon grand père un dégoût mortel pour toutes les affaires scabreuses, surtout si elles ont pour origine la Maison Blanche, une institution bafouée à maintes reprises. On ne respecte plus rien dans ce pays. 

-         Ok, mais comment garder le contact, je ne peux quand même pas me déplacer à chaque fois à New York, ni vous d’ailleurs, vues vos fonctions à la Maison Blanche.   

-         Ne vous en faites pas, je saurais vous contacter le moment venu à Washington, ou aux alentours, dans le Maryland par exemple. 

-         Très bien, j’attendrai de vos nouvelles, mon sentiment est que vous et moi avons le même souci : protéger notre pays des turbulences dues aux magouilles tramées par nos dirigeants, celles de nos ennemis extérieurs suffisent largement sans en créer d’autres nous-mêmes. 

 

 

 

Le Dollargate (12)

 

Ils avaient été aidés dans ces recherches par un mystérieux informateur désigné par le surnom de « Gorge profonde » emprunté au titre d’un célèbre film porno de l’époque. (25)

Ah, si son informateur de demain pouvait se révéler être un « Gorge profonde II », et lui fournir des dossiers secrets pour dévoiler je ne sais quel autre complot national ou international. Pour l’instant, c’est lui, pauvre Bob Woodward III  qui doit se créer ses propres dossiers pour suivre l’affaire qui se profile.

 

Le lendemain, Bob Woodward III  se rend au « Jumeirah Essex House » pour son rendez vous. Il est très en avance, aussi préfère-t-il se rendre à pied du siège de son journal situé à West 57th Street vers l’hôtel se trouvant au niveau de West 58th Street. Il remonte la 8ème avenue, débouche sur la 58ème rue, bifurque à droite et remonte la rue jusqu’à Broadway Avenue, continue son parcours vers la 7ème avenue. Au carrefour, il traverse à gauche et le voilà tout près de l’hôtel. Une fois arrivé, il évite la réception, discrétion oblige, et prend directement un ascenseur pour le 35ème étage où son informateur a loué pour 429 dollars une modeste chambre de 26 mètres carrées style « Central Park Queen », mais qui offre selon ses renseignements une vue superbe sur Central Parc, télescope en prime. L’hôtel compte bien 501 chambres luxueuses de différentes catégories, ainsi que 40 suites, mais apparemment les ressources financières de  « Gorge profonde II » semblent limitées. (26)

 

Bob Woodward III  est quelque peu surpris en découvrant l’homme qui vient de lui ouvrir la porte de la chambre :

-         Bienvenue mon cher ami Bobby III, permettez-moi de vous appeler ainsi même si nous n’avons pas eu le plaisir de faire connaissance auparavant.  

-         C’est vrai, nous ne nous sommes jamais rencontrés, mais je vous ai déjà vu à la télé donnant parfois des conférences de presse. Vous êtes bien W. Mark Felt III, petit fils de W. Mark Felt, directeur adjoint du FBI à l’époque de Nixon ?

-         Tout à fait exact, et j’occupe en ce qui me concerne les fonctions d’adjoint au chef du Secret Service en mission permanente à la Maison Blanche. Je suis chargé, comme vous devez vous en douter de veiller à assurer la protection du président des États-Unis d'Amérique, du vice-président, de leur famille.

-         Enchanté donc, et je suppose pour entrer dans le vif du sujet que vous devez avoir des raisons impérieuses de me contacter.

-          Exact, j’ai des informations importantes à vous révéler, en liaison avec la situation financière de notre pays. Vous n’êtes pas sans ignorer non plus que le Secret Service a pour mission aussi de lutter contre la fausse monnaie et la fraude financière. (27)

-         C’est vrai, mais dites-moi, vues vos fonctions officielles à la Maison Blanche, vous ne prenez pas quelques risques en contactant un journaliste pour lui communiquer des informations qui pourraient peut-être compromettre la sécurité du président des Etats-Unis ?

-         Non pas du tout, la sécurité de ce bâtard de président, qui ne vaut pas mieux que son grand père, n’est nullement en cause. Il s’agit de magouilles financières qui se trament à la Maison Blanche, et ce sont ces manœuvres frauduleuses qui risqueraient elles, si elles se réalisaient, de mettre en péril tout notre système économique. Ce qui est en jeu ce n’est plus la sécurité d’un bâtard, j’ai nommé « Tricky Dick III », mais celle de toute une nation, et même celle de nos alliés occidentaux et de nos partenaires asiatiques. Voilà de quoi il s’agit.

-         Oh  là là, cette affaire risque de nous entraîner très loin si elle a des ramifications internationales.

-         Tout à fait, mais avant d’aller plus loin, il vaut mieux commander quelque chose pour notre déjeuner.

-         Avec plaisir, je viens de faire une belle trotte à pied depuis la 57ème rue, et j’ai vraiment « l’estomac dans les talons » comme disent les Français ! Mais je pensais qu’on pourrait s’attabler dans l’un des restaurants de l’hôtel, non ?

 

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(25) «Deux journalistes du Washington Post, Carl Bernstein et Bob Woodward, enquêtent sur l’affaire du Watergate. L'identité de leur informateur « Gorge profonde » n’était connue que des deux journalistes et leur rédacteur en chef de l'époque, Benjamin Bradlee. La véritable identité de Gorge profonde est finalement révélée par le magazine américain Vanity Fair du 31 mai 2005. Il s'agissait de W. Mark Felt, directeur adjoint du FBI sous Richard Nixon. Bob Woodward raconte qu'il connaissait Mark Felt  depuis 1970, et que les relations entre le FBI et la Maison Blanche s'étaient sérieusement dégradées. Il a également été fait mention du dégoût de Felt  pour les méthodes de l'équipe de Nixon et de son dépit de ne pas avoir été nommé à la tête du FBI à la mort de John Edgar Hoover. »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Scandale_du_Watergate#Le_myst.C3.A8re_de_l.E2.80.99identit.C3.A9_de_.C2.AB_Gorge_profonde_.C2.BB

 

(26) «Built in 1931, the Essex House is a well-known feature of Manhattan, recognized throughout the world as a model of graceful elegance and art-deco sophistication. Jumeirah Essex House continues the tradition offering a refined haven on Manhattan's Central Park South, overlooking lush greenery and set against breathtaking New York City skyscrapers”

http://www.jumeirah.com/en/Hotels-and-Resorts/Destinations/New-York/Jumeirah-Essex-House/ 

 

(27) http://fr.wikipedia.org/wiki/United_States_Secret_Service

 

 

 

Le Dollargate (11)

 

-         En constituant une équipe de la même spécialité : la spéculation financière au niveau international, pas au niveau du Bengladesh comme dirait l’autre. Nous voulons sélectionner avec ton aide ce qu’il y a de plus solide, de plus compétent, et de plus discret dans ce genre de business. D’accord ?

-         Aucun problème.

-         Nous voulons des spécialistes qui soient de nationalité américaine de préférence, un brin de fierté nationaliste ajoutera un plus à notre entreprise.

-         Des américains spécialement, ok, ok, mais il y aura peut-être un problème à régler auparavant.

-         Lequel ? Nous écraserons tous les problèmes, tu comprends, ou on est président des Etats-Unis d’Amérique, ou on ne l’est pas. Alors de quoi s’agit-il ?

-         Certains des spécialistes que j’ai en vue pour constituer notre équipe sont actuellement, comment dire, indisponibles. Tu parles d’un euphémisme : En fait, ils sont en prison !

-         C’est tout ? Mais tu peux d’ores et déjà les considérer comme libres, nous les ferons libérer à titre provisoire pour cette mission au titre de la raison d’état. Comme c’est commode d’utiliser ce genre d’arguments pour organiser des coups fourrés. D’autres présidents avaient bien invoqué la raison d’état pour commanditer des coups d’état et des assassinats en Amérique latine et ailleurs.

-         Très bien, je reprendrai contact avec toi pour te communiquer la liste des « spécialistes », tu parles, en t’indiquant ceux qu’il faudra extirper des prisons.

-         Entendu, mais il n’est pas nécessaire de se revoir pour la liste des « spécialistes », tu parles. Tu te contenteras de me la communiquer. Je te préciserai leur mission plus tard. 

-         Mais comment te faire parvenir cette liste si on ne se revoit pas ?

-         C’est simple, tu me l’envoies par fax.

-         Quoi ? Ne me dis pas sur le fax de la Maison Blanche ?

-         Il n’est est pas question. Voilà un numéro privé sur lequel tu pourras m’envoyer la liste et toute autre information nécessaire.

-         Celui de ton domicile peut-être ?

-         T’occupe pas comme dirait l’autre (notre cher président). C’est un numéro sûr, un point c’est tout.

 

En fait de « numéro privé », il s’agit d’un cabinet particulier mis en place par John Daniel Ehrlichman III pour gérer ses affaires scabreuses, les unes pour le compte de la Maison Blanche, les autres pour son propre compte.

A l’issue de la réunion, Dany III  se rend tout droit vers son cabinet fantôme situé dans une rue discrète en plein quartier East, loin des immeubles administratifs trop fréquentés de la zone West de Manhattan.

Le lieu se présente comme une agence de prestations de services, qui en fait n’offre aucun service aux quelques rares clients qui s’y hasardent. En fait, Dany III  s’en sert pour organiser tous ses coups fourrés, dans la discrétion la plus totale, mobilisant un seul agent pour gérer l’officine occulte. Il invite gentiment son assistant à aller déjeuner afin de procéder lui-même à quelques réglages de télécommunications. Il s’agit de programmer l’une des lignes téléphoniques installées dans son agence pour la relier directement sur une adresse mail connue de lui seule, et qui lui sert à la fois de salle d’archives confidentielles entièrement codées, et de réceptacle pour certains mails. Ainsi, lorsque Georgy III lui faxera la liste demandée sur la ligne téléphonique indiquée, l’appareil n’émettra aucun son, ne réagira même pas, étant programmé pour enregistrer le message, le garder en attente, et la nuit tombée, le téléphone enverra directement le fax sur le mail secret sans garder aune trace ni de la réception, ni du renvoi du message. Plus vicieux que ça tu meurs !

Pendant ce temps, Bob Woodward III  arrive au siège New Yorkais du Washington Post, vingt quatre heures en avance sur son rendez-vous parce que son mystérieux correspondant lui avait recommandé de se documenter sérieusement avant leurs discussions. La nature des informations que le journaliste doit consulter l’oblige à se rapprocher le plus près possible de Wall Street : il est question de finances internationales. Bob Woodward III doit notamment dresser un tableau des réserves de change des principales banques centrales à travers le monde, un deuxième précisant les stocks d’or détenus par ces mêmes banques centrales. Ce n’est pas tout : il devra aussi faire des recherches sur le PIB des Etats-Unis d’Amérique, sur leur dette publique, sur les principaux créanciers de son pays, sur les interactions entre le dollar et les autres monnaies mondiales, surtout l’euro, enfin sur les différents scénarios de création d’une nouvelle monnaie pour remplacer le dollar, et sur les conséquences nationales et internationales d’une telle hypothèse.

Ouf ! Que de chiffres à aligner, que de calculs mathématiques à réaliser, lui qui a reçu une formation plutôt littéraire pour exercer son métier de journaliste. Il en vient presque à envier ses prestigieux prédécesseurs au Washington Post, Bob Woodward et Carl Bernstein, qui n’avaient pas eu à faire des recherches studieuses en matière de finances compliquées, mais tout simplement à effectuer des enquêtes de détectives pour dénouer les fils du scandale du Watergate.

 

 

 

Le Dollargate (10)

 

Son déjeuner avalé goulûment, John Daniel Ehrlichman III préfère prendre un taxi plutôt que de mobiliser le parc présidentiel à New York. Le taxieur est un nigérian bavard et sans papiers, comme le sont beaucoup de chauffeurs à New York.

 

Le même jour à la même heure, 6:00 du matin, mais cette fois-ci au Reagan National Airport de Washington, le journaliste vedette bien connu du Washington Post, Bob Woodward III  digne petit fils de son grand père Bob Woodward I (20), prend le  vol 3811 de la compagnie American Airways à destination de New York-JFK, n’ayant aucune raison de se cacher lui. A l’arrivée, il se rend directement au siège New Yorkais de son journal The Washington Post, situé 251 W 57th St, pas loin de Central Park et de son lieu de rendez vous le lendemain, le « Jumeirah Essex House », un luxueux cinq étoiles faisant partie du prestigieux groupe « Jumeirah’s luxury Hotels & Resorts  qui a son siège à Jumeirah près de Dubai, d’où il dirige des hôtels et des restaurants de classe internationale, dont le Burj Al Arab- The world’s most luxurious hotel, et d’autres places tout aussi luxueuses à Dubai, Londres et New York ».

 

Wall Street : « Wall Street est le nom d'une rue située dans le sud duborough de Manhattan à New York (États-Unis). Wall Street part à l'est deBroadway en direction de l'East River jusqu’à South Street ; elle traverse une partie du Financial District, un quartier d'affaires. Au XVIIe siècle, elle formait la limite nord de la colonie de Nouvelle-Amsterdam appartenant auxNéerlandais. Ceux-ci y avaient construit un mur fait de rondins de bois et de terre, pour se protéger des indiens Lenape et des colons britanniques. Le mur ne fut jamais mis à l'épreuve des batailles mais fut démoli par les Anglais en 1699. Avec le temps, Wall Street a fini par désigner l’ensemble du quartier ainsi que la plus importante bourse du monde, le New York Stock Exchange (NYSE). Par métonymie, l’expression renvoie aujourd’hui au monde de la finance new-yorkaise. » (21)

 

C’est dans un bar réputé, le Bar Seven Five at the Andaz Hotel (22), situé en plein cœur de Wall Street, que John Daniel Ehrlichman III a donné rendez-vous à son contact pour dresser la liste des « experts » en magouilles financières internationales. Le bar se trouve dans une position stratégique à proximité de Downtown, Financial District (Wall Street), et Financial District. Il offre à ses clients des encas pour accompagner les quantités d’alcool que consomment avec frénésie les traders qui écument le quartier, histoire de se décompresser après une journée stressante passée à fourguer des actions pourries aux naïfs à la recherche de poules d’or, tout en essayant de convertir les gains en actions rentables et sûres susceptibles de satisfaire leur clientèle régulière mais insatiable, et de piocher en passant des commissions substantielles. Il faut bien se sucrer non, d’ailleurs un proverbe arabe recommande bien au croyant de commencer par se servir lui-même ! 

-         Voyons cher ami George Soros III  (23) ce que propose le bar comme menu accompagnant les whiskys triple doses, et les gins au citron : « Cheese, olives and charcuterie pair well with potent drinks ». Parfait, commençons notre réunion. 

-         Ah, tu consommes l’alcool de bon matin ? Ok pour moi mon cher Dany III, mais c’est moi qui paie les consommations, hein !

-         Alors Georgy III, tu veux déjà me corrompre avec ces amuses gueules ?

-          Je t’en prie, relaxe-toi, c’est une façon de te taquiner pas plus, et je sais à ton air empressé que tu vas me proposer de belles affaires. De vraies affaires, parce que moi comme tu le sais, que dis-je comme toute la planète le sait, je ne traite qu’à coup de milliards de dollars en devises fortes, pas avec l’argent du Bengladesh ! (24)

-         Et bien rassure-toi, il ne sera question que de milliards de dollars et de tonnes d’or en plus !

-         De l’or ? J’aime bien traiter ce genre d’affaires avec la Maison Blanche. Alors, en quoi puis-je vous apporter mon aide ?

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(20) Premier quotidien à paraître sept jours sur sept (en 1880), le Post a toujours su évoluer pour devenir l'un des journaux mondiaux les plus influents. En 1971, sa rédaction publie des extraits des « Pentagon Papers », qui dévoilent les mensonges du gouvernement sur la guerre du Viêt Nam. En 1972, deux journalistes du Post, Bob Woodward et Carl Bernstein, révèlent le scandale du Watergate qui conduit le président Richard Nixon à la démission.

 http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Washington_Post

 

(21) http://fr.wikipedia.org/wiki/Wall_Street

 

(22) http://newyork.citysearch.com/profile/603511352/new_york_ny/bar_seven_five_at_the_andaz_hotel.html

 

(23) Né à Budapest en Hongrie en 1930, George Soros est un spéculateur milliardaire qui se rendit célèbre grâce à ses opérations de spéculation sur le marché des changes.

http://www.trader-forex.fr/bible-forex-george-soros

 

(24) Lors d’un procès pour corruption qui a eu lieu à Constantine à la fin des années 1970, le rabatteur mis en cause avait précisé que son commanditaire, un responsable de l’administration locale, ne voulait pas « d’argent du Bengladesh », c'est-à-dire des dinars algériens, mais qu’il n’acceptait que des francs français en guise de commissions. (Presse locale de l’époque)

 

 

 

Le Dollargate (9)


-          Parce que certains pays continuent à nous faire confiance en laissant leur or en dépôt, surtout au niveau de la Fed.

-          Pourquoi la Fed serait-elle plus crédible que Fort Knox ?

-          Tout simplement parce que la Fed. « est indépendante des institutions politiques, et c’est elle qui décide de manière définitive de la politique monétaire américaine ». (16)

-          Mon cul oui !

-          Sauf votre respect Mr. le président…

-          Ne vous occupez pas de mon respect, ni du votre d’ailleurs, nos dollars et notre or appartiennent aux autres si j’ai bien compris ?

-          En quelque sorte oui, pour ce qui est des dollars cela tient à notre politique inflationniste qui nous a amenés à acheter de l’extérieur tout ce dont nous avions besoin en payant en dollars imprimés sans que ces dollars en surplus ne correspondent à une vraie création de richesses. Résultat, nous faisons supporter notre déficit aux pays du monde entier qui détiennent la plus grande masse de leurs réserves de change en dollars.

-          Cela vous dérange ou quoi ? Bien fait pour leur gueule !

-          Le problème n’est pas là.

-          Il est où alors selon vous (tête de con).

-          Pardon ?

-          T’occupe pas. Où est le problème ?

-          Le problème se situe au niveau de la dette publique de notre pays qui a dépassé les 14.000 milliards de dollars (17), alors que notre PIB se situe a peine au dessus, soit 14.500 milliards de dollars (18), et ce sont nos créanciers asiatiques, européens et arabes qui supportent notre dette publique. (19)

-          C’est parfait tout ça, je vais régler toutes nos dettes à ces pays, qu’ils arrêtent de pleurnicher et vous avec.  

-          Ah bon, comment allons-nous payer nos dettes, alors que nous n’avons plus de ressources ?

-          T’occupe pas j’ai dit. Je vais vous décharger de vos fonctions compliquées de « secrétaire au Trésor », tu parles, et je vais vous nommer secrétaire d’Etat, voilà un poste plus convenable pour vos compétences, et à la hauteur des scrupules qui vous honorent.

-          Merci bien de votre confiance Mr. le président. Quelle sera ma mission principale à ce poste ?

-          Hé bein, de rassurer nos alliés et amis asiatiques, européens et arabes, de leur affirmer que notre principal souci sera de les rembourser rubis sur ongle, dans les plus brefs délais, et surtout en faisant confiance à notre belle monnaie nationale et internationale, le dollar, appelé à un bel avenir…tu parles. Alors, commencez d’ores et déjà à élaborer votre stratégie pour mettre tout ce beau monde en confiance, et leur confirmer qu’ils vont bientôt recevoir de beaux dollars en guise de dédommagement… (Ils recevront des clous, oui !).

-          Pardon Mr. le président, je n’ai pas saisi la dernière partie de votre phrase, j’ai cru entendre le mot « clou » ?

-          Ah oui, peut-être qu’il s’agit de clous qui manquent à mes chaussures. Bon ça suffit comme ça. Attendez voir, avant de partir, c’est quoi ce putain de pays classé à la dixième place avec plus de 200 milliards de réserves de change en dollars, « l’Algiré » ou je sais pas trop quoi. C’est un pays asiatique émergent comme parlent les trous du cul de Harvard et Princeton, hé je ne vous vise pas là. Vous savez moi et la géographie hein !

-          Il s’agit de l’Algérie, un pays arabe situé en Afrique du nord, disposant d’énormes ressources en pétrole et gaz, mais ne vous inquiétez pas, tout leur argent est mis en dépôt dans nos banques à faible taux d’intérêt. En fait, les dirigeants de ce pays, où règne la corruption, espèrent bien se partager ce magot au cas où ils seraient obligés de quitter précipitamment leurs postes.

-          Ah bon ! Alors ceux-là peuvent être assurés qu’ils recevront des clous, oui. Le moment venu, si une révolution quelconque éclatait dans leur pays, nous procèderons à la saisie de tout ce magot. Il sera plus utile pour les Etats-Unis que pour ces Etats barbaresques. Au travail !  

 

Le lendemain, John Daniel Ehrlichman III conseiller pour les Affaires Intérieures de Nixon III, et exécuteur des basses œuvres de son président, se rend discrètement à Dulles International Airport d’où il prend la première navette sur New York-La Guardia, à 6:00 du matin, espérant passer inaperçu sur le vol 4232 de la compagnie US Airways Express. A son arrivée à l’aéroport La Guardia une heure après, il s’installe dans une cafeteria pour prendre un bon breakfast ayant repoussé l’insipide plateau servi à bord de l’avion. Il prend tout son temps, le rendez vous avec son contact à Wall Street étant fixé à 11:00 am.

 

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(16) La Réserve fédérale (Federal Reserve System), appelée souvent Federal Reserve ou, plus court encore, Fed, est la banque centrale des États-Unis. Elle a été créée le 23 décembre 1913 par le Federal Reserve Act dit aussi Owen-Glass Act.

http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9serve_f%C3%A9d%C3%A9rale_des_%C3%89tats-Unis

 

(17) La dette publique des Etats-Unis a atteint un record historique (fin 2010) en dépassant la barre des 14.000 milliards de dollars, ont annoncé dimanche les agences américaines.

http://fr.rian.ru/economic_news/20110116/188351518.html

 

 (18) Au deuxième trimestre 2010, le PIB des USA a atteint 14 597,7 Md$.

http://www.gecodia.fr/Croissance-du-PIB-aux-Etats-Unis-Au-T2-2010-croissance-molle_a231.html

 

(19) La dette publique des Etats Unis  est supportée par des créanciers principalement japonais, chinois, européens et arabes.

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_des_%C3%89tats-Unis#Endettement

 

 

 

 

 

Le Dollargate (8)

 

Le secrétaire au trésor, George Shultz III, présente au président des Etats-Unis d’Amérique les chiffres demandés. 

Voilà Mr. le président :


Tableau des réserves de change mondiales des dix premiers pays (12) :

Rang

Pays

milliards de $

1

 Chine

1 842 713 

2

 Japon

1 030 600 

 Union européenne

   569 213 

3

 Russie

   435 400 

4

 Inde

   313 354 

5

 Taïwan

   286 860 

6

 Corée du Sud

   264 300 

7

 Brésil

   207 539 

8

 Singapour

   168 802 

9

 Hong Kong

   160 700 

10

 Algérie

149 +88 milliards dans les Fonds de régulation

Monde (somme de tous les pays) = $7 520 566 

 

Tableau des réserves d'or dans le monde  des 13 premiers pays (13) :

Rang

Pays

Or (tonnes)

1

États-Unis

8 133,5

2

Allemagne

3 406,8

3

 FMI

3 005,3

4

Italie

2 451,8

5

France

2 435,4

6

Chine

1 054,1

7

Suisse

1 040,1

8

Russie

775,2

9

Japon

765,2

10

Pays-Bas

612,5

11

Inde

557,7

12

BCE

501,4

13

Taiwan

423,6

Monde

                                                                                 30 562,5

 

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(12+13) Il s’agit en fait des chiffres de 2009-2010 :

 http://www.fondssouverains.com/article-31449623.html


Le président se sent mal à l’aise devant ces tableaux compliqués et cet alignement de chiffres à interpréter, lui qui se sent plus dans son élément en politique sournoise  qu’en mathématiques merdiques !

-          Bordel de merde, c’est quoi ces putains de tableaux, vous voulez ma mort ou quoi ?

-          Mais Mr. le président, vous m’aviez bien demandé, je vous cite : « les réserves de change en dollars conservées dans les banques centrales à travers le monde, puis l’inventaire des stocks d’or détenus par ces mêmes banques centrales ».

-          Oui, mais moi je n’ai pas demandé de formules mathématiques, et des chiffres à la mort-moi la queuleuleu avec tous ces pays alignés me narguant avec leur putains de richesses !

-          Que vous faut-il Mr. le président pour simplifier les choses ?

-          Tout simplement la masse de dollars qui circule hors des Etats-Unis, et le total de stock d’or détenu hors de notre pays, c’est aussi simple que cela. Ayez pitié de mon pauvre cerveau, je ne suis pas passé par Harvard et Princeton moi. Parlez-moi tomates et oignons, je comprends mieux. (14)

-          Bon voilà Mr. le président pour faire simple : 80% des dollars sont conservés dans les banques centrales étrangères, nous sommes mal classés à vrai dire, à la 21ème place…

-          (Je le sais déjà mon couillon)

-          Pardon Mr. le président, j’ai mal entendu ?

-          Continuez, et ne chercher pas à entendre ce que je murmure parfois…

-          Bon, pour ce qui est de l’or, nous sommes mieux nantis puisque nous sommes classés à la première place : 27% des stocks d’or sont conservés ici, aux Etats-Unis, en partie à Fort Knox (15), soit 4.000 tonnes, le reste à la Réserve Fédérale de New York, soit 4.133 tonnes.

-          Ah, c’est bien ça !

-          En fait, cet or ne nous appartient pas en totalité.

-          Pourquoi ça ?

 

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(14) En Algérie, durant les années 1970, le ministre de l’éducation embarrassé par les statistiques qu’on lui présentait où il était question de « courbe de gauss, d’hyperbole, et de z-score » avait invité fermement ses collaborateurs à traduire leurs tableaux en langage accessible, citant les tomates et les pommes de terre, produits agricoles frappés de pénurie à l’époque !

 (15) Fort Knox est surtout connu dans le public grâce au U.S. Gold Depository du Département du Trésor des États-Unis qui abrite la réserve d'or des États-Unis depuis 1937, autrefois la plus importante du monde- mais d'une importance maintenant inférieure à celle de la réserve fédérale de New York..

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fort_Knox

 

 

Le Dollargate (7)

Je dois reconnaître que cet enfoiré a fini par me suggérer des idées lumineuses pour sauver notre monnaie, en épongeant nos dettes, et en réalisant des bénéfices de surcroît ! Comme son compatriote de Karl Marx, un autre farfelu dont les idées avaient abouti à recréer une société à deux classes en Russie, les Apparatchiks d’un coté et le peuple de l’autre, alors que lui proposait le contraire : fondre toute la société en une seule classe. Hé mon con de communiste, tu n’avais pas intégré dans ton torchon intitulé « la capitale ou le capitole » je ne sais plus, le coté vicieux des hommes qui ne rêvent que de se baiser les uns les autres. 

Il est temps de passer à l’action. Hé George Shultz III de mes deux, tu viens avec tes saloperies de chiffres oui ou non ! Ce n’est pas d’un diplômé de Harvard et de Princeton dont j’ai besoin moi pour gérer nos finances, mais d’une tenancière de maison close, vieille prostituée qui en a vu et surtout fait d’autres, prête à frapper tous les coups fourrés sans me poser de questions.

Le président prend le téléphone:

-          Bob III (10), viens vite avant que je ne perde le fil de mes pensées, tu sais que mon pauvre cerveau a souffert ce matin.

-         Oui Mr. le président, à votre service.

-         Relax relax, mon cher Bob III. Sers-nous d’abord des triples scotchs, celui qui m’avait été offert par le Duc de mes deux…

-         En effet, c’est un bon whisky, le Duc d’Edinburgh connaît bien nos habitudes.

-          C’est ça, et pour le remercier lui et sa …, j’ai préparé un beau cadeau qui va ébranler leur satané pound qui ne veut pas mourir, plus fier que les Anglais avec leur monnaie, tu meurs.

-         Quel cadeau Mr. le président ? Peut-être puis-je contacter l’ambassadeur du Royaume Uni pour lui demander ce qui plairait à la Reine d’Angleterre.

-         Te fatigue pas, ces lords et tutti quanti ne sont plus de notre temps. J’ai déjà choisi mon cadeau, et contente-toi de suivre à la lettre mes instructions.

-         Bien Mr. le président.

-         Appelle notre ami  John Daniel Ehrlichman III  (11), et préparez-moi une liste d’experts en transactions financières pour une opération internationale.

-         Ah, je pense que l’on pourrait déjà y inclure George Shultz III le secrétaire au Trésor, et notre bon ami Henri Kissinger III fin connaisseur des relations internationales comme son défunt grand père. 

-         Et pourquoi pas le Pape Jean Paul III pendant que tu y es ? 

-         Enfin, je croyais…

-         Il nous faut une équipe spéciale, experte dans les entourloupettes financières. Si je t’ai demandé de contacter John Daniel Ehrlichman III pour dresser la liste de ces experts, c’est bien parce que c’est lui qui entretient des contacts avec les milieux de la pègre et des coups tordus. Tu lui diras simplement de chercher dans sa liste de maquereaux et de proxénètes, des « plombiers » experts en magouilles financières, de vrais professionnels, pas des minables comme ceux qui avaient coulé mon grand père. Nous pouvons lui faire confiance à Dany III, ce digne rejeton de son grand père qui n’a rien avoué, et qui a écopé de 18 mois de prison pour protéger mon propre grand père Nixon I. Voilà la fidélité !

 

Entre-temps, le secrétaire au trésor arrive…enfin !

-         Mes excuses Mr. le président pour avoir tardé quelque peu, je voulais vous présenter des informations à jour, les plus précises possibles, sachant que la finance internationale est instable par définition, et très nerveuse ces jours-ci après cette arnaque qui a coûté 100 milliards de dollars aux banques centrales du monde entier.

-         Ok, ok, nous allons voir tout ça. Bon tu peux disposer Bob III, et je te rappelle qu’il nous faut de vrais professionnels, purs et durs comme notre ami ci-présent George Shultz III.

-         Merci beaucoup Mr. le président pour votre élogieuse appréciation…

-         (Mon cul oui !)

-         Pardon Mr. le président, j’ai mal entendu.

-         Bon ça suffit les salamalecs et les compliments, donnez-moi ces putains de chiffres.

-         Voilà Mr. le président :

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(10) Bob Haldeman fut secrétaire général de la Maison Blanche durant la présidence Nixon.

(11) John Daniel Ehrlichman fut conseiller pour les Affaires Intérieures de Nixon, et exécuteur des basses œuvres de son président : il fut le chef d’équipe des « plombiers » du Watergate.

 

 

 

 

 

 


Le Dollargate (6)

 

« Au fil des décennies, le Bureau ovale est devenu le lieu symbolisant le pouvoir du président des Etats-Unis. Sa forme et son emplacement, à l'angle sud-est de l'aile Ouest, datent de 1934, lors de la présidence de Franklin D. Roosevelt, qui en fut son premier occupant. Le président Barack Obama, 44e président des États-Unis, est le 13e président à occuper le bureau ovale dans son emplacement actuel.

« Le bureau ovale est en rez-de-jardin et possède quatre accès. La porte-fenêtre Est (bordée par deux portes-fenêtres plus petites) ouvre sur la colonnade, qui relie l'aile Ouest à la Résidence exécutive (Executive Residence, le corps central, résidentiel et historique de la Maison Blanche) et sur la roseraie. La porte Ouest ouvre sur un couloir qui mène à un petit bureau privé et à une salle à manger à l'usage du président (cette porte est entourée de deux niches-bibliothèques répondant aux deux niches d'en face qui abritent les deux petites portes-fenêtres latérales), la porte Nord-Ouest ouvre sur le couloir principal de l'aile Ouest, face à la Roosevelt Room, c'est par cette porte qu'arrivent en général les officiels reçus dans le bureau ovale. La porte Nord-Est enfin ouvre sur le bureau du secrétariat du président. Ces deux dernières portes sont dissimulées dans le mur.

« Sous le bureau ovale, se trouve la partie du sous-sol occupée par le Secret Service et non loin la Situation Room, une salle d'opérations d'où le président américain suit le déroulement des situations problématiques pour la sécurité du pays. Ce sous-sol n'est pas bunkérisé, le bunker de la Maison Blanche se trouve sous l'aile Est. » (3)

 

 Tricky Dick III se remémore le coup fumant joué par son grand père aux banques centrales de ses alliés qui en étaient venues à posséder une masse de dollars supérieure à celle des Etats-Unis. Un comble !

« C’est le 15 août 1971 que le président Richard Nixon décide l’inconvertibilité du dollar par rapport à l’or, suite aux tensions permanentes sur cette monnaie. Cette décision est prise sans consulter les partenaires (autres pays occidentaux et Japon). Elle s'explique par le danger sérieux et croissant que les autres pays exigent la conversion en or de leurs excédents de dollars, puisque le dollar était convertible en or, tout au moins dans les échanges entre banques centrales. Avec ce « diktat » américain le système de Bretton Woods entrait en agonie, puisque la valeur de chacune des monnaies y était déterminée par référence à un poids d'or. » (4) 

Bien joué papy, tu l’as enfoncé jusqu’à l’os. Ho, vous deux great papy et great mamy du calme hein ! Je vous irrite les oreilles avec mes jurons ? Mais c’est mon franc parler, tiens, pas le style hypocrite de ces prétentieux intellos de la cote Est genre Henry Kissinger III, mon propre conseiller, Arthur Meier Schlesinger Jr. et John Kenneth Galbraith, conseillers en leur temps de cet idéaliste coureur de jupons de John Kennedy, et autres trous du cul diplômés de Harvard, Princeton, et que sais-je encore. Alors, retournez dans vos tombes, et ne me cassez pas le …hein ! 

 Tricky Dick III reprend la lecture d’une étude intéressante « L’escroquerie monétaire mondiale » (5) sortie tout droit de la tête fumeuse d’un illuminé allemand au nom compliqué Eberhard und Eike Hamer, certainement un pédéraste comme le sont la plupart des théoriciens de cette maudite cote Est des Etats-Unis infestée d’intellectuels à la mort-moi le rikiki ! (6)

Cet illuminé croyait pouvoir nous empoisonner l’existence en affirmant que: « la Réserve Fédérale est une banque privée aux mains des deux plus puissants groupes de la haute finance qui en abusent à leur profit en provoquant une surabondance de masse monétaire en dollar. La bulle spéculative qui en résulte doit se résorber soit par la faillite des grandes banques soit par une inflation grandissante des prix des biens. La crise économique commencée en 2008 est prétexte pour les deux groupes dominants de la haute finance pour procéder à une concentration bancaire. » (7)

Tu vas voir mon salaud comment je vais te donner raison, en exploitant ton étude dans le sens contraire que tu proposes ! Reprenons tes arguments petit con et donnons leur une autre signification :

« La manipulation actuelle des systèmes de la monnaie et des changes constitue le scandale le plus important et aux conséquences les plus marquées de notre époque. Pour la première fois, l’escroquerie monétaire atteint des dimensions mondiales, car elle a lieu sur toute la planète, elle ne peut plus être contrôlée, arrêtée ou empêchée par aucun gouvernement et elle a même lieu de manière formellement légale, conformément à des lois nationales désuètes…Les billets sont imprimés sans arrêt et leur valeur diminue continuellement en raison de leur augmentation constante. »

En voilà une idée intéressante mon salaud, « imprimer des billets sans arrêt » je vais te prendre au mot là !

 « Le dollar, monnaie privée de la Fed, domine déjà le monde de par sa masse monétaire. Plus de 75% de la monnaie mondiale sont des dollars ».  

Bien dit mon crétin, mais moi je veux savoir combien de dollars sont conservés aux Etats-Unis, et combien se promènent à l’extérieur. Je vais tous les baiser, tu vas voir espèce d’illuminé ! Alors George Shultz III de mes couilles, tu viens avec ces putains de chiffres ?

« Ainsi, l’or du monde s’est de nouveau concentré, comme avant la première crise économique mondiale, chez les propriétaires de la Fed, de sorte qu’un système de l’étalon-or ne pourrait être réinstauré que conformément à leur volonté et qu’ils feraient l’affaire du siècle du simple fait d’une réforme monétaire entraînant une nouvelle fixation du prix de l’or (Greenspan: «peut-être jusqu’à 6000 dollars»). »

Tiens, tiens, une autre idée intéressante qui me vient en lisant ce torchon, un bon polar, ou un porno auraient été plus excitants, mais concentrons-nous sur notre travail de président des Etats-Unis au service de cette putain de nation ingrate qui avait osé foutre à la porte mon grand père, un génie méconnu, descendu en flèche pour le Watergate (8), une simple virée au club des  démocrates, ces soi-disant Mr propre, je t’en foutrais au postérieur du pas propre oui !

« En augmentant sans scrupules la masse des dollars, la haute finance des États-Unis s’est procuré des liquidités illimitées, qui lui permettent d’acheter le monde entier….Toutefois, le débiteur que sont les États-Unis décide lui-même dans quelle mesure il plumera finalement ses financiers par une dévaluation officielle du dollar et se débarrassera de son endettement à leurs frais. L’étranger, qui détient 80% des dollars, subira surtout les effets de la dévaluation de cette monnaie. »

Oh les faux amis, ainsi ils détiennent 80% de nos dollars ! Hé George Shultz III, où es-tu, pas en train de te mast…j’espère, j’ai déjà mon premier chiffre, mais j’attends les détails moi. Quant à toi mon salaud d’allemand, continue sur cette voie, comme tu m’intéresses, je vais te baiser en exploitant ton torchon, et baiser surtout ces pleurnichards du monde occidental, soi-disant nos alliés qui ne rêvent que de nous enfourcher dans leurs chambres à coucher. N’es-ce pas ce faux frère de canadien qui a déclaré le premier que la loi ou l’Etat, je ne sais plus, n’a pas sa place dans les chambres à coucher ? (9)

 « Toutes les banques centrales étrangères sont remplies de dollars pourris. Si ceux-ci sont subitement dévalués, plus des trois quarts du dommage toucheront les banques centrales, les banques, les États et les opérateurs hors des États-Unis…Une nouvelle monnaie permettrait de dévaloriser les anciennes dettes monétaires et, partant, de spolier les créanciers détenant encore de cette monnaie. »

Oh la merveilleuse idée que tu me donnes là mon couillon. Emettre une nouvelle monnaie au lieu et place du dollar, avec la cotation que je déciderai, et qu’ils aillent se torcher le cul avec les anciens dollars pourris !

« Les créanciers détenteurs d’ancienne monnaie spoliés, le jeu a profité aux émetteurs de monnaie privée. L’État fédéral américain surtout se débarrasserait ainsi de ses dettes: l’endettement envers l’étranger, qui atteint actuellement 5200 milliards de dollars, ne se chiffrerait alors qu’à 2600 milliards d’euro-dollars, soit une dévaluation de 50%. Les détenteurs d’anciens dollars seraient les principales victimes, les montants qu’ils détiennent étant dévalués de 50, voire de 90%. Les banques centrales de Chine, du Japon et d’Europe, qui détiennent d’importantes réserves monétaires en dollars, en pâtiraient particulièrement. »

Tu ne crois pas si bien dire pédé d’intellectuel de mes couilles. Ainsi tu croyais qu’avec ton étude à la con tu allais nous démasquer ! Mais je vais te faire voir comment un bouseux pas intellectuel pour un sou va te l’enfoncer jusqu’à l’os, et baiser tous ces jaloux de soi-disant alliés prêts à te poignarder dans le dos comme Judas dénonçant Jésus, ce pauvre naïf. « Pardonner à ses ennemis », mon cul oui.

Bon, la lecture y en a marre, mes yeux sont fatigués, si c’était un polar angoissant ou un porno excitant, je ne dis pas, mais pas cette merdique d’intello soi-disant sérieuse qui vous oblige à vous torturer des méninges au format déjà pas développé comme ceux de ces pédé intello de la cote Est !

 

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(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Bureau_ovale

(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Dollar_am%C3%A9ricain 

(5) http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Escroquerie_Monetaire_Mondiale.htm

(6) Désolé pour ce langage vulgaire, mais c’est comme cela que s’expriment en privé certains présidents véreux des Etats-Unis et d’ailleurs peu soucieux de moralité dans le propos et dans les agissements.

(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Eberhard_Hamer

(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Scandale_du_Watergate

(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/Phrase_historique

 

 

 


 Le Dollargate (5)

 

La Maison Blanche, Bureau ovale.

Le président des Etats-Unis d’Amérique est furieux. Il explose au téléphone :

-   Alors comme ça, on se fait rouler dans la farine !

-   Malheureusement, Mr. le président…

-   Comment ça « malheureusement », vous ne pouviez pas l’éviter cette arnaque !

-   C’était difficile d’imaginer que nous pouvions être « roulés dans la farine » par un chef d’état allié des Etats-Unis…

-   Et alors, allié ou pas il fallait se méfier de tout le monde, à commencer d’ailleurs par nos alliés, surtout les Européens, en particulier ces sournois de français qui continuent de rêver d’indépendance et de grandeur depuis De Gaulle. Alors, se faire avoir par un minable pseudo chef d’état d’Amérique centrale, que dis-je un trois quart de président comme dirait l’autre, c’est un comble !

-   Justement, c’est là que nous nous sommes faits piégés, jamais nous n’aurions imaginé un coup pareil de la part d’un « petit » chef d’état…

-   Vingt cinq milliards de dollars de perdus, partis en fumée on ne sait où, en échange de sable et de vent ! Mais je vais les récupérer moi ces vingt cinq milliards de dollars, et au quintuple même, on n’a pas surnommé mon grand père « Tricky Dick » (1) pour rien ! Je ne suis pas du même acabit que ce poupon de Jimmy Carter III auquel j’ai succédé. Je ne suis pas une couille molle moi.

-   Sauf votre respect Mr. le président, comment allez-vous faire pour récupérer cet argent « au quintuple » ?

-   Ce n’est pas votre problème mon cher « secrétaire au trésor », tu parles. Je m’en occupe personnellement. De votre coté, saisissez le FBI et la CIA, et veillez à lancer un mandat d’arrêt international contre ce filou de trois quart de président. Remuez ciel et terre pour le retrouver, mort ou vif.

-   Plutôt vif Mr. le président, afin de récupérer notre argent, il s’agit quand même de vingt cinq milliards de dollars.

-   Ne vous en faites pas, il n’aura que son équivalent en papier chiffon à dépenser.

-   Je ne comprends pas Mr. le président, notre argent n’est pas du papier chiffon.

-   Ecoutez-moi bien George Shultz III (2), je vous répète que ce n’est pas, ce n’est plus votre problème. Je vous charge d’une dernière mission en votre qualité de « secrétaire au Trésor », tu parles, et vous avez tout intérêt à la mener à bien si vous voulez une reconversion plus conforme à vos aptitudes « d’honnête citoyen ». Pour le poste de responsable de la politique des finances aux Etats-Unis, il faudrait d’autres capacités que les vôtres ou celles de votre grand père : Diplômés tous les deux en économie de l'Université de Princeton et du Massachusetts Institute of Technology de Boston ! Mon cul oui !

-   Oh ! Enfin à vos ordres Mr. le président.

-   Voilà, dressez-moi deux listes : d’abord la masse monétaire en dollars à travers le monde, ou plus exactement les réserves de change en dollars conservées dans les banques centrales à travers le monde, puis l’inventaire des stocks d’or détenus par ces mêmes banques centrales.

-   Bien Mr. le président, nous disposons bien de ces statistiques, mais nous allons les mettre à jour. Et après, Mr. le président !

-   Contentez-vous de cette mission, et attendez votre reconversion, le reste ne relève plus de votre champ de compétence, mais de celui des « Tricky».

-    ????

 

Le président Richard Nixon III raccroche brutalement le téléphone, non sans proférer en même temps un gros juron coutumier des bas fonds de Harlem-New York certes, mais qui aurait horrifié ses arrières grand parents Francis Nixon et Annah Milhous, des quakers pratiquants : « pas de boissons alcoolisées, pas de soirées dansantes et défense d'utiliser des jurons ». Et puis quoi encore ? De nos jours, tous ces salamalecs sont synonymes de faiblesse. Dans ce monde impitoyable il faut se montrer dur, exhiber ces muscles, ses canines, et ses travers vicieux si l’on veut se faire respecter !

Le président Richard Nixon III, surnommé « Tricky Dick III » en souvenir de son grand père, s’enfonce dans son fauteuil présidentiel, se laisse aller à ses prochains coups fourrés tout en jetant un regard morne sur le bureau ovale, symbole de la puissance américaine.

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(1) C'est durant la campagne électorale de 1950 pour un siège de sénateur  qu'un petit journal donne à Richard Nixon un surnom qu'il conservera toute sa vie : « Tricky Dick » (Richard le roublard).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Nixon

(2) George Pratt Shultz fut secrétaire au Travail de 1969 à 1970, puis secrétaire au Trésor de 1972 à 1974 sous le mandat du président Richard Nixon.  

 http://fr.wikipedia.org/wiki/George_P._Shultz

 

 

Le Dollargate (4) 

 

-       25 milliards de dollars pour chaque pays !

-       Quoi, c’est une somme énorme, vous pensez que vos clients vont débourser ce montant astronomique ?

-       Vous inquiétez pas, il faudra arriver à ce résultat graduellement en commençant par demander 40 milliards de dollars cash, plus 10% de royalties sur la production annuelle.

-       Et après, comment arriver à conclure à 25 milliards de dollars cash ?

-       C’est là qu’il faudra les mettre en concurrence : les Américains avec les Russes, et les Européens avec les Chinois.

-       Nous n’avons pas encore saisi comment les mettre en concurrence ?

-       C’est simple, il vous faudra organiser des « fuites » contrôlées pour insinuer aux uns et aux autres que vous avez reçu des offres intéressantes de leur rival qui se rapprochent de vos exigences, et les faire lanterner quelque peu, pour faire vrai, mais pas trop quand même.

-       Et après ces tergiversations ?

-       Vous pourrez alors céder les gisements en toute propriété pour un montant définitif de 25 milliards de dollars cash, en renonçant aux 10% de royalties annuelles. 

-       Et pour la signature du contrat, devons-nous faire intervenir de nouveau les ambassadeurs ?

-       Pas question, les contrats seront signés par moi-même dans mon bureau dans la discrétion la plus totale, sans la présence des médias ni autres témoins, soi-disant pour ne pas offusquer le rival éconduit.

-       Et le paiement ?

-       He bein, il leur sera donné des instructions précises pour procéder à des virements électroniques sur des comptes anonymes, numérotés, dans des banques localisées en Suisse, et dans les Caraïbes. Les transferts seront réalisés avant signature des contrats.

-       Et ces gouvernements ne vont pas poser ou se poser des questions sur le pourquoi des transferts anonymes, alors qu’il existe une banque centrale dans ton pays ?

-       Quelle banque centrale ? La nôtre gère un budget de quelques millions de dollars à peine, et ils comprendront très bien que nous ne pouvons confier de telles sommes à un organisme financier de la taille d’une simple agence bancaire dans leurs pays.

-       Bon, tout ça est très bien, mais comment accéder à ces comptes anonymes et numérotés dans des banques étrangères loin de ton pays ? Comment percevrons-nous nos parts ?

-       Les banques recevront des instructions pour permettre l’accès aux comptes à toute personne se présentant avec un simple numéro de passe, sans besoin de décliner une identité quelconque. Chacun de vous aura donc son propre numéro de passe pour accéder à une partie de chaque compte.

-       Et combien sera la part de chacun ?

-       50% pour moi, je suis bien le président de cet état, et l’organisateur de toute l’opération, et 12.50% pour chacun des conseillers financiers.

-       Tu es bien gourmand, mais pourquoi le conseiller chinois, dernier arrivé percevra-t-il le même montant que nous qui sommes mobilisés à tes cotés depuis ton accession à la tête du pays.

-       Ah ah ah, je m’attendais bien à cette répartie. D’accord, votre collègue chinois ne sera intéressé que pour 5% du montant et c’est déjà beaucoup pour lui, et vous aurez 15% chacun. D’accord ?

-       Tout à fait d’accord.

-       Alors au travail, sans plus perdre de temps, la fortune nous attend dans de belles îles ensoleillées toute l’année.

 

 

 

A la Une de la presse internationale :

 

« Gigantesque escroquerie internationale qui a affecté les Etats-Unis d’Amérique, l’Union Européenne, la Russie et la Chine ! » 

« Batista III et ses conseillers financiers disparaissent dans la nature avec un magot de 100 milliards de dollars ! »

 

« Les Etats-Unis héritent du pays le plus pauvre de la planète ayant une dette de 100 milliards de dollars ! » 

« Pays à vendre au plus offrant ne trouve pas preneur ! »

 

 

Rebondissement dans l’escroquerie du millénaire :

 

« Les complices de Batista III, ses conseillers financiers, réapparaissent au grand jour. Ils ont été escroqués à leur tour par Batista III qui a gardé pour lui tout seul les 100 milliards de dollars ! »

 

  

Le Dollargate (3)

 

-  Quoi, les principales puissances du monde, tu veux nous expédier en enfer ou quoi ?

-  Ne vous inquiétez pas, je veux vous expédier dans des îles paradisiaques y finir vos jours une fois l’opération terminée.

-  Explique-nous comment tu comptes opérer cette incroyable arnaque, qui sera effectivement «l’affaire du millénaire » si elle réussit.

-  Elle réussira, j’en suis convaincu connaissant la rivalité féroce qui oppose les principales puissances du monde dans le domaine de la maîtrise des sources d’énergie, synonyme de stabilité et de prospérité économique.

-  D’abord, explique-nous comment comptes-tu faire pour vendre aux Chinois leurs propres gisements du Qiantang, et aux Américains le pétrole et le gaz d’Arabie Saoudite alors qu’ils sont présents dans ce pays depuis 1933 avec la SOCAL (Standard Oil of California), devenue en 1944 l’ARAMCO (Arabian American Oil Company) ?

-  C’est simple, il faut proposer aux Chinois les cartes des gisements de pétrole arabe qu’ils ne connaissent pas, et aux Américains les cartes chinoises !

-   Et que proposeras-tu à l’Union Européenne et à la Russie ?

-   He bein, il faudra mettre tout ce beau monde en concurrence : proposer aux Russes les cartes chinoises pour les mettre en concurrence avec les Américains leur éternel rival, et aguicher les Européens avec les cartes arabes pour les inciter à contrecarrer les appétits chinois qui ne leur laissent pas une miette dans le monde arabe.

-   Mais comment faire des propositions officielles au nom de ton pays, mais à l’insu de ton gouvernement ?

-   Il faudra agir dans la discrétion la plus absolue, mais pour donner un cachet officiel à ces propositions commerciales, je compte bien utiliser mes ambassadeurs en poste à Washington, Bruxelles, Moscou et Beijing.

-   Mais ils vont immédiatement en informer leur ministre de tutelle, lequel rendra compte au chef du gouvernement.

-  Pas du tout, chacun de nos ambassadeurs mobilisés pour cette opération recevra un courrier présidentiel ultra confidentiel, pour l’informer des découvertes miraculeuses de pétrole de gaz dans notre pays, et qu’il lui est demandé d’observer la plus grande discrétion en particulier vis-à-vis du ministre des affaires étrangères qui n’est pas du tout aimé dans notre corps diplomatique, c’est le moins que l’on puisse dire de lui. Et chacun d’eux recevra une indemnité personnelle conséquente pour couvrir ses frais personnels en ces temps d’austérité pour tous nos fonctionnaires. 

-    Revenons à notre rôle dans toute cette opération, où allons-nous être affecté ? 

-   Chacun de vous sera affecté dans le pays le plus indiqué pour son efficacité : Jérôme Kerviel III à Washington, Bernard Madoff III à Beijing, et Claude Lipsky III à Moscou.

-   Et à Bruxelles, tu comptes affecter qui ? Il vaudrait mieux que ce ne soit pas un Européen qui soit visible de loin comme un loup blanc !

-   Ce sera un Chinois, Lai Changxing III (9), illustre descendant du « plus grand escroc chinois » tel que l’avait qualifié à l’époque la presse canadienne. Je l’ai déjà contacté, et il se présentera demain matin pour recevoir ses consignes lui aussi. Je vous mettrai en contact avec lui pour une bonne coordination de cette opération.

-   D’accord, mais il reste à définir les rôles respectifs de vos ambassadeurs, les informaticiens spécialisés dans le traitement des images, et les conseillers financiers que nous sommes.

-    Un principe de base : ni les ambassadeurs, ni les informaticiens ne devront connaître l’ensemble de cette affaire. Les ambassadeurs seront chargés d’introduire le dossier auprès des autorités concernées pour donner à cette affaire un caractère officiel au nom de notre pays. Et après, ils devront se retirer sous prétexte que les suites techniques et financières ne les concernent pas. Vous serez à leurs cotés pour entamer les discussions, avant qu’ils ne se retirent.

-     Et les informaticiens ?

-     Ils ne doivent en aucun cas être présents lors de ces discussions préliminaires. Il ne sera fait appel à eux qu’au moment des discussions techniques, en votre présence, pour convaincre les parties adverses de la véracité technique des découvertes des gisements en exhibant les photos aériennes et les cartes du SIG (10) qu’ils auront traitées au préalable. Après quoi, ils se retireront définitivement, percevront leurs chèques et disparaîtrons dans la nature, en restant à disposition le cas échéant.

-   Si nous avons bien compris, les conseillers financiers seront présents tout au long du processus, mais que les ambassadeurs et les informaticiens n’interviendront, séparément et à tour de rôle en notre présence, que pour les aspects diplomatiques et techniques seulement.

-     Exactement, il vous revient de conclure cette affaire par le coté financier qui est de votre ressort, et il sera fait appel aux dons de manipulation que vous ont légué vous glorieux grands-pères !

-     Très bien, et quelle forme devra prendre l’offre à proposer, et quelle somme devons-nous fixer pour la finaliser ?

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(9) La saga de Lai Changxing - Le Canada livre à la Chine le plus grand escroc chinois

http://www.ledevoir.com/societe/justice/4580/la-saga-de-lai-changxing-le-canada-livre-a-la-chine-le-plus-grand-escroc-chinois

(10) SIG : Système d’information géographique.

 

 

 

Le Dollargate

(2)

 

-          C’est vrai, sauf que pour ton peuple la situation est la même, de plus certains de tes compatriotes prétendent que la maffia américaine a été remplacée par la maffia européenne ! 

-          Que dis-tu là ! Et de toutes façons tout un chacun sait que la maffia américaine est composée pour l’essentiel de familles siciliennes donc européennes. 

-          Ok, ok, nous nous perdons dans les dédales de l’histoire là, mais ce n’est pas notre job. Tu nous as convoqués pour les affaires du présent non ? 

-          Voilà, j’y viens. Tirant les leçons du passé, et vu que nous ne pouvons plus rien tirer de notre peuple comme vous l’avez relevé vous-même, il est grand temps de réaliser notre « affaire du millénaire » puis de disparaître dans la nature. De nouvelles identités et de nouveaux passeports ont déjà été préparés pour chacun de nous. 

-          Ah bon, tu comptes quitter ton pays après ton « affaire du millénaire »?   

-          Et que crois-tu, rester là à attendre l’apparition de Fidel Castro II pour me dépouiller de tout et me mettre en prison ? 

-          Bon allons-y, c’est quoi cette « affaire du millénaire » comme tu la nommes ? 

-          Eh bein, il s’agit de vendre au plus offrant nos « gigantesques réserves de pétrole et de gaz » ! 

-          Mais de quoi tu parles-là ? Depuis quand y a t-il de « gigantesques réserves de pétrole et de gaz » dans ton pays, alors que tu ne produis pas un litre de pétrole ? Tu es obligé d’importer des USA tous tes besoins, et en premier lieu l’essence pour faire circuler ton parc automobile ! 

-          Mais enfin, c’était avant nos dernières découvertes de « gisements de pétrole et de gaz » parmi les plus importants au monde. Désormais, nous sommes en mesure de rivaliser dans ce domaine avec l’Arabie Saoudite, l’Irak, et l’Iran. 

-          C’est quoi cette histoire, tu ne nous a jamais informés de recherches quelconques de pétrole et de gaz dans ton pays ? 

-          En fait, je veux bien vous confesser à vous uniquement mes chers conseillers qu’il n’y a jamais eu de recherches quelconques. 

-          Alors, d’où sort cette histoire de découvertes ?    

-          De mon imagination fertile. 

-          Et tu penses vraiment vendre au plus offrant les rêves fous de ton imagination fertile ? Tes acheteurs éventuels devraient être encore plus fous que toi pour avaler ton histoire de découvertes ! 

-          Je vous en prie, hein, je ne suis pas aussi fou que vous le pensez ! 

-          Excuse notre franc parler, cher président, mais c’était pour te rappeler à la réalité, nous sommes tes conseillers financiers, pas des marchands de rêves. 

-          D’accord, d’accord, attendez d’entendre la suite avant de lancer un jugement quelconque sur cette opération ultra confidentielle qui doit rester secrète, y compris pour les membres du gouvernement.  

-          Nous t’écoutons, mais avec beaucoup de scepticisme. 

-          Voilà, je me suis procuré par des voies particulières, et en distribuant de larges gratifications prélevées de mes économies personnelles, des photos aériennes détaillées (6) des gisements de pétrole et de gaz de Ghawar en Arabie Saoudite (7), et de Qiantang au Tibet, au sud ouest de la Chine (8).

-          Mais c’est loin de ton pays tout ça ! Tu ne penses quand même pas à vendre le pétrole des autres non ?

-          Si justement, c’est bien mon intention.

-          Incroyable, et comment vas-tu faire pour vendre ce qui ne t’appartient pas ?

-          Eh bein, toute l’astuce consiste à faire croire qu’il s’agit de découvertes de pétrole et de gaz faites dans notre propres pays, moyennant quelques manipulations informatiques des cartes aériennes rendues possibles grâce aux techniques utilisées dans le système d’information géographique.

-          He bein, pour rendre ton histoire plausible tu devras faire appel aussi à des informaticiens chevronnés spécialisés dans le traitement des images.

-          Ils sont déjà sélectionnés, et prêts à entrer en action moyennant fortes rémunérations.

-          Et notre rôle dans cette opération, nous sommes des spécialistes en manipulation financière, pas en falsification numérique !

-          Justement c’est vous qui serez chargés de vendre au plus offrant « ces gisements récemment découverts ».

-          Comment, et à qui proposer ces offres, à quels trafiquants internationaux penses-tu ?

-          Pas à de vulgaires trafiquants non, mais à de grands états seuls susceptibles d’être intéressés par l’acquisition de ressources énergétiques supplémentaires, au moment où le prix du baril de pétrole ne cesse de grimper ayant dépassé le seuil incroyable des 200 dollars.

-          Quels états ?

-          Les Etats-Unis d’Amérique, l’Union Européenne, la Russie et la Chine. 

 

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(6) L’exploration du pétrole consiste à étudier la géologie pétrolière. Cette exploration commence par l’établissement des cartes à l’aide de photos aériennes.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Industrie_p%C3%A9troli%C3%A8re

 

(7) Les chercheurs chinois ont découvert de nouveaux gisements massifs de gaz et de pétrole se montant à 4 milliard ou 5.4 milliards de tonnes environ à Qiantang au Tibet, au sud ouest de la Chine. http://www.alterinfo.net/Petrole-et-gaz-en-masse-au-Tibet_a18717.html

 

(8) Ghawar est le plus grand gisement pétrolier au monde. Il est situé en Arabie saoudite, à environ 100 km de Dhahran. http://fr.wikipedia.org/wiki/Ghawar

 

 

Bonjour à tous,
Je commence à partir de ce jour la publication d’une nouvelle extraite d’un projet de livre "Utopia, le cauchemar de Thomas More". Cette partie du livre a pour titre : « Le dollargate ». Le récit commence dans un pays tropical où règne la corruption, mais l’essentiel de l’action se déroule dans le Bureau Ovale à la Maison blanche, où la corruption n’est pas absente. Le texte sera publié en 35 épisodes.

 

Le Dollargate

 
(1)

 

Palais présidentiel dans un pays tropical...

La réunion commence à 17:00 avec trois heures de retard, c’est normal dans ce pays tropical où règne une chaleur atroce, couplée à un taux d’humidité qui frise les 80%. Comment travailler dans de telles conditions ? Les citoyens lambda, simples mortels, d’accord. Mais pas les patrons, encore moins le chef d’Etat, et puis quoi encore ! Une sieste d’abord, le reste après.
Le chef d’Etat entame la réunion, frais et dispos :
- Bon tout le monde est là, bien reposé ?
- Oui Monsieur le président Batista III (1), nous avons même pris une douche bien fraîche...
- C’est ça, au détriment de mon peuple qui n’arrive pas à étancher sa soif !
- Mais Mr. le président, depuis quand nous inquiétons-nous des problèmes de la populace ?
- Il le faut bien de temps en temps, afin d’éviter une explosion populaire. La populace comme tu dis, mon cher conseiller Claude Lipsky III (2), a besoin de points de repères, et de dirigeants à respecter, voire à admirer et vénérer...
- Tu parles !
- Mais enfin mon ami Jérôme Kerviel III (3), deuxième conseiller, même si ton illustre grand père n’a pas été chef d’Etat, il avait bien été admiré à son époque pour ses prouesses au détriment des banques capitalistes, non ?
- Et mon grand-père à moi, il n’a pas eu de fans lui aussi ?
- Mais si, mais si, mon cher troisième conseiller Bernard Madoff /// (4), mais commençons notre réunion sans perdre davantage de temps à étaler nos lettres de noblesse, voulez-vous ?
- C’est quoi l’ordre du jour ? Après tout nous ne sommes que tes conseillers, pas des membres du gouvernement, alors pourquoi cette réunion solennelle dans la salle du conseil des ministres ?
- Justement, c’est parce que vous êtes des conseillers choisis parmi les descendants des illustres financiers de ce début de siècle, de vrais génies hélas mal compris, que vous êtes convoqués pour réfléchir sur un dossier confidentiel de la plus haute importance.
- Mais, d’habitude ce sont les ministres qui examinent les dossiers confidentiels, notre rôle consistant à en étudier seulement les aspects financiers pour que tu puisses en tirer le maximum d’avantages personnels.
- C’est vrai, mais cette fois-ci nous allons inverser la procédure. Mes ministres ne doivent pas être mis au courant de mes dossiers privés, le moment venu ils seront chargés d’exécuter les missions qui leur incombent sans avoir à en connaître les détails, compris ?
- OK, de quoi s’agit-il ?
- De « l’affaire du siècle », que dis-je de « l’affaire du millénaire » !
- Nos illustres ascendants comme tu dis ont fini en prison pour ce type « d’affaires du siècle ».
- Justement, d’une part ils n’ont pas su conduire leurs affaires, et d’autre part leur génie n’a pas été apprécié à sa juste valeur.
- Alors que proposes-tu pour fructifier tes affaires et les nôtres, tout en valorisant notre « génie » ?
- D’abord un rappel historique s’impose afin de na pas commettre des erreurs fatales. Vous vous souvenez que Cuba, avant de devenir un pays « révolutionnaire » en 1959 sous l’égide de Fidel Castro, était d’abord une colonie des Etats-Unis d’Amérique administrée par mon vaillant arrière grand-père Le général Rubén Fulgencio Batista, avec l’assistance éclairée de la Mafia des Etats Unis et ses parrains Lucky Luciano, Meyer Lansky, et Santos Trafficante.
- Oui, nous connaissons l’histoire de ta famille qui s’est mal terminée soit dit en passant !
- Voilà, nous y sommes. Si cette histoire s’est mal terminée, c’est parce que ma famille n’a pas su se retirer en temps voulu. Le capital américain contrôlait 90% de la production minière, 90% de la distribution de l’électricité et du téléphone, 80% des services publics, 50% des chemins de fer, 40% de la production sucrière et 25% des dépôts bancaires. 47% des terres cultivées appartenaient à des propriétaires américains. 30 000 propriétaires possédaient 70% des terres agricoles, tandis que 78,5% des paysans devaient se contenter de 15% des terres. Quant à la culture de la canne à sucre, la principale richesse agricole avec la culture du tabac, 22 grands propriétaires possédaient 70% des terres cultivables. (5)
- Comme c’est étrange, c’est la même situation aujourd’hui dans ton pays !
- Pas tout à fait, vous conviendrez avec moi qu’aujourd’hui la Mafia des Etats Unis et ses parrains ne contrôlent plus les casinos dans lesquels ils blanchissaient l’argent de la drogue, de la prostitution. Et que notre capitale n’est plus le paradis de la mafia, et un immense bordel pour touristes américains, où des membres de l’armée prélèvent leur dîme sur les machines à sous et les parcmètres.

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(1) Le général Rubén Fulgencio Batista y Zaldívar (1901-1973) : président de Cuba de 1940 à 1944, il s’empare à nouveau du pouvoir en 1952. Il fait alliance avec les gangs nord-américains qui contrôlent le jeu et la prostitution, pendant que la pauvreté ne cesse de s’accroître dans le pays. http://fr.wikipedia.org/wiki/Fulgencio_Batista

 (2) Claude Lipsky, "l’escroc du siècle", condamné en juillet 2007 à 5 ans de prison.

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/claude-lipsky-cinq-ans-de-prison-pour-l-escroc-du-siecle_465739.html

(3) Jérôme Kerviel, trader qui a fait perdre à la Société Générale 5 milliards d’euros.
http://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9r%C3%B4me_Kerviel

 (4) Bernard Madoff, banquier qui a escroqué ses clients de la somme de 50 mds de $.

http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/223599/scandale-madoff-un-laxisme-stupefiant

(5) Sous la direction de Batista, Cuba est devenue une colonie des Etats-Unis et de leur maffia.

http://www.lacommune.org/spip.php?page=imprimer&id_article=608%22


-
Abdelkrim Badjadja
Consultant en Archivistique
http://badjadja.e-monsite.com/


Les Etats Unis et Israël s’opposent à l’admission de la Palestine à l’ONU !

Qui représente les USA au Conseil de sécurité ? 

Réponse : ISRAEL !

Les Etats Unis, la plus puissante nation sur terre, ont perdu peu à peu leur indépendance face à Israël depuis la guerre des six jours de 1967, lorsque des pilotes américains avaient revêtu l’uniforme de l’armée sioniste pour combattre les Arabes. 

Rappel des faits historiques

Nous savons tous que les pays occidentaux éprouvent un complexe de culpabilité vis-à-vis des Juifs après l’horrible génocide qu’ils ont subi durant la deuxième guerre mondiale. La lâcheté des Européens avait favorisé l’accès au pouvoir d’Hitler, le plus grand criminel de l’histoire de l’Humanité. Echine courbée, les Européens, en particulier la Grande Bretagne et la France, avaient assisté impuissants aux persécutions entamées contre les Juifs en Allemagne même dès l’année 1933, puis à l’annexion de l’Autriche« l’Anschluss » en mars 1938, et au démantèlement de la Tchécoslovaquie en septembre 1938 suite aux accords de Munich. En fait, Hitler ne faisait que mettre à exécution ses projets d’expansion territoriale et ses conceptions racistes à l’encontre des Juifs et des races jugées « inférieures », présentés dans le détail dans son livre-programme de guerre « Mein Kampf », cela dès 1925 !

Il a fallu qu’Hitler envahisse la Pologne le 1er septembre 1939 pour que la Grande Bretagne et la France réagissent enfin en déclarant la guerre à l’Allemagne nazie le 3 septembre 1939. Mais c’était déjà trop tard pour sauver les Juifs de l’extermination par application de la « solution finale » : six millions de Juifs seront exterminés dans les machines à tuer, les camps de concentration mis en place dès l’année…1933 !

A la fin de la seconde guerre mondiale, les Occidentaux décident d’apaiser quelque peu leur sentiment de culpabilité vis-à-vis des Juifs en présentant la facture…aux Arabes, obligés de payer les dommages de guerre, alors qu’ils n’avaient rien à voir avec l’holocauste, d’où le partage de la Palestine. En réalité, les Occidentaux au lieu de présenter la facture à l’Allemagne, en l’obligeant par exemple à céder une partie de son territoire pour la création de l’état d’Israël, ont préféré éloigner à leur façon les Juifs d’Europe et d’Amérique : « Foutez le camp du monde occidental (et plus tard de Russie), et concentrer-vous en un seul lieu, la Palestine que vous considérez comme votre terre biblique ».

Si cette « terre biblique » était située en Europe, en Allemagne par exemple, jamais les Juifs n’auraient été autorisés à s’y regrouper, encore moins à y fonder un état belliqueux, raciste, et expansionniste !

 

Aujourd’hui...

 

LIRE LA SUITE : http://badjadja.over-blog.com/

 

Et sur le site de: “Palestine Solidarité”

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Abdelkrim_Badjadja.220911.htm




 

 

 

Une nouvelle institution d’archives arabes:

“Archives du Maroc 

انطلاقة «مؤسسة أرشيف المغرب» 

فنن العفاني

http://bayanealyaoume.press.ma/index.php?option=com_content&view=article&id=16828:-l-r&catid=85:2010-04-19-12-39-31&Itemid=152

 

 

حفظ الذاكرة والتاريخ

 ومعرفة مكنونات الوثائق الرسمية


هل ستتيح انطلاقة «مؤسسة أرشيف المغرب» مجال الاطلاع على الأرشيف الوطني، ويصبح في مقدور عموم الأفراد الاطلاع على مختلف وثائقه ومعرفة مكنونات الوثائق الرسمية السرية منها وغيرها، سواء تعلق الأمر بالوثائق التي تهم الأجهزة الاستخباراتية أو تلك التي تهم المجال العسكري أو مجال اتخاذ القرار السياسي وتسيير الشأن العام؟.
فإذا كان حفل تدشين مؤسسة «أرشيف المغرب» يوم الجمعة الماضي بالرباط، حسم نهائيا موضوع إحداث هذه المؤسسة والجهة التي ستشرف عليها، إذ أن المجلس الوطني لحقوق الإنسان قد تخلى لوزارة الثقافة عن الاختصاص من أجل الإشراف والوصاية على هذه المؤسسة، التي ستتولى أمر تنظيم والإطلاع على الأرشيف، بعد أن كان في السابق يتم فقط تحميله مسؤولية هذه المهمة، لا سيما بعد أن دخل على الخط المجلس الاستشاري لحقوق الإنسان الذي رفع دعوى قضائية لوقف نشر وثائق من أرشيف هيئة الإنصاف والمصالحة. فإن مسألة الإطلاع على الأرشيف، قد حسم فيها أيضا القانون الخاص بالأرشيف 69-99 الصادر في 30 نونبر 2007، إذ حدد المدة الزمنية التي يجب أن تمر على إنتاج تلك الوثائق للإطلاع عليها، ففيما يتعلق بالوثائق التي قد يمس الإطلاع عليها، أسرار الدفاع الوطني، واستمرارية سياسة المغرب الخارجية، وأمن الدولة والسلامة العامة، أو سلامة الأشخاص، والمساطر القضائية والمساطر التمهيدية المتعلقة بها، فقد حددت المادة 15من هذا القانون، المدة  بشأنها، في  ستين سنة. وكذا الأمر بالنسبة لسريرة الحياة الخاصة التي تتضمنها الوثائق التي تم جمعها في إطار الأبحاث الإحصائية للمرافق العامة، والمشتملة على معلومات فردية لها علاقة بالحياة الشخصية والعائلية وبصفة عامة بالأفعال والتصرفات الخاصة. هذا، ولا تطبق مقتضيات هذا القانون على الأرشيف العامة المتعلقة بالتاريخ العسكري، إذ أشار على أنها تظل خاضعة فيما يتعلق بتحديدها وتصنيفها والمحافظة عليها وتيسير الإطلاع عليها، لمقتضيات الظهير الشريف 266-99-1 الصادر في 3 مارس 2000، بإحداث اللجنة المغربية للتاريخ العسكري. ومن جانب آخر، قضت المادة 15 السالفة الذكر من قانون 69-99، على أنه يمكن لكل شخص يرغب في الاطلاع الأرشيف العامة، أن يقوم بذلك دون مراعاة أي أجل بالنسبة لبعض الوثائق التي توضع عادة رهن إشارة الجمهور والوثائق التي يرخص قانون خاص بالاطلاع عليها، في حين وضع شرط مرور أجل 30 سنة بالنسبة للأرشيف العامة، ويرفع أجل الثلاثين سنة الذي يمكن عند انتهائه الاطلاع بكل حرية على الأرشيف العامة إلى مائة سنة، وذلك ابتداء من تاريخ ولادة المعني بالأمر فيما يتعلق بالوثائق المشتملة على معلومات فردية ذات طابع طبي وبملفات المستخدمين.. وفيما يتعلق أيضا بالأصول والفهارس لدى الموثقين والعدول وسجلات الحالة المدنية وسجلات مصلحة التسجيل. واستثنت أحكام هذا القانون مسألة تحديد المدة للاطلاع على «أرشيف المغرب» لأغراض البحث العلمي، إذ يتاح ذلك بعد موافقة الإدارة الأصلية بالاطلاع على الأرشيف العامة، على ألا يمس ذلك بأسرار الدفاع الوطني، أو أمن الدولة، أو الحياة الخاصة. وأفادت مقتضيات هذا القانون خاصة المادة 21 منه أن نصا تنظيميا سيتم وضعه لتحديد كيفيات السماح للمستعلمين بالاطلاع على الأرشيف العامة، وتسليم النسخ والمستخرجات المشهود بصحتها. ويشار إلى أن الإعلان عن تدشين مقر مؤسسة الأرشيف الوطني يأتي استكمالا لمسار إعمال توصيات هيئة الإنصاف والمصالحة الخاصة بالأرشيف، وحفظ الذاكرة والتاريخ، والتي تشكل إحدى أهم الجوانب في مسار العدالة الانتقالية، على اعتبار أنه يشكل البوابة الرئيسية التي من خلالها تتأسس مرحلة جديدة تقطع مع سلبيات الماضي الذي كانت تسوده فقط الذاكرة الرسمية، بل وإعمالا لقانون الأرشيف 69-99 الذي مر على إقراره أكثر من ثلاث سنوات -2007 - وكان ينتظر فقط، خروج المراسيم التطبيقية الخاصة به إلى حيز الوجود. واستنادا لنص هذا القانون فإن مؤسسة «أرشيف المغرب» تناط بها أساسا مهمة صيانة تراث الأرشيف الوطني، والقيام بتكوين أرشيف عامة وحفظها وتنظيمها وتيسير الإطلاع عليها، لأغراض إدارية، أو علمية، أو اجتماعية، أو ثقافية، حيث من المقرر أن تنهض ببرنامج لتدبير الأرشيف العادية والوسيطة التي بحوزة الأشخاص الطبيعيين والمعنويين الذين حددهم هذا القانون في الدولة والجماعات المحلية والمؤسسات والمنشآت العامة، فضلا عن الهيئات الخاصة المكلفة بإدارة مرفق من المرافق العامة.

 

الأرشيف بمثابة بارومتر يقاس به 

 انخراط الدولة في مسار الانفتاح والشفافية والديمقراطية 

 

http://bayanealyaoume.press.ma/index.php?option=com_content&view=article&id=16756:2011-05-31-11-03-06&catid=93:2010-04-23-12-35-32&Itemid=164

 

 

 

جامع بيضا، المدير الجديد لمؤسسة أرشيف المغرب، حمله مساره الأكاديمي كمتخصص في دراسة التاريخ المعاصر على رأس مؤسسة ستتولى إحدى المهام الكبرى بالمغرب، ألا وهي مهمة تجميع مختلف الوثائق الرسمية سواء منها التي لازالت بحوزة إدارات ومؤسسات عمومية أو بحوزة أفراد أو عائلات احتفظوا بها، حينما انتهت مهامهم كمسؤولين بالدولة، ومن تم التحقق منها ومعالجتها وصيانتها وتسيير الإطلاع عليها. المدير الجديد أعلن تفاجئه لتولي هذا المنصب، إذ لم يتم تعيينه إلا صباح يوم الجمعة الماضي أي يوم تدشين المؤسسة الجديدة، إذ قال في هذا الصدد «إلى حدود صباح يوم الجمعة كنت أمارس وظيفتي كأستاذ للتاريخ المعاصر بكلية الآداب والعلوم الإنسانية التابعة لجامعة محمد الخامس بالرباط، واعذروني من عدم ذكر الشخصيات الحاضرة بأسمائها مخافة ارتكاب زلة لسان دبلوماسية وهو مازال في بداية المأمورية». أول مدير لمؤسسة «أرشيف المغرب» يعي بأن المهمة جد صعبة وقد كان يؤكد على كل من صافحه مهنئا، خاصة أعضاء الحكومة بدعمه لإنجاح التجربة وتطويرها والارتقاء بها، إلى مصاف التجارب الرائدة عالميا في المجال، حيث شدد بأن إحداث مؤسسة أرشيف المغرب يعد مشروعا ضخما لا يستقيم إلا بتوفره على اعتمادات مادية وبشرية مهمة وبانخراط جميع السلطات العمومية، بل وبوجود وعي لدى مجموع المصالح والأفراد بما تمثله هذه المؤسسة من رهان كبير لبناء الدولة العصرية الحديثة. وفي هذا الحوار»الإكسبرس» يبرز الأستاذ جامع بيضا أهمية هذه المؤسسة ومجالات تدخلها، بل ومركزها كمؤسسة منفتحة على محيطها وتقدم بكل شفافية عمل منظومة الدولة في مختلف مراحلها التاريخية.

 ما هو الإطار الذي يأتي فيه تدشين مؤسسة «أرشيف المغرب»؟

مؤسسة أرشيف المغرب أحدثت بمقتضى قانون 30 نونبر2007 وهذا الإحداث يستجيب لتوصيات هيئة الإنصاف والمناصفة، ويمكن القول أنه أخيرا ترى النور هذه المؤسسة التي مافتئت  الأوساط الحقوقية والأكاديمية تطالب منذ الاستقلال بتزويد البلاد بها، لتقوم وتسهر على حفظ الأرشيف وتزويد المواطنين به حسب المساطر المعمول بها. فالمغرب كان قد تأخر كثيرا في هذا المجال، غير أن الحكومة والمسؤولين قد وقفوا على هذه الثغرة مرات عديدة وفي مناسبات عديدة. وبالأخص خلال مناسبتين اثنين في السبعينات عندما ارتأت الدولة أن تضع ملف قضية الصحراء أمام محكمة العدل الدولية. وقد تبث حينئذ أن أرشيفنا ليس من التنظيم على مايرام وبالتالي صعب جمع شتاته ومتفرقاته الأمر الذي استدعى  آنذاك  إرسال بعض الموفدين إلى الخارج للبحث عن بعض الوثائق لضمها لهذا الملف. أما المناسبة الثانية فترتبط بعمل هيئة الإنصاف والمصالحة الذي امتد على مدى 23 شهرا، على مستوى التحقيق في الانتهاكات الجسيمة لحقوق الإنسان في الفترة ما بين 1999-1956، وكان من الصعوبات الكبرى التي واجهتها، هي تلك المتعلقة بانعدام الأرشيف، ولذا حينما أعدت تقريرها النهائي وقدمته لجلالة الملك فإنها ضمنته إلحاحها  ضمن توصياته على ضرورة إحداث مؤسسة تسهر على الأرشيف الوطني. 

فما هي إذا بالتحديد أهمية مؤسسة الأرشيف الوطني؟

بعد تلك المحطة التي يشكلها صدور القانون 69-99 الذي انتظره طويلا مختلف الفاعلين، يمكن القول أن هذا التدشين الذي تحتضنه المكتبة الوطنية، هو في الحقيقة الانطلاقة الفعلية لإنجاز ما كان إلى عهد قريب مجرد مشروع، ولكن يجب التأكيد أن الإنجاز هنا هو التأسيس الفعلي لأرشيف المغرب الذي يمر عبر مسلكين اثنين المسلك الأول يتمثل في ترجمة ما ورد في قانون 69-99 نونبر 2007 إلى مراسيم تطبيقية تسمح بالمرور من المبادئ إلى التطبيق. والمسألة الثانية، هي ضرورة إعداد بناية لائقة بطموحات المغاربة جميعا في التوفر على مؤسسة على غرارما هو موجود في الدول المتقدمة، بل حتى في الدول غير المتقدمة مثل بعض الجيران. وبهذا الإعلان الرسمي، عن إحداث مؤسسة أشريف المغرب نكون قد وضعنا القاطرة على السكة ،وسنكتفي بالبناية التي وضعتها رهن إشارتنا إدارة المكتبة الوطنية والذي كان هو المقر القديم للمكتبة الوطنية، على أن ننفض الغبار فيه عما هو موجود من بعض أرشيف الفترة الاستعمارية وأيضا ننفض الغبار على ما فيه وهو قليل جدا من أرشيف فترة الاستقلال. ثم نبني ونضع اللبنات والبرامج ونضع الإستراتيجية، هاته الأخيرة لاشك أنها ستتطلب وقتا لإعدادها، علما، أن هذه المؤسسة هي ذات استقلال مالي ويشرف عليها مجلس إداري يرأسه وزير الثقافة، وسنعمل كإدارة لهذه المؤسسة على وضع مشروعنا، وسندافع عنه أمام أنظار هذا المجلس الذي يتألف من كل المؤسسات العمومية والقطاعات الوزارية للحصول على  المصادقة عليه والحصول على إثر ذلك على الوسائل المادية الكفيلة بإنجاز المهام المنوطة بهذه المؤسسة.

 بما أن المغرب كانت له في السابق الجرأة لفتح صفحة ماضيه لقراءة ماضي الانتهاكات الجسيمة لحقوق الإنسان، هل في اعتقادكم بعد إعطاء الانطلاقة لمؤسسة أرشيف المغرب ستكون لديه أيضا حاليا ذات الجرأة لفتح أرشيف المؤسسات سواء منها السرية أو أرشيف هيئة الإنصاف والمصالحة؟

قانون 69-99 الخاص بالأرشيف ينظم هذا الأمر، إذ استنادا لعدد من مواده هناك من الأرشيف ما يفتح بعد مرور ثلاثين سنة، وهناك ما يفتح بعد 60 سنة، وهناك ما يفتح بعد مرور مائة عام سواء كانت هذه الوثائق أو الأرشيف، يعود إلى هيئة الإنصاف والمصالحة أو تعود لغيرها من مؤسسات عمومية  أو ما اقتني من لدن الأفراد. ويمكني لي أن أؤكد أني معك على مستوى المبدأ وهو أن الأرشيف بمثابة بارومتر يقاس به إلى 

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