Abu Dhabi, United Arab Emirates
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عبدالكريم بجاجة
خبير دولي في علم الأرشيف
Séminaire à Abu Dhabi 30 Avril 2012
Ancien site: http://membres.multimania.fr/badjadja/
Biographie: http://www.monsieur-biographie.com/biographies/7045/abdelkrim-badjadja.php
Blog: http://badjadja.over-blog.com/
Dernière mise à jour:
Mercredi 16 Mai 2012, 10:30 - Abu Dhabi
Faut-il divulguer les noms des harkis qui trônent sur les rues d'Algérie?
Echange de correspondances
au sujet de la divulgation des noms des harkis
Mail reçu d’une dame :
salam
Un jour le prophète Moise – allayhi sallam- pria ainsi que ses fidèles la prière de la pluie après une rude sécheresse. Le ciel resta bleu et aucun nuage ne figura aux horizons, le prophète pria tout seul le bon DIEU de lui donner une explication à ce refus. Le bon DIEU lui a répondu qu’un des fidèles commettait un péché et que le Bon DIEU n’acceptera pas leurs prières tant que ce fidèle ne s’est pas repenti. Le prophète Moise rapporta les paroles de DIEU aux fils d’Israël et attendit quelques jours et il refait la prière avec ses compagnons, et juste après la prière, une généreuse pluie tomba du ciel et mit fin à la sécheresse, Moise remercia DIEU et lui demanda : qui était le pécheur parmi nous ? DIEU a répondu : je ne l’ai pas dévoilé quand il a péché, tu veux que je le dévoile quand il s’est repenti ? jusqu’à nos jours, personne ne connait le nom de ce pécheur.
Je suis certaine que vous êtes un homme bien et un honnête algérien, mais je vous prie Monsieur d’avoir l’amabilité et la générosité de ne pas dévoiler les noms des harkis juste pour ne pas punir leurs descendants qui n’existaient même pas quand leurs parents ont trahi l’Algérie.
Réponse :
Bonjour chère collègue,
Je comprends parfaitement votre préoccupation concernant les retombées négatives éventuelles sur la descendance des anciens harkis, et je suis tout à fait d’accord pour ne pas imputer une responsabilité quelconque à des enfants qui n’ont rien à voir avec le comportement de leur parents. D’un autre côté, j’estime aussi que les enfants de chouhadas et de moudjahidine ne peuvent en aucune façon arguer de l’engagement militant de leurs parents pour exiger des récompenses quelconques.
Cela dit, je voudrais attirer votre attention sur les considérations suivantes qui m’avaient amené à rendre public le nom de ce harki :
- Ce dossier remonte au début des années 1980, voilà 30 ans donc, et rien n’avait été entrepris pour rebaptiser cette place au nom d’un vrai chahid.
- Pourquoi ? Justement parce que cette affaire était restée confidentielle pendant toute cette période, et que les responsables de l’époque au parti du FLN et à l’APC ne voulaient pas soulever un scandale qui aurait pu les éclabousser .
- Voilà qu’en 2012, le ministre des moudjahidine en personne dénonce cet état de choses, et déclare que «250 quartiers et établissements à Alger portent depuis l’indépendance des noms de personnes qui ont porté atteinte à l’Algérie ». 250 harkis honorés à Alger, cela signifie des milliers à travers l’Algérie !
- Pensez-vous que l’action de grande envergure annoncée par le ministre pour effacer les noms des harkis puisse se faire dans la clandestinité sans révéler les noms des harkis concernés ?
- Par ailleurs, savez-vous que beaucoup d’enfants de harkis, du moins ceux qui résident en France, sont fiers du comportement de leurs parents pendant la révolution, et ne ratent aucune occasion pour glorifier ceux que de notre côté nous considérons comme des traitres ?
- Pour vous en convaincre, consultez les sites des harkis et leurs enfants dont celui-ci qui a pour devise « L’avenir ne se construit que sur la connaissance et la fierté du passé » :
http://www.harkisdordogne.com/
- Pendant que l’on cachait les noms des harkis qui illustraient les villes d’Algérie, le FLN et le DRS (sécurité militaire) déversaient des mensonges honteux pour salir la réputation de cadres qui les dérangeaient parce qu’ils affichaient une certaine indépendance par rapport à l’ordre établi.
- J’en suis la preuve vivante : lors de mon enlèvement le 22 novembre 1986 par la sécurité militaire, et mon assignation à résidence au Sahara, le FLN et les services de sécurité avaient déversé un flot de rumeurs pour tenter de justifier la répression qui m’avait frappé suite aux manifestations populaires de novembre 1986 à Constantine, alors même que je me trouvais en mission à Alger durant cette période .
- Croyez-vous que quelqu’un avait tenté à l’époque de stopper ces rumeurs criminelles ne serait-ce que pour ne pas nuire à mes trois enfants âgés de moins de six ans ? Personne, et c’est durant cette période que j’ai pu compter mes vrais amis : moins que les doigts d’une seule main.
- Depuis l’assassinat de Abane Ramdane le 27 décembre 1957 par les hommes de main de Abdelhafid Boussouf, l’Algérie n’a cessé de pratiquer le mensonge. Si bien que d’autres assassinats d’hommes politiques algériens ont suivi.
- Lire l’interview suivante que j’avais accordée au journal El Watan après ma prise de fonction comme directeur général des archives nationales :
Extrait du journal "El Watan" du 03 novembre 1992, page 13…
« …La Révolution est noble. Elle a obtenu des résultats spectaculaires avant même l'Indépendance en unifiant le peuple autour d'un certain nombre d'objectifs. Il y a eu des problèmes qui ont surgi à l'intérieur. Si nous les étouffons à l'avenir nous risquons de les connaître de nouveau. Je donne un exemple pratique : Abane Ramdane est tombé au champ d'honneur, c'est l'histoire officielle qui le dit. Mais, Abane n'est pas tombé sous les balles françaises. Il faut avoir le courage d'ouvrir le dossier, dire ce qui s'est réellement passé. Si nous avions élucidé l'assassinat de Abane et les autres assassinats de Khider, Krim Belkacem, Khemisti, et d'autres, peut-être aurions-nous évité l'assassinat de Boudiaf. Mais, toujours faudra-t-il en parler de manière sereine, sans esprit de revanche…. ».
En conclusion madame, je suis convaincu qu’il faut dire la vérité en toutes circonstances. L’Algérie se trouve aujourd’hui gravement menacée dans ses fondements, voire dans son existence, à cause de la politique du mensonge pratiquée depuis l’année 1957, Abdelhafid Boussouf ayant posé la première pierre de cette politique.
Scandale en Algérie:
Rues et établissements portant des noms de harkis !
Déclaration du ministre des Moudjahidine, Mohamed Cherif Abbas (14 mai 2012) : « …Abordant ensuite la question de la baptisation et la rebaptisation de certains quartiers aux noms des chouhada et des moudjahidine décédés, M. Mohamed Cherif Abbas, ministre des moudjahidine, a indiqué qu’un recensement réalisé par son département, en coordination avec les services de la gendarmerie nationale a révélé que «250 quartiers et établissements à Alger portent depuis l’indépendance des noms de personnes qui ont porté atteinte à l’Algérie, dont 20 cas uniquement dans la seule commune de Bab El Oued. » Il a annoncé à cet égard qu’une campagne de baptisation et de rebaptisation de rues et d’établissements divers sera lancée à partir du 5 juillet prochain et durera une année entière. »
Source : http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/27891
Un exemple à Constantine :
la place Kalkoul Rabah
(extrait du livre « Assigné à résidence au Sahara », par A. Badjadja)
1983 (date ?)…Appel de
- Si Abdelkrim, bonjour…
- Bonjour, oui ?
- Nous venons de recevoir la copie d'un dossier que vous aviez envoyé au wali…
- Quel dossier ?
- Celui concernant le nom d'une rue de Constantine…
- C'est un dossier confidentiel…
- Oui, pouvons-nous venir dans votre bureau pour en parler ?
- Bien sûr…
(Réunion dans mon bureau…)
- Si Abdelkrim, cette rue avait été baptisée au nom de Kalkoul Rabah, un chahid…Et vous, vous affirmez dans votre rapport qu'il s'agit plutôt d'un harki !
- C'est exact !
- C'est une affirmation très grave, sur quoi vous êtes-vous basé pour dire d'un chahid que c'est un harki ?
- Tout est dans le dossier, je ne sais pas si le wali vous a envoyé la totalité…
- Nous voulons une confirmation et des preuves irréfutables, parce que des rumeurs avaient déjà circulé sur ce cas…Mais personne n'était en mesure de prouver quoi que ce soit…
- En fait, c'est le propre frère du défunt qui était venu me voir un jour…Voilà l’histoire :
"- Bonjour Mr le directeur…
"- Bonjour, que puis-je pour vous ?
"- Voilà, une rue de Constantine porte le nom de mon frère Kalkoul Rabah.
(Tilt dans ma tête, c'est un Chahid si une rue porte son nom)
"- Sa veuve vit à Constantine avec ses enfants…
(Encore tilt, veuve et enfants de Chahid)
"- Sa famille ne perçoit aucune pension…
"- D'accord, mais notre service n'est pas concerné par les pensions…
"- Je sais bien…
"- Et alors ?
"- En fait, je suis venu vous voir pour savoir si nous pouvions avoir un papier quelconque…
"- Bon, nous allons effectuer des recherches, donnez-moi les renseignements dont vous disposez…
" Résultats des recherches : Il s'agissait d'un ancien membre du FLN, qui avait retourné sa veste pour rejoindre les rangs des harkas ! Il fut abattu par le FLN un matin à huit heures, alors qu'il se rendait à la cité Améziane (principal centre de torture à Constantine) pour rejoindre son poste à
Furieux, je convoque le frère du harki :
"- Ecoutez, vous aviez prétendu que votre frère était un Chahid, alors qu'il s'agissait d'un harki !
"- Non Monsieur le directeur, j'avais simplement dit qu'une rue de Constantine portait son nom, et que sa famille vivant à Constantine ne percevait rien du tout…
(C'est bien ce qu'il avait dit le vicieux !)
"- Votre demande de pension, vous devriez plutôt l'adresser en France…
"- En fait, ma belle-sœur perçoit déjà une pension française…
"- Alors, dehors !"
- Voilà en résumé la synthèse de ce dossier…Nous avons toutes les pièces originales pour prouver qu'il s'agit bel et bien d'un harki…
- D'accord, nous allons réexaminer ce dossier, et régler le problème une fois pour toutes…
Tu parles, vingt ans après, à la veille de mon départ aux Emirats en août 2002, la placette située derrière le cercle du CSC, boulevard Belouizdad, arborait toujours le nom du harki…J'apprends qu'en 2005, le problème a fini par être réglé…par le temps : la placette s'est dégradée, les maisons qui la bordaient se sont effondrées, et la plaque portant le nom du harki a disparu ! Si j'ai bien compris, reconsidérer ce dossier au moment où je l'avais soulevé, c'est reconsidérer les dossiers des membres de la commission qui avaient proposé le nom du harki, et partant réviser et contrôler tous les dossiers à travers toute l'Algérie ! Pas étonnant dans ces conditions, qu'en l'an 2005, la presse algérienne avance le chiffre de 10.000 faux moudjahid, faisant partie de la "famille révolutionnaire", association qui ne peut se prétendre à but non lucratif, réclamant une pension mensuelle minimum de 85.000 dinars, au moment où la majorité des travailleurs doit se contenter en 2005 de 10.000 dinars arrachés avec peine, pendant qu'on offrait aux jeunes diplômés des emplois précaires d'utilité publique à moins de 3.000 dinars par mois ! Un cadre titulaire du Ph.D s'étant vu proposé ce type d'emploi par la commune où il résidait, et ne voulant pas retourner à l'étranger, avait fini par …se suicider. La presse algérienne avait rendu compte de ce cas dramatique.
Extrait du livre :« Assigné à résidence au Sahara, face à la sécurité militaire », Abdelkrim BADJADJA
Saarbrücken, Allemagne, Novembre 2010
http://www.amazon.com/Assign%C3%A9-r%C3%A9sidence-Sahara-S%C3%A9curit%C3%A9-militaire/dp/6131527369
ALGERIE : Résultats « officiels » des élections législatives
(les commentaires ne sont pas officiels)
Répartition des 462 sièges à pourvoir (ou à vendre) :
TOTAL =
462 sièges au profit du DRS (Sécurité militaire), le seul vrai parti algérien
Et c’est reparti pour une nouvelle comédie de cinq ans, en attendant la fin du spectacle qui sera sifflée en larmes et en sang par la jeunesse algérienne le jour où elle constatera que l’Eldorado n’est pas au-delà des plages algériennes, mais en Algérie même.
*Lors de la campagne électorale, j’ai eu la surprise de recevoir un mail d’un candidat aux législatives que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam se recommandant d’un ancien ministre présenté comme « démocrate ». Et alors, me diriez-vous, ce candidat à la députation a bien le droit de faire de la publicité par mail. Oui, tout à fait d’accord, seulement le mail est adressé également à Abdelhamid Mehri, ancien dirigeant du FLN, décédé à Alger le…30 janvier 2012. Quand même !
Casablanca 18 février 2012:
Conférence "Archives Maghreb" au Salon du livre
Casablanca 18 février 2012: Les conférenciers de gauche à droite
Abdelkrim Badjadja, Mohamed Ben Madani (Maroc), Damien Heurtebise (France), Hédi Jellab (Tunisie), Jamaâ Baida (DG Archives Maghreb)
Des archives britanniques inédites sur mai 1945 ?
Extrait de :
« Panorama des archives de l’Algérie moderne et contemporaine » (1)
Lors de ma visite aux Archives nationales britanniques (2) à Kew Gardens-London en août 2003, j’avais repéré et demandé en consultation trois dossiers de l’année 1945 dans la série F.O. 371, volume 1 :
v Dossier 49275, Mouvement national arabe en Algérie, 1945.
v Dossier 49313, Opérations en Afrique du Nord, novembre 1942-mai 1943.
v Dossier 49328 datant du 9 novembre 1945 relatif au troisième anniversaire du débarquement des forces alliées en Afrique du Nord.
C’est le premier dossier (FO 371/49275) qui fut pour moi le plus intéressant, parce que contenant quelques tracts nationalistes, et donnant un éclairage nouveau du côté britannique sur les événements de mai 1945 :
v Sous-dossier numéro Z 5064, tract PPA du 11 mars 1945, dactylographié en trois pages, diffusé à l’occasion de la célébration de l’anniversaire de la création du parti le 11 mars 1937 ; quelques termes utilisés : «… le peuple musulman algérien », «… la Révolution algérienne », « l’impérialisme ».
v Sous-dossier numéro 21, rapport du consulat britannique à Alger au sujet des manifestations du 1er mai 1945 et de la répression qui s’est ensuivie : 10 Arabs killed, 25 wounded, 50 injured… Demonstrators 500 to 1000 (PPA)… Official communique admits 3 deaths…
v Sous-dossier numéro 23, premier télégramme britannique, daté du 10 mai 1945 au sujet des troubles qui avaient éclaté à Sétif, Constantine, Bône, Blida, et au sujet de l’arrestation de Ferhat Abbas.
v Sous-dossier numéro 24 du 11 mai 1945, transport par la RAF de soixante-quinze soldats français vers les zones sensibles, mais rejet britannique d’une demande relative aux bombes antipersonnel.
v Sous-dossier numéro 40, suite aux manifestations du 1er mai 1945, tract du Parti communiste algérien (PCA), à contre-courant de l’histoire (comme d’habitude, jusqu’à ce jour avec simplement des appellations différentes), attaquant violemment le Parti du peuple algérien (le PPA, principal parti nationaliste à l’époque où avaient été formés les révolutionnaires qui avaient déclenché l’insurrection du 1er novembre 1954), en des termes virulents : «… À bas les provocateurs hitlériens (c.a.d le PPA) » ; réponse du PPA par un autre tract : « Votre parti a jeté le masque ».
v Sous-dossier numéro 45, document 1, une page, lettre (originale) dactylographiée en langue française, datée « Sétif, le 8 mai 1945 », et adressée « Aux autorités britanniques et alliées » par « les représentants de la population musulmane de Sétif », faisant le compte rendu de la journée, le défilé pacifique, les slogans affichés, l’intervention musclée de la police coloniale pour tenter d’arracher aux manifestants les banderoles, puis les coups de feu tirés par la police aussi bien sur le défilé que sur les spectateurs. La lettre se termine par un hommage « au peuple britannique, à son armée et à toutes les Nations unies […] pour les combats menés pour le triomphe de la démocratie et de la liberté des peuples asservis », puis en conclusion avant la signature : « Vive les Nations unies ! », « Vive l’Algérie libre et indépendante ! ».
v Sous-dossier numéro 45, document 2, trois pages, rapport en anglais daté du 23 mai 1945, adressé par le consulat britannique à Alger au Foreign Office, à Londres. Se référant à un premier télégramme (numéro 165) envoyé le 17 mai 1945, le consul relate dans le détail les « serious disturbances which took place in the department of Constantine on May 8th and the following six days » ; dans ce rapport très objectif le consul indique que ces informations avaient été puisées de deux sources : les autorités militaires britanniques, et des sources gouvernementales françaises non officielles. L’accent y est mis sur les provocations de la police coloniale, les coups de feu tirés par la police et par des civils français à partir des balcons, et les tentatives de riposte des natives (musulmans) avec des chairs and anything… their hands. Des chiffres relatifs à la répression (du 8 au 17 mai 1945) sont avancés de manière contradictoire : neuf cents à mille musulmans tués selon le gouverneur général, six mille musulmans tués et quatorze mille blessés selon des sources médicales françaises ; de plus, le consul souligne que l’aviation française avait effectué trois cents sorties en six jours !
v Sous-dossier numéro 45, document 3, courte note de deux paragraphes datée du 23 juin 1945, adressée par A.J. Kellar (parlementaire britannique?) au Foreign Office about the disturbances in Algeria, et de leur effet d’entraînement en Gambie (?) auprès de la fraction arabe de la population.
Abu Dhabi le 8 mai 2012
Abdelkrim Badjadja
(1) « Panorama des archives de l'Algérie moderne et contemporaine », article publié dans un ouvrage collectif sous la direction de Mohamed Harbi et Benjamin Stora, à l'occasion du cinquantième anniversaire de la Révolution algérienne: "La Guerre d'Algérie 1954-2004", de la page 631 à la page 682, Paris, Editions Robert Laffont, mars 2004.
(2) http://www.nationalarchives.gov.uk/
Séminaire à Abu Dhabi
sur le management des archives gouvernementales
(30 avril 2012)
المركز الوطني للوثائق والبحوث ينظم
دورة تدريبية في مبادئ إدارة الوثائق في الجهات الحكومية
(أبوظبي أول مايو 2012)
http://ncdr.ae/ncdr/arabic/News/newsDesc.aspx
نظم المركز الوطني للوثائق والبحوث دورة تدريبية للعاملين في الأرشيف في مختلف الجهات الحكومية بعنوان: (مبادئ إدارة الوثائق في الجهات الحكومية) وهي بداية سلسلة من الأنشطة المتنوعة التي يستهدف المركز بها الوصول إلى الأساليب والمعايير المثلى في الأرشيفات الحكومية التي يعمل على تنظيمها. افتتحت الدورة التدريبية بكلمة الدكتور عبد الله الريس مدير عام المركز الوطني للوثائق والبحوث؛ فرحب فيها بالمشاركين، وأكد البعد الاستراتيجي لمثل هذه الدورات التي تسهم في تأهيل القائمين على تنظيم أرشيفات الجهات الحكومية للوصول إلى سياسات الدولة في حفظ الأرشيف وتنظيمه. وأشار إلى التطور الذي شهدته أرشيفات الدولة بعد أن أصدر صاحب السمو الشيخ خليفة بن زايد آل نهيان رئيس الدولة - حفظه الله- القانون الاتحادي رقم (7) لسنة 2008م بشأن المركز الوطني للوثائق والبحوث منوهاً بأهمية دور المؤسسات الأكاديمية في إنشاء الدراسات التخصصية في مجال الأرشيف لإضفاء الطابع العلمي عليه. وحثّ الدكتور الريس الحضور على نقل الخبرات التي سيتلقونها إلى جهات عملهم، مبدياً استعداد المركز الدائم للتعاون وتقديم الدعم الكامل في هذا الصدد.

على اليسار: د. عبدالله الريس، مدير عام المركز
على اليمين: عبدالكريم بجاجة
بدأت فعاليات الدورة بمحاضرة للأستاذ عبدالكريم بجاجة حول (واقع الأرشيف في دولة الإمارات العربية المتحدة: الواقع والآفاق). أكد أهمية تنظيم الأرشيف وحمايته من المؤثرات البيئية ومن خطر الخطأ والإهمال، وضرورة تأهيل القائمين على إدارة الأرشيف نظرياً وميدانياً. واستعرض المحاضر نماذج للأرشيفات المهملة والمبعثرة في دولة الإمارات قبل صدور القانون الاتحادي الخاص بتنظيم الأرشيفات وحفظ الوثائق، ثم التغيرات والتطورات التي شهدتها تلك الأرشيفات بعد أن حظيت بالاهتمام في ظل تطبيقات مواد القانون، ومتابعة المركز الوطني للوثائق والبحوث. وقدم المحاضر عدداً من التوصيات للارتقاء بالأرشيفات والمحافظة على الوثائق بهدف سرعة الوصول إليها عند الحاجة.

عبدالكريم بجاجة أثناء مداخلته
وكانت المحاضرة الثانية من طرف الأستاذ أحمد موجب بعنوان: (نظام إدارة الوثائق الجارية والوسيطة، والإجراءات الفنية في الأرشيفات)، وفيها تمّ التعريف بالوثائق في كل مرحلة من مراحل عمرها: الجاري، والوسيط، والتاريخي، وإجراءات العمل فيها، ثم استعرضت خطة حفظ الملفات وأهدافها، وكيفية إعدادها، ومعايير تحويل الأرشيف الوسيط إلى تاريخي، واختتمت بالإجراءات التي يجب اتباعها لدى إتلاف الوثيقة وطريقة الإتلاف في وقتنا الحاضر.
عبدالكريم بجاجة يتلقى شهادة تقدير من المدير التنفيذي للمركز
وأكدت المحاضرة الثالثة للأستاذ سفيان بوحرات عن (الأرشفة الإلكترونية وبرامجها) دور الأرشفة الإلكترونية في توسيع الحيز المكاني في ظل التزايد المطرد لحجم الوثائق، وفي سهولة تصنيفها، والوصول إليها، وإتاحتها، والمحافظة عليها من التلف والضياع، مع تأكيد أهمية المحافظة على الأرشيف الورقي التقليدي أيضاً، وبينت المحاضرة دور الأرشفة الإلكترونية السليمة التي تراعى فيها الجودة والدقة والمطابقة في الوصول إلى الحكومة الإلكترونية التي تتطلع إليها دولة الإمارات ضمن استراتيجيتها المستقبلية، وكشفت المحاضرة عن عدد من البرامج والتقنيات الحديثة ووظائفها في الأرشفة الإلكترونية، وتطرقت إلى العمل في مجال الأرشفة الإلكترونية وأهم المواصفات القياسية فيه.
الجدير بالذكر أن حوالي ستين أرشيفياً يمثلون الجهات الحكومية في إمارة أبوظبي شاركوا في هذه الدورة، وفي ختام الدورة وزع المركز الوطني للوثائق والبحوث الشهادات على جميع المشاركين.
(ملاحظة: أضيف في هذا المقال أسامي المحاضرين الذين قدموا عروضاً).
الصورة الختامية:
عبدالكريم بجاجة: الصف الأول، السادس من يسار الصورة
Quand Sarkozy fait ses emplettes au marché du Front national…
Chaque jour qui passe, Sarkozy tente de trouver une nouvelle idée pour confirmer sa nature foncière d’homme d’extrême droite égaré au sein des troupes démocrates de l’UMP, les vrais gaullistes. Et voilà qu’il croit avoir trouvé un filon inépuisable : le marché du Front national. Déterminé à rattraper son retard face à François Hollande, Sarkozy puise dans le marché du Front national tous les produits d’extrême droite susceptibles de redresser quelque peu à son profit le niveau des sondages. Mais à qui donc notre Sarkozy veut-il fourguer la marchandise achetée gratuitement au marché du Front national ?
Mais aux militants du Front national tout simplement ! Ainsi, Sarkozy pense réaliser un commerce juteux : acheter gratuitement des produits d’extrême droite pour ensuite les revendre aux militants d’extrême droite au prix de quelques voix lors de l’élection présidentielle. En somme un marché de dupe : « Je t’achète tes produits originaux, et je te revends tes propres produits après les avoir enduits d’une mince pellicule démocratique version UMP ». De la contrefaçon en somme !
Que ne faut-il pas faire en politique pour tromper son monde ! N’avais-je pas écrit un jour : « Dépolitiser la politique » ?
http://badjadja.e-monsite.com/pages/coups-de-gueule/depolitiser-la-politique.html
Connaissez-vous la famille BADJADJA?
Nous voilà :
Je suis en compagnie de ma descendance sur deux générations,
ma petite fille Serine, six mois, et mon kid Abdallah, dix ans.
Précision au sujet du prix du livre :
« Assigné à résidence au Sahara »
« Assigné à résidence au Sahara »
Face à la Sécurité militaire
Abdelkrim BADJADJA
Saarbrücken, Allemagne, Novembre 2010
http://www.amazon.com/Assign%C3%A9-r%C3%A9sidence-Sahara-S%C3%A9curit%C3%A9-militaire/dp/6131527369
Question posée par un correspondant :
« Des amis à qui je fais souvent lire vos mails, intéressés par le livre déplorent le coût du livre (trop cher) même en France. Est-ce le prix réel ou une spéculation? ».
Réponse :
Oui, le livre est cher parce que c'est l'éditeur qui fixe les prix, pas l'auteur. J'avais déjà fait une réclamation à ce sujet auprès de l'éditeur, mais c'était à prendre ou à laisser. Sachez que mes droits d'auteur sur ce livre ne sont pas calculés sur la base du prix de vente, mais sur la moitié de ce prix. Donc, dans la meilleure hypothèse, l'auteur ne percevra que moins de 5% du prix de vente, alors que ces droits sont fixés habituellement à 10% minimum. Pour l'instant, je n'ai perçu aucun centime, et probablement jamais, au titre des droits d'auteur, ni sur ce livre édité en Allemagne, ni sur les autres publiés en France.
La seule solution, en ce qui me concerne, était de tenter de faire éditer ce livre à l'étranger. Et ce sont les éditions universitaires européennes qui avaient accepté de le prendre en charge mais à leurs conditions. Si aujourd'hui, un éditeur algérien est intéressé par l'achat des droits d'auteur pour publier mes livres en Algérie à des prix raisonnables, ce serait une excellente alternative qui permettrait de les mettre sur le marché algérien à un coût très abordable. Je renoncerai volontiers à mes droits d'auteur.
Merci d'avoir soulevé cette question du prix.
Amitiés.
« El Watan » rend hommage à un valeureux compatriote :
Jean-Paul Grangaud
Professeur de médecine, cadre supérieur de la santé
http://www.elwatan.com/hebdo/portrait/il-a-foi-en-dieu-il-a-foi-en-l-homme-26-04-2012-168293_164.php
Mon opinion : Pourquoi n'a-t-il pas été nommé ministre de la santé?
J'avais connu ce grand médecin en 1995 lorsqu'il avait examiné mon fils âgé de quelques mois et qui avait de la peine à respirer. Le professeur Grangaud avait recommandé une intervention chirurgicale, mais pas avant l’âge d’un an. J’avais suivi ses recommandations, et mon fils se porte très bien depuis. Par la suite, je lisais de temps à autre son nom dans des articles de presse, et appris notamment qu’il avait été désigné comme directeur au ministère de la santé. J’avais bien espéré que son dévouement au service de sa patrie, et son engagement permanent au service de la santé publique, soient reconnus par une nomination comme ministre de la santé publique. Cette nomination aurait été une fierté pour l’Algérie reconnaissante envers ses enfants d’origine européenne. Il n’est pas trop tard je pense pour faire entrer au gouvernement nos compatriotes d’origine européenne qui avaient fait le choix de rester au service de l’Algérie.
Souvenir…Un visiteur inattendu :
Abdelaziz Bouteflika aux Archives Nationales
Juin 1997… Appel du ministère de affaires étrangères :
- Mr
- Bonjour, oui ?
- Voilà, deux anciens ministres voudraient vous rendre visite…
- Aucun problème, de qui s'agit-il ?
- MM. M'Hamed Hadj Yala, et Boualem Bessayeh…
- Bien, mettons-nous d'accord sur la date de la visite, pour informer le service d'accueil …
En fait, c’est la garde républicaine qui contrôle les accès…
Le jour de la visite…
- Mr
- Je vais les accueillir à la sortie de l'ascenseur…
Oh ! Les deux ministres sont bien là, mais avec un troisième qui n'avait pas été annoncé : Abdelaziz Bouteflika !
Je leur sers le café …Puis, Abdelaziz Bouteflika accapare la parole pour ne plus la lâcher pendant une heure…Etant quand même dans mon bureau, sur mon propre terrain, j'essaie de placer quelques mots…en vain. Nous devons nous contenter tout simplement d'absorber un flot ininterrompu de souvenirs, d'anecdotes, d’une rencontre avec le général De Gaulle au cours de laquelle le président français aurait dit : « Ne faites pas les cons, nous avions intégré cette portion de territoire à l’Algérie, ne laissez pas les Marocains s’en emparer ! ».
Extrait du livre :
« Assigné à résidence au Sahara »
Face à la Sécurité militaire
Französisch, von (Autor): Abdelkrim BADJADJA
Saarbrücken, Allemagne, Novembre 2010
http://www.amazon.com/Assign%C3%A9-r%C3%A9sidence-Sahara-S%C3%A9curit%C3%A9-militaire/dp/6131527369
Souvenir…
Reçu par le président Liamine Zeroual
Fin janvier 1994…Appel sur la ligne de souveraineté :
- Mr
- Bonjour, oui ?
- Le président voudrait vous rencontrer !
Quoi ? Le président Liamine Zeroual avait été installé le matin même, au palais des nations, comme président de l'Etat…J'avais assisté à la cérémonie!
- Le président voudrait me rencontrer personnellement ?
- Oui…En fait, il veut voir tous les responsables des structures de la présidence, mais un par un…
- D'accord, je comprends…Quand ?
- Il faut vous présenter maintenant au siège, et vous attendrez votre tour.
- D'accord…
L'attente sera vaine, le président ne pourra recevoir tout le monde l'après-midi même de son intronisation à la tête de l'Etat…Je dois revenir…
le lendemain…
- Monsieur
-"Bonjour monsieur le président, félicitations pour votre désignation à la tête de l'Etat…
-"Merci…Asseyez-vous là…
Loin de son bureau, deux fauteuils séparés par une table basse…
-" A qui ai-je l'honneur ?
Le président reçoit des cadres qu'il ne connaît pas encore…
-"
-" Ah ! Les Archives Nationales, oui…Parlez-moi de votre secteur, vos activités, vos problèmes éventuellement…
-"Oui, monsieur le président…
(Quinze minutes d'entretien)
-"Bien, nous sommes là pour vous aider dans votre mission…L'informatique, c'est très important, il faudra généraliser son utilisation pour une gestion performante de nos archives… Quant à votre action à l'intérieur du pays, c'est bien d'inclure les communes dans votre réflexion…On a tendance à les oublier, alors que tout travail sérieux doit inclure la base, c'est-à-dire les communes…"
Le président me raccompagne à la porte; rarement dans ma vie professionnelle j'aurai rencontré un responsable vraiment à l'écoute, courtois et simple de surcroît…
Extrait du livre :
« Assigné à résidence au Sahara »
Face à la Sécurité militaire
Französisch, von (Autor): Abdelkrim BADJADJA
Saarbrücken, Allemagne, Novembre 2010
http://www.amazon.com/Assign%C3%A9-r%C3%A9sidence-Sahara-S%C3%A9curit%C3%A9-militaire/dp/6131527369
Souvenir…
Le président Ali Kafi aux Archives Nationales
- Mr
- Bonjour Mr
- Bonjour Mr le président, à votre service…
- Bonjour Mr
- Vous êtes le bienvenu aux archives nationales à tout moment, Mr le président…
- Pour l'instant, j'aurai besoin de photos pour illustrer un livre que je suis en train de terminer…
- Quel type de photos, Mr le président ?
- Sur le soulèvement du 20 août 1955 par exemple…
- Dans l'immédiat, je peux déjà vous proposer un numéro spécial de Paris Match du mois d'août 1955, avec de nombreuses photos sur l'insurrection; surtout à Skikda…
- C'est exactement ce que je cherche, je vous félicite !
- Bon, nous allons en faire des copies, et vous pouvez envoyer quelqu'un les chercher…
- Très bien…Ecoutez si
- Aucun problème, Mr le président, envoyez-moi les documents, je m'en occuperai personnellement…
- Merci beaucoup, je vous retournerai les photocopies après publication, et nous resterons en contact pour un éventuel don des originaux aux archives nationales…Justement pour les contacts, donnez-moi votre ligne directe…
- Bien Mr le président, mais vous pouvez aussi me contacter sur la ligne de souveraineté…
Le président nous rendra visite aux archives nationales, et je me rendrai à deux reprises en son domicile, notamment pour recevoir une copie dédicacée de son livre. Notre dernière rencontre eut lieu en février 2001 à Hydra, au domicile de son neveu, Noureddine Harbi; je m'y étais rendu en fait pour remettre à Mohamed Harbi une lettre officielle du secrétaire général de la présidence de la république remerciant l'historien pour son don d'archives aux archives nationales. Mais à ce jour, je ne sais si le président Ali Kafi a suivi l'exemple de son neveu, en remettant les originaux ou à défaut les copies de ses documents.
Extrait du livre :
« Assigné à résidence au Sahara »
Face à la Sécurité militaire
Französisch, von (Autor): Abdelkrim BADJADJA
Saarbrücken, Allemagne, Novembre 2010
http://www.amazon.com/Assign%C3%A9-r%C3%A9sidence-Sahara-S%C3%A9curit%C3%A9-militaire/dp/6131527369
Souvenir…
Le président Benkhedda aux Archives Nationales
- Allo…Mr Badjadja, le président Benyoussef Benkhedda est là, il demande à vous voir si vous n'êtes pas occupé…
- Mais enfin, le président Benkhedda est le bienvenu à n'importe quel moment, que je sois occupé ou non…
- Bonjour Mr Badjadja…
- Mes respects Mr le président, le café est encore chaud, vous en voulez ?
Le président Benkhedda est de par sa nature un homme très modeste, qui se présente toujours comme chercheur, jamais comme ancien président du Gouvernement provisoire de la républicaine algérienne…
- Voilà, Mr Badjadja, je voudrais savoir s'il y a possibilité d'obtenir par l'intermédiaire des archives nationales d'Algérie une copie de la première mouture du "Manifeste du peuple algérien" remise par Ferhat Abbas à Robert Murphy, probablement en février 1942…
- Ecoutez Mr le président, comme vous le savez, nous avons organisé un colloque international sur les archives relatives à l'histoire de l'Algérie et conservées à l'étranger…Les archives nationales américaines nous avaient adressé un rapport de 90 pages sur ce qu'ils possèdent comme documents concernant notre pays de 1785 à 1991…Nous allons commencer par consulter ensemble le contenu de ce rapport qui a été publié dans le numéro 9 de notre série de publication…
Voilà :
" ... Archives Eisenhower… documents relatifs aux relations des forces alliées avec les dirigeants du Mouvement national, par l’intermédiaire de l’ambassadeur Robert D. Murphy, officier en chef des officiers civils du GRG, 1942-1943, qui avait légué à la bibliothèque présidentielle Eisenhower un témoignage oral (REF. OH 224 + OH 305, le deuxième témoignage probablement en sa qualité d'adjoint du sous-secrétaire d’État en 1953-1959" (Traduction de l'anglais par l'auteur)
- Nous allons donc saisir nos collègues américains pour essayer d'obtenir une copie du document qui vous intéresse s'il existe bien dans ce fonds…
Souvenir…
Le président Benbella aux Archives nationales
J’étais alors directeur général des archives nationales :
- Allo…Mr Badjadja s'il vous plait ?
- Lui-même, à qui ai-je l'honneur ?
- Khellil Bensmaine, secrétaire général du MDA (Mouvement démocratique algérien)…
- Oui, Mr Bensmaine ?
- Nous vous appelons pour vous informer que le président Benbella souhaite effectuer une visite aux archives nationales…
- Le président Benbella est le bienvenu à n'importe quel moment…
- Très bien, alors il faudra lui envoyer une invitation !
- Pardon ?
- J'ai dit qu'il faut envoyer une invitation au président…
- Ecoutez Mr Bensmaine, je ne comprends pas pourquoi nous devons adresser une invitation au président Benbella, alors qu'il est le bienvenu à n'importe quelle date ! Il vous suffit de nous téléphoner pour nous annoncer la date de sa visite, et il sera accueilli conformément à son rang d'ancien président de la république…
- Pourtant, il lui faudra une invitation…
La discussion tournera en rond…Aucune invitation ne sera envoyée…
Une année plus tard…
- Allo…Bonjour, le président Benbella veut visiter les archives nationales…
- A sa disposition…Quand ?
Le président Benbella est reçu comme il se doit…Dans mon bureau, en attendant la visite du centre des archives nationales, ça parle du passé…"J'avais 27 voix en ma faveur lors du CNRA de Tripoli en juin 1962"…Puis, Benbella commence à s'impatienter. Il avait raison, mais il ignorait que l'institution des archives nationales souffrait d'un dysfonctionnement avec deux responsables à sa tête en conflit permanent : le directeur général des archives nationales nommé par le président Ali Kafi en dépit des objections du DRS, et le directeur du centre des archives nationales imposé par ce même DRS parce qu’il s’agissait d’un ancien officier de la sécurité militaire…Finalement, au moment où nous commençons à descendre les escaliers pour rejoindre l'ascenseur, en vue d'entamer la visite, le "dysfonctionnement" se présente, ce qui permet d'éviter au président Benbella de revivre "on live" les dysfonctionnements de Tripoli 1962 !
Extrait du livre :
« Assigné à résidence au Sahara »
Face à
Französisch, von (Autor): Abdelkrim BADJADJA
Saarbrücken, Allemagne, Novembre 2010
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المركز الوطني للوثائق والبحوث يقيّم أرشيف دوائر رأس الخيمة http://www.alkhaleej.ae/portal/5e5560bb-50f5-4ff7-94c5-f62c108ea501.aspx
جريدة الخليج، الثلاثاء 10 إبريل 2012. |
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رأس الخيمة - حصة سيف. |
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قدم عبدالكريم بجاجة، خبير الأرشيف في المركز الوطني للوثائق والبحوث التابع لوزارة شؤون الرئاسة، صباح أمس، تقريراً عن أوضاع وحدات الأرشيف في عدد من الدوائر المحلية في رأس الخيمة، متضمناً عدداً من النصائح والتوصيات لتحسين وضع العملية الأرشيفية، في مقر مركز الدراسات والوثائق في رأس الخيمة .
ودعا خبير الأرشيف كل دائرة محلية أو اتحادية قبل أن تتخلص من أرشيفها أن تخطر المركز الوطني للوثائق والبحوث ليتم إرسال مشرفين ومختصين لتقييم الأرشيف واتخاذ القرار إما بالاحتفاظ به في الجهات المختصة بالوثائق في كل إمارة، أو في المركز الوطني للوثائق والبحوث وضمه للأرشيف التاريخي الوطني أو إتلافه .
حضر اللقاء الدكتور علي فارس، مدير مركز الدراسات والوثائق في رأس الخيمة، وممثلو عدد من الدوائر المحلية التي سبق وزارها المختصون بالأرشيف من المركز الوطني للوثائق والبحوث لمتابعة الأرشيف الوطني .
وقال عبدالكريم بجاجة: هدفنا إكمال زيارة 800 جهة حكومية اتحادية ومحلية في الدولة لتطوير ومتابعة وحدة الأرشيف للوصول إلى وضع نظام إدارة الوثائق والأرشيف الإلكتروني. |
Un nouveau statut pour les élus algériens (2)
Les appétits insatiables du 19 mars 1962
ont écrasé l’esprit de sacrifice du premier novembre 1954 !
Ce statut (imaginaire bien entendu) est en fait un « coup de gueule » sous forme de parodie qui prend le contre-pied du statut actuel des députés et sénateurs avec tous les avantages de la fonction, et aucun sacrifice à consentir. En somme du bénéfice total, rien que du bénéfice. D’où la mise aux enchères des places de députés, par le FNA ouvertement, et par tous les partis politiques en catimini, cela avec les encouragements du pouvoir qui n’en demandait pas tant. Il est loin, vraiment loin, l’esprit du premier novembre 1954 lorsque s’engager dans les rangs de la Révolution signifiait mettre en péril sa vie, sans aucune contrepartie.
En somme, l’esprit du premier novembre 1954 a été écrasé par les appétits insatiables du 19 mars 1962 que démontre chaque jour la course aux responsabilités et aux sièges juteux. Seule astreinte : lever sa main de temps en temps pour dire oui en toute circonstance. Les Beni Oui Oui ne sont pas morts !
Nos diplomates ciblés dans les « pays frères et amis » ?
Frapper sans merci!
Le 3 mai 1982, l’avion transportant Mohammed Seddik Benyahia, ministre des affaires étrangères, et quinze diplomates algériens, abattu par un missile irakien.
Mohammed Seddik Benyahia a été l’artisan de la libération en janvier 1981 des otages américains détenus en Iran après la révolution iranienne en 1979. Il est mort au-dessus de la frontière entre l’Iran et la Turquie le 3 mai 1982 et avec lui une délégation du MAE composée de 15 cadres, son avion ayant été abattu par un tir de missile dont l’Irak est, sans l’ombre d’un doute, responsable
http://www.eldjazaircom.dz/index.php?id_rubrique=213&id_article=2281
Menant une mission de paix entre l'Iran et l'Irak alors en guerre, Mohammed Seddik Benyahia mourra au-dessus de la frontière entre l'Iran et la Turquie le 3 mai 1982, et avec lui une délégation du MAE composée de 15 cadres : son avion sera abattu par un tir de missile. L'Iran accusa l'Irak, qui nia toute responsabilité.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Seddik_Benyahia
Le 27 juillet 2005, deux diplomates algériens assassinés à Baghdad.
Al-Qaïda en Irak avait annoncé dans un communiqué avoir tué le chargé d'affaires algérien Ali Belaroussi, 62 ans, qui était proche de la retraite, et son adjoint Azzedine Belkadi, 47 ans. Les deux diplomates algériens avaient été kidnappés le 21 juillet à Bagdad…Les corps des deux diplomates n'ont toujours pas été remis aux autorités algériennes qui ignorent toujours le lieu où ils ont été enterrés.
Le jeudi 5 avril 2012, le Consulat d'Algérie à Gao (Mali) attaqué par un groupe armé : Le consul et 6 agents enlevés.
http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/26330
Premières réactions de l’Algérie :
Medelci : « Aucune revendication enregistrée sur l’enlèvement des diplomates algériens au Mali ».
http://www.aps.dz/Medelci-aucune-revendication.html
Mon commentaire : Non Monsieur le ministre, ce n’est pas cette molle réaction qui intéresse les Algériens. Il fallait réagir énergiquement non par des propos de diplomates, mais des actes militaires de légitime défense. Y en a marre de voir nos diplomates ciblés par des pays « frères et amis ». Il faut frapper sans merci pour faire comprendre une fois pour toutes à nos ennemis et nos pseudo amis que l’on ne peut toucher à nos diplomates, ni aux citoyens algériens, sans risquer de voir tomber sur leur tête les foudres du ciel. L’Algérie en a les moyens bon sang, arrêtez de nous humilier !
Enlèvement des diplomates : 3000 paras-commandos d’élite des forces algériennes prêts à intervenir.
Mon commentaire : Voilà le type de réaction que j’espérais, qu’attendez-vous pour larguer nos forces sur le nord du Mali pour sauver nos diplomates et pour écraser ceux qui nous agressent que ce soit des ennemis ou de pseudo amis. J’en ai rien à foutre de la « souveraineté du Mali » qui est déjà partie en fumée au premier coup de boutoir d’une junte d’aventuriers.
Un nouveau statut pour les élus algériens
- La charge d’élu du peuple est un immense honneur conféré par la nation à ses citoyens les plus méritants, moyennant des sacrifices personnels dans l’intérêt public.
- L’âge légal pour se présenter aux élections des assemblées locales, régionales, et nationales, est fixé de 25 ans à 56 ans.
- Les élus du peuple sont élus pour un mandat unique de quatre ans non renouvelable.
- Tout élu pour une assemblée quelconque ne pourra se représenter pour une autre assemblée à la fin de son mandat.
- Les élus du peuple sont astreints aux même obligations que l’ensemble des citoyens.
- Mais, ils n’auront pas accès aux mêmes droits en partant du principe que les élus du peuple devront faire le serment de se sacrifier pour le bien de la nation.
- Les élus du peuple doivent faire une déclaration de patrimoine en début et en fin de mandat conformément à la loi relative à la déclaration de patrimoine.
- Les élus du peuple seront encouragés à faire don à la nation des biens et propriétés en excédent qu’ils possédaient avant leur élection, ne gardant pour leurs besoins que l’essentiel.
- Aucune immunité d’aucune sorte ne protègera les élus du peuple.
- Au contraire, pour tout délit, infraction, et crime commis par les élus du peuple, la peine encourue sera le double de celle prévue pour un simple citoyen.
- Les élus du peuple n’auront droit à aucune indemnité de quelque nature que ce soit, ni financière, ni matérielle, ni pendant leur mandat, ni après.
- Les élus du peuple doivent donner l’exemple en prenant à leur charge repas, hébergement, transports, frais de déplacements.
- Les années passées au service de la nation en tant qu’élus du peuple ne donneront droit à aucune gratification, et ne seront pas comptabilisées dans leurs carrières.
- Les réunions des différentes assemblées locales, régionales, et nationales se tiendront en dehors des horaires de travail, afin de permettre aux élus du peuple d’assumer leurs obligations professionnelles le jour, et d’honorer leur mandat d’élus le soir.
- Les élus du peuple sont tenus d’assister à toutes les réunions de leur assemblée sauf cas de maladie grave, ou d’empêchement majeur, dûment établis par huissier de justice.
- Les élus du peuple seront exclus de leur assemblée après une absence non motivée, et trois absences motivées.
- Tout élu du peuple qui aura utilisé sa fonction pour obtenir un avantage quelconque sera jugé pour haute trahison.
Conclusion : Si ce statut est adopté, combien de candidats se présenteront-ils aux prochaines échéances électorales selon vous ?
Abu Dhabi le 4 avril 2012
Abdelkrim Badjadja
Un citoyen lambda qui ne s’est jamais porté candidat à une élection quelconque, et qui n’est pas prêt de le faire.
Un sociologue algérien : « DRS ? Connais pas ! » (2)
http://lequotidienalgerie.org/2012/03/26/un-sociologue-algerien-drs-connais-pas/
Question de Azedine BELAHCENE:
Bonjour à tous.
Nous sommes en 2012, à l’ère du net et des réseaux sociaux . . .
Dites mois sérieusement quel est le pays au monde qui n’aurait pas l’équivalent de notre DRS?
Pensez-y et vous …
Réponse :
Bonjour Azzedine,
Le DRS algérien se distingue des autres services de renseignements à travers le monde par les prouesses criminelles suivantes:
- C'est le seul service de renseignement à travers le monde qui considère son propre peuple, le peuple algérien, comme son unique ennemi.
- C’est le seul service de renseignements qui compte à son actif 200.000 citoyens assassinés, et 20.000 autres « disparus », entendre par là dont on n’a jamais retrouvé les cadavres.
- C’est le seul service de renseignements qui s’est octroyé, par la terreur, le pouvoir de désigner les chefs d’Etat et de les démettre, ainsi que les principaux dirigeants du pays.
- Enfin c’est le seul service de renseignement du monde qui dirige effectivement le pays, dans la voie du mal, à travers des institutions fantoches qu’il dirige d’une main de fer : présidence, parlement, gouvernement, partis politiques et associations.
Bien entendu tous ceux qui marchent avec le DRS, en bénéficiant de ses largesses et de sa protection, vous diront le contraire. A commencer par notre sociologue qui avait inondé la presse nationale d’études qui parlent de tout sauf de l’essentiel : le DRS. J’avais déjà écrit qu’un pays a effectivement besoin d’un service de renseignements, mais pour le protéger contre les ennemis extérieurs, pas pour réprimer les citoyens, les torturer, puis les assassiner !
Mes opinions au sujet d’articles publiés par le quotidien El Watan
El Watan, le 26 mars 2012
Vieux bâti à Constantine, Une réhabilitation imminente.
Mon opinion publiée le 27 mars 2012 :
« Et le quartier Souika ?
Abdelkrim Badjadja vous écrit: C'est bien de vouloir restaurer l'ancien bâti colonial. Mais c'est encore mieux de restaurer Souika dont le tissu urbain remonte à l’antiquité! Voir mon appel : http ... la suite
Abdelkrim Badjadja vous écrit: C'est bien de vouloir restaurer l'ancien bâti colonial. Mais c'est encore mieux de restaurer Souika dont le tissu urbain remonte à l’antiquité! Voir mon appel :
Vieille de vingt-cinq siècles au moins, appelée Cirta dans l’antiquité, Constantine célébrera en l’an 2013 son 17ème siècle d’existence sous ce nom qu’elle doit à l’empereur romain Constantin le Grand (272-337), qui la fit rebâtir après les destructions que lui avaient causées les guerres civiles romaines. Cet évènement devrait être fêtée, non seulement au niveau local ou national, mais aussi au niveau international, Constantine appartenant à l’histoire universelle, en symbolisant par sa permanence sur le même site depuis 25 siècles au moins l’histoire de l’Algérie ».
El Watan, le 27 mars 2012
De l’Algérien Merah au Français Benzema
Mon opinion :
« Quelle est la différence entre un FSE, et un FSNA ? Lire le texte complet :
http://badjadja.e-monsite.com/pages/actualites/a-propos-du-debat-sur-l-identite-en-france.html
Explication de texte - De Gaulle en arrivant au pouvoir en 1958, en pleine guerre d'Algérie, avait décidé d'accorder la citoyenneté française à tous les Algériens musulmans (c'était déjà trop tard). L'administration coloniale chargée d'appliquer en rechignant cette mesure, qui rendait tous les habitants de l'Algérie égaux en droits et devoirs, avait inventé un moyen pour distinguer quand même entre un français et un autre, d'où les concepts de FSE et de FSNA :
FSE = Français de souche européenne.
FSNA = Français de souche nord-africaine.
Ces concepts sont en vigueur aujourd'hui en France, sous d'autres appellations. Exemples:
Un jour de victoire :
- « Bravo, le Français Mohamed Ben Mohamed a marqué un but sensationnel! »
Un jour de défaite :
- « Ah, le Franco-maghrébin Mohamed Ben Mohamed a raté lamentablement un penalty! ».
El Watan, le 29 mars 2012
Nouria Hafsi, S.G. de l’UNFA, s’attaque au patron du RND :
«Ouyahia est un despote, un danger pour le pays»
Mon opinion :
« Ouyahia? Robocop !
Le RND est un parti Taiwan qui a attiré les éléments les plus opportunistes du FLN. Ahmed Ouyahia est un assemblage de fer, de bric et de broc sans état d’âme: ROBOCOP...mais un Outlaw détrousseur de pauvres gens, pas un policier défenseur de la veuve et de l'orphelin ».
"Les Algériens : de grossiers personnages ?" (3)
Polémique
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Correspondance reçue de Mr Ahmed Cheniki:
A : Abdelkrim Badjadja Lundi 26 mars 2012, 20h42 Bonjour, ce discours sur les Algériens qui seraient de "grossiers personnages" est ridicule". Propos raciste qui me fait penser au discours colonial. Soyez sérieux. Vous êtes apparemment à l'aise dans une dictature. C'est votre droit le plus absolu de vivre dans une dictature. Vous semblez quelque peu aigri, cher Monsieur. Cordialement. |
Réponse de Abdelkrim Badjada :
Monsieur, je réponds point par point à vos propos:
1- « ne répondez pas » : Ainsi Monsieur, vous m’envoyez une lettre agressive et insultante, et dans le même temps vous exigez que l’on ne vous réponde pas. Qui a parlé de dictature ?
2- « Propos raciste » : Vraiment ! Lire des propos vraiment racistes émanant de certains de nos compatriotes, propos que ne tiendrait jamais la famille Le Pen : « Exemple de propos racistes contre les Arabes » :
http://badjadja.e-monsite.com/pages/actualites/exemple-de-propos-racistes-contre-les-arabes.html
3- « Vous êtes apparemment à l'aise dans une dictature…. » : Les Emirats une dictature ? Et vous osez le dire à partir d’un pays, notre pays qui compte 200.000 tués, et 20.000 disparus (assassinés par le DRS). Faites l’inventaire des personnes enlevées, torturées, assassinées aux Emirats, avant de qualifier ce pays de dictature.
4- "les gens des Emirats que vous ne pourriez jamais critiquer, pour des raisons évidentes » : Critiquer quoi ? Les citoyens de ce pays sont certainement plus heureux que n’importe quel algérien, y compris les charognards milliardaires algériens qui savent que les fortunes sur lesquelles ils posent leurs fesses ne leur appartiennent pas. Critiquer qui ? Revenez à mon texte sur le 40ème anniversaire des Emirats, pays qui s’est construit en 50 ans, durant le même laps de temps mis pour détruire notre pays, en particulier miner le moral de la population :
http://lequotidienalgerie.org/2011/11/30/40eme-anniversaire-des-emirats-arabes-unis-temoignage/
Détrompez-vous : Les Emirats comptent plus de 8 millions d’habitants, en majorité des expatriés, et tout le monde dans ce pays, nationaux et étrangers, est heureux. Les autorités de ce pays ne se soucient guère des opinions des uns et des autres, il y a bien quelque 120 nationalités au moins qui cohabitent pacifiquement dans ce pays. Ce qui est attendu de chaque expatrié c’est le rendement et la productivité qui justifient l’appel aux étrangers, tous corps de métiers confondus. En ce qui concerne mon secteur d’activité, je n’hésite jamais à pointer franchement le doigt sur les problèmes qui affectent les archives dans ce pays. Lire le compte-rendu de presse de la dernière réunion que j’avais présidée à l’Emirat de Fujaïrah le 18 mars 2012 :
خبير أرشفة يعرض تجربته أمام المؤسسات الحكومية فيالفجيرة:
http://www.fujairahnews.net/News.aspx?id=2477&sid=3
»…وأكد بجاجة في مستهل حديثه على أن وضع الأرشيف في الإمارات يفتقر إلى المعايير والمقاييس والمواصفات الدولية في كثير من الهيئات والمؤسسات الحكومية... «
5- « Moi, je me bats dans mon pays » : Peut-être, mais je ne sais pas si vous vous battez pour le pays, ou pour vos intérêts. Juste une question : Où étiez-vous le 22 novembre 1986 lorsque j’avais été enlevé par la sécurité militaire, enfermé dans un cachot, coupé du monde extérieur, brutalisé, torturé, puis déporté pendant plusieurs mois à Bordj Omar Driss, au milieu du Sahara ? Mais rassurez-vous, à l’époque je ne combattais pas du tout le régime, mais les problèmes qui affectaient le secteur des archives. Et c’était le principal reproche qui m’avait été fait par un officier de la sécurité militaire : « Tu n’as pas su profiter de ton poste ». Voilà l’Algérie de 1986-1987, et cela n’a pas changé aujourd’hui. Après mon limogeage pour refus de me plier à la volonté des politiques, toutes les portes ayant été fermées, j’ai été contraint de quitter mon pays où je voyais les menaces pointer de partout, des terroriste avec ou sans uniforme.
6- Pour finir, laissez-moi vous rappeler certaines de vos correspondances antérieures en m’en tenant à l’année 2007, n’oubliez pas que je suis archiviste avant tout.
Abu Dhabi le 27 mars 2012
Abdelkrim Badjadja
Correspondances antérieures d’Ahmed Cheniki :
Mardi 13 novembre 2007 12h38
Ahmed CHENIKI à Abdelkrim Badjadja
Université de Annaba
Ne craignez pas vos ennemis…
Craignez les indifférents,
Leur silence autorise le crime et la trahison.
(Bruno Iassenski)
Jeudi 15 novembre 2007 1h00
Ahmed Cheniki à Abdelkrim Badjadja
Tout d'abord bonjour. Je vous remercie très vivement pour votre soutien. Connaissant votre combat pour la défense des droits humains et la sauvegarde de la culture nationale, je n'ai pas du tout été surpris par votre acte.
Mercredi 19 décembre 2007 1h52
Ahmed Cheniki à Abdelkrim Badjadja
Aïd Moubarak. Beaucoup de belles choses et de jours heureux . Une extraordinaire année 2008, une excellente santé et de merveilleux moments de joie.
NB/ Cet échange de correspondances sera rendu public ; j’assume mes écrits, assumez les vôtres ! Abdelkrim Badjadja.
Un sociologue algérien : « DRS ? Connais pas ! »
Echange de mails février 2011 – mars 2011
Le sociologue, Jeudi 10 février 2011, 4h10 : Vous trouverez en attachement le texte dans sa version Word initiale d'un entretien …Toute observation critique est la bienvenue.
Abdelkrim Badjadja, Jeudi 10 février 2011, 14h 31min 58s :
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Je viens de prendre connaissance de ton texte, joint à ta lettre en Word, parce que je n’ai pu localiser la version publiée dans un journal en Arabe. A moins que l’interview n’ait été accordée en Arabe. Peu importe. De manière générale, je te trouve trop prudent dans tes propositions de scénarios pour le futur, et de plus tu laisses toujours la porte ouverte à tous les imprévus, ce qui en fin de compte te donnera raison quel que soit l’issue des manifestations populaires en Tunisie et en Egypte, y compris les imprévus. Dans les deux pays, effectivement l’armée, principale force organisée, pèsera de tout son poids sur les transformations politiques, mais tout dépendra du degré et du niveau de corruption qui l’affecte. Pour ce qui est de l’Algérie, tu oublies, à moins que ce ne soit volontairement, un acteur majeur de la scène politique en Algérie depuis vingt ans, que dis-je depuis 1957 avec l’assassinat de Abane Ramdane : la sécurité militaire depuis toujours, sous le nom de DRS aujourd’hui, et qui détient l’essentiel du pouvoir. Ecarter Bouteflika du pouvoir ne posera pas de problème, tant ce mégalomane ne s’appuie sur aucune force réelle pour gouverner, si ce n’est le DRS qui fait et défait les rois par tous les moyens, n’est-ce pas Mohamed Boudiaf ? Par contre, éliminer définitivement de la scène politique en Algérie le DRS et toute forme de police politique ne se fera jamais sans douleurs, voire de bains de sang. Le DRS n’a pas le choix : aucune possibilité de s’évader à l’extérieur sous peine de se retrouver vite fait devant le tribunal pénal international pour crimes contre l’humanité, sans même pouvoir jouir des milliards de dollars et d’euros amassés à l’étranger. En réalité, ma conviction intime est qu’il vaut mieux pour les responsables du DRS qu’ils se rendent d’eux-mêmes au TPI le plus tôt possible, ils pourront faire traîner dans le confort leur procès, et où au final ils n’encourent pas la peine de mort bannie en Europe. Parce que s’obstiner à phagocyter l’essentiel du pouvoir en Algérie débouchera tôt ou tard sur un soulèvement généralisé : au mieux ils passeront en cour martiale pour crimes contre l’humanité, au pire ils seront lynchés avec leurs proches par la population, n’est-ce pas Mussolini ? |
Le sociologue, Jeudi 10 février 2011, 15h 11min 19s : Le DRS n'a aucune existence en lui-même et fonctionne sous la couverture de l'Armée dont il est partie intégrante. Or, je pose clairement la question de l'évaluation du rôle politique de l'Armée qui doit donc être clairement discuté. J'espère que nous pourrons un jour discuter de tout ça de vive voix.
Abdelkrim Badjadja, Jeudi 10 février 2011, 22h 02min 44s : Le cœur du problème.
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Je suis convaincu du contraire, le DRS est vraiment le cœur du problème de l'Algérie, et il prétend se placer au-dessus de l'armée. Dans toutes les hypothèses, un pays a besoin d'une armée c’est vrai, mais pas d'une organisation criminelle qui prétend se placer au-dessus de tout ce qui fait l'Algérie, y compris l'armée et la présidence. Ne pas étudier et analyser l'emprise, les méfaits, et les crimes contre l'humanité qui sont imputables au DRS, 200.000 morts, c'est vraiment se tromper complètement de champ d'analyse. Oui pour une rencontre, mais pas en Algérie où les sbires du DRS m'attendent de pied ferme pour me faire disparaître, comme ont disparu 20.000 algériens, aucune trace de leurs cadavres. Bienheureux les proches des moines de Thibérine dont le DRS a restitué les têtes, non pas par un sentiment quelconque, ils en sont totalement dépourvus, mais juste pour stopper toute recherche de la France dans le but de connaître le sort des moines. Je connais personnellement plusieurs de ces cas de compatriotes disparus, dont le cousin germain de ….que tu connais, enlevé par le DRS en 1995 de Souika, et dont le corps n'a jamais été retrouvé, de même que le frère de notre ami enlevé lui de la même maison...en 1957 par l'armée française! Ce serait commettre un deuxième crime que d'ignorer l'histoire des 20.000 algériens assassinés sans traces par le DRS. Il ne s'agit pas d'échanger des opinions à ce sujet lors d'une éventuelle rencontre, ce n'est pas un sujet théorique à débattre autour d'un café! Vivement que la Révolution populaire balaie toute cette ordure d'Algérie, je pourrais alors rentrer au pays, voir ma famille, mes amis, sans crainte d'être enlevé à mon arrivée à l'aéroport comme cela m'est déjà arrivé.
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Le sociologue, Jeudi 10 février 2011, 22h 18min 59s : Le DRS n'a aucune légitimité en lui-même et ne peut fonctionner que sous la couverture de l'Armée et c'est donc un problème institutionnel à poser et qui permettra, éventuellement, de résoudre celui du DRS qui te préoccupe et qui nous préoccupe tous, à juste titre. Quant aux moines de Tibhérine, sur la base de mes informations, je ne partage pas ton point de vue.
Abdelkrim Badjadja, Vendredi 11 février 2011, 21h 19min 24s : LA RÉVOLUTION ÉGYPTIENNE A TRIOMPHÉ.
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MABROUK POUR NOS FRÈRES ÉGYPTIENS. LEUR DEUXIÈME RÉVOLUTION A TRIOMPHÉ. IN CHAA ALLAH LE RÉGIME ALGÉRIEN TOMBERA BIENTÔT, ET SERONT DÉVOILÉS AU MONDE ENTIER LES CRIMES CONTRE L'HUMANITÉ COMMIS PAR LE GÉNÉRAL TEWFIK "HITLER II". RENDEZ-VOUS A ALGER...ENFIN!
Le sociologue ; Lundi 14 février 2011, 4h02 : Vous trouverez en attachement le texte d'une contribution personnelle sur l'analyse de la situation algérienne …Toute observation critique est la bienvenue. |
Abdelkrim Badjadja, Lundi 14 février 2011, 9h 30min 01s :
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Je lirai à tête reposée ton nouveau texte, et te ferai part éventuellement de mes opinions. Mais d'ores et déjà, en traversant ton texte en diagonale, je constate une fois de plus que le sigle DRS n'apparaît nulle part. Il me semble que tu es bien le seul parmi tous les auteurs qui écrivent sur l'Algérie d'aujourd'hui à ne pas inclure le DRS dans ton champ d'études, sachant que l'ANP en tant qu'organe institutionnel ne peut en aucun cas inclure le DRS qui est une excroissance anormale, un vrai cancer. Juste une question au sujet de ta méthode de travail en tant que sociologue: fais-tu des enquêtes de terrain de temps à autre, ou te concentres-tu sur des sources littéraires, revues, livres, journaux?
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Abdelkrim Badjadja, Mercredi 23 février 2011, 14h30 : Je t'avais envoyé le message ci-dessous resté sans réponse. Que se passe-t-il?
« Juste une question au sujet de ta méthode de travail en tant que sociologue: fais-tu des enquêtes de terrain de temps à autre, ou te concentres-tu sur des sources littéraires, revues, livres, journaux? ».
Le sociologue, 22 mars 2011, 3h01 :Vous trouverez en attachement le texte - dans sa version Word initiale - d'une analyse personnelle intitulée… Toute observation critique est la bienvenue.
Abdelkrim Badjadja, 22 mars 2011, 9h37: J'ai supprimé ton nom de ma liste de correspondants. Tu es prié d'en faire de même. J'admets que nous puissions avoir des divergences, mais je n'admets pas que l'on ne réponde pas à mon courrier. Mes questions te gênent? Tu n'es pas obligé de répondre à l'ami de plus de 50 ans qui te les pose, et cet ami en conclut que la relation de confiance est rompu...définitivement.
Les Algériens : de grossiers personnages ? (2)
Texte reçu de l’un de mes correspondants pour enfoncer le clou :
« J'ajouterai cette anecdote : La scène se déroule dans un restaurant en Turquie. Le serveur est Égyptien, son patron est Libanais. Un client Égyptien est mécontent (apparemment) du service (ou autre raison que j'ignore), il le fait savoir à son compatriote serveur. Ils élèvent le ton. On échanges les remarques ensuite les "insultes", toujours dans un langage correct (eh oui, on s'insulte sans utiliser des mots déplacés). Le patron des lieux arrive. Il essaie de calmer le client, en renvoyant le serveur à la cuisine. Les amabilités reprennent le dessus. Et hop, reprise des hostilités; les remarques du clients qui ne semblent pas plaire au patron non plus. La discussion redevient plus vive ...!
Les trois Algériens que nous étions attablés dans ce restaurant, et alors que personne n'a demandé notre avis sur la question, nous trouvâmes la "dispute" du genre "trop de bruit pour rien". Il était anormal que deux hommes puissent s'échanger autant d'animosités sans que personne n'eut idée à lever la main sur l'autre. Alors que nous commentions le scène et "analysions" la situation, un jeune homme s'invite brutalement dans la dispute entre le patron et le client et fait, à voix haute, la remarque suivante : ya bou-rab, (nous sûmes d'entrée qu'il s'agissait d'un compatriote bien de chez nous!!) vous nous cassez la tête depuis tout à l'heure, ici nous sommes dans un restaurant et non pas dans un hammam. Il se tourne vers le client le prend par le col de sa chemise et le fait trainer manu-militari jusqu'à la porte de sortie. Une bagarre éclata, on les sépare. Le mec revient à la charge et conseille au patron de fermer son restaurant et de rentrer chez lui au Liban s'il n'est pas capable d'assurer l'ordre et la quiétude pour sa clientèle.
Et cerise sur le gâteau : il s'en prend à la Police qu'il trouva trop frêle à son goût pour venir à bout d'une dispute de vieille femmes.
La Police l'embarque, et c'est le patron du restaurant qui les supplia pour le relâcher, se proposant même de payer pour lui une contravention. Il s'acquitta (je pense) d'une tchipa qui permet à notre "valeureux" compatriote de recouvrer sa liberté. »
Les Algériens : de grossiers personnages ?
Tunis, à l’époque de Bourguiba.
Je suis dans un taxi à places. Arrivé à destination, un passager descend puis claque violemment la portière. Le chauffeur du taxi s’exclame :
- Mais enfin, tu veux fracasser la porte ou quoi ? Doucement, doucement avec la porte, Bourguiba nous a ramené l’indépendance en douceur, sans violence !
Alger, année 2000.
Je suis à la maison, un logement d’astreinte de la présidence. Dans la journée, un provocateur inconnu avait téléphoné à plusieurs reprises à la maison, utilisant le trois chiffres de la ligne intérieure. L’objet de son appel : manquer de respect à ma famille. Dans la soirée, un nouvel appel sur le trois chiffres, c'est moi qui décroche :
- Allo, oui ?
- …(Silence)
- Oui, je vous écoute…
-…(Silence)
- Mais enfin, parlez, qui êtes-vous ?
-…(Resilence)
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? C'est probablement toi qui a importuné ma femme et ma fille durant la journée…Ouvre bien tes oreilles salaud…
…Suit tout le vocabulaire obscène entendu durant mon enfance à Souika, la vieille ville de Constantine, vocabulaire que je m’étais toujours refusé d’utiliser…Je m'en excuse auprès de sa mère et de sa sœur …objet principal de ces obscénités!
Le lendemain, le provocateur avait été identifié comme un élément du cabinet du chef de l’état. Aucune suite à ma plainte, mais je ne regrette pas le chapelet d’obscénités que j’avais déversé dans l’oreille de ce provocateur, apparemment assuré de l’impunité dont peut jouir le chef de l’Etat en personne !
Tunisie, Tabarka, août 2005.
Mon fils a trois ans, il était temps de le circoncire selon la tradition musulmane. Ne pouvant entrer en Algérie, je fus dans l’obligation de faire subir à mon fils la circoncision dans une clinique tunisienne, en même temps que de petits tunisiens venus en fête. Juste avant de procéder à la césure du prépuce, le médecin demande à ma femme et moi d’assister à l’opération. Le médecin m’interroge :
- « Comment ça se passe avec votre fils ? ».
- « Hé bein, il est quelque peu turbulent… ».
Le médecin tunisien s’esclaffe :
- « Ah bon ! Vous connaissez un algérien qui ne soit pas turbulent ? ».
Abu Dhabi de 2002 à 2012.
Durant dix ans aux Emirats, je n’avais jamais entendu la moindre obscénité, ni assisté à la moindre bagarre. Je défie mes compatriotes d’en dire autant, ne serait-ce que lors d’une journée passée dans une ville algérienne !
Juin 2011, aéroport de Dubaï où j’avais accompagné un parent rentrant à Alger.
Pardon, je retire ce que je viens d’affirmer. En effet, pour la première fois j’ai entendu des obscénités, proférées par une dame de surcroît ! Et quelques instants après, j’avais assisté incrédule à un spectacle inhabituel aux Emirats : une bagarre à coups de poings entre deux jeunes gens. Cela s’est passé devant le guichet d’Air Algérie, et les protagonistes tous de nationalité algérienne. La dame en question étant une trabendiste qui voulait à tout prix renter à Alger avec ses marchandises, sans OK, quitte à griller les passagers avec OK ! Je retire mon pardon en début de paragraphe : Devant le guichet d’Air Algérie, à Dubaï ou ailleurs, nous ne sommes plus en territoire étranger, mais en Algérie, pays de grossiers personnages n’est-ce pas ?
Confusion entre
Achives nationales et Archives étrangères!
Franchement, je suis étonné que le ministre des moudjahidine ne sache pas faire la différence entre les archives algériennes qui font l’objet de contentieux avec la France, et les archives étrangères qui appartiennent aux pays concernés même si certaines de ces archives intéressent l’histoire de l’Algérie. Je cite le ministre : « …la récupération des archives nationales détenues par plusieurs pays, dont la Turquie, la Grande-Bretagne, la France et l’Egypte… ».
En fait, l’Algérie n’a qu’un seul contentieux: avec la France qui avait transféré clandestinement, à la veille de l’indépendance, 200.000 cartons d’archives algériennes qui étaient conservés dans les différents services d’archives à travers l’Algérie, gouvernement général, préfectures, sous-préfectures, communes mixtes et communes de plein exercice, tribunaux, SAS, SAU, etc…
Quant aux archives étrangères qui intéressent l’histoire de l’Algérie, elles existent dans plusieurs dizaines de pays à travers le monde, non seulement en Turquie, en Grande Bretagne, et en Egypte, mais dans tous les pays arabes, et dans tous les continents, y compris en Chine, en Afrique du Sud, et en …Australie !
Ces archives étrangères se composent de correspondances diplomatiques de leurs consulats à Alger, de récits de voyageurs, d’archives des sociétés qui avaient fait commerce avec l’Algérie. N’oublions pas, à titre d’exemple, que la Régence d’Alger avait signé 102 traités de paix et de commerce avec 15 nations occidentales du 17ème au 19ème siècle, dont la moitié avec la France. Tous ces pays avaient conservés leurs archives, on ne peut pas en dire autant des nôtres transférées en France.
Le quotidien algérien « Ech-Chourouk » publie un dossier
sur le Contentieux archivistique algéro-français :
600 tonnes d’archives transférées vers la France à l’annonce de l’indépendance
Abdenour Boukhemkhem,
Version française Madjid D.
http://www.echoroukonline.com/ara/articles/124805.html
200 000 boites d’archives contenant d’inestimables documents sur la période coloniale ont été transférées clandestinement par les autorités françaises d’Algérie vers la France entre 1961 et 1962. Ces archives concernent tous les aspects de la vie en Algérie, notamment la vie politique, administrative, sociale et économique durant la période coloniale.
Grande fut la surprise pour le jeune archiviste Abdelkrim Badjadja au moment où il découvrit en 1974 un trésor inestimable laissé par omission par les autorités françaises. Ces derniers ne savaient pas qu’ils ont laissé derrière eux des archives d’une très grande valeur qui serviront par la suite lors des négociations entre Alger et Paris pour la restitution des archives à l’Algérie. Ces archives témoigneront pour toujours de tous les crimes commis par la France durant sa présence en Algérie. Abdelkrim Badjadja venait tout juste de terminer ses études universitaires lorsqu’on lui a confié en 1974 la responsabilité de gérer le Centre régional des archives de Constantine. En fouillant et feuilletant les archives concernant la gestion du centre durant l’ère coloniale, il est tombé sur des listes détaillées de toutes les archives tous les documents portant sur toute la région Est du pays qui ont été transférées clandestinement vers la France entre 1961 et 1962. Ces preuves inestimables ont été laissées par omission par le responsable français des archives de Constantine, André Berthier. Ces archives et documents précieux découverts par Abdelkrim Badjadja donnent des informations précises sur toutes les opérations de transferts secrets et rapides de 200 000 boites d’archives, soit quelque 600 tonnes d’archives transférées vers la France. Ces documents trouvés donnent même les noms des chauffeurs et les numéros des camions militaires au bord desquels ont été transportées ces archives. Ces données ont beaucoup aidé l’Algérie dans ses négociations avec la France pour la restitution des archives algériennes.
Pour rappel, les négociations pour la restitution de la mémoire collective du peuple algérien (archives) ont commencé dès le début des années 1980 et durent encore à ce jour. Les archives demandées par l’Algérie concernent tous les aspects de la vie en Algérie, notamment la vie politique, administrative, sociale et économique durant la période coloniale. La plus grande partie de ces archives a été transférée au Centre des archives d’Aix-en-Provence en France. L’Algérie a entamé des négociations au lendemain de l’indépendance avec la France pour la restitution des archives datant de la période coloniale. Mais ce n’est qu’au début des années 1980 que la France accepte pour la première fois d’entamer des négociations officielles au sujet de la restitution de ces archives transférées en France. Les négociations ont duré une très longue période et durent encore. Sur les 600 tonnes (200 000 boites d’archives), la partie française ne reconnaît que 53 000 boites. Malgré cela, l’Algérie n’a pu reprendre jusqu’à maintenant qu’une partie infime de ces archives. En premier temps, l’Algérie a reçu en 1968 quelque 386 registres repartis sur 36 boites d’archives. La deuxième fois la France a remis à l’Algérie en 1974 14 000 documents repartis sur 153 boites d’archives. En troisième période, l’Algérie a reçu en 1981 des archives sur la période ottomane. Il s’agit de 133 registres répartis sur 15 boites d’archives.
Publié aussi sur les sites suivants:
http://www.lematindz.net/news/7609-algerie-france-la-guerre-des-archives-se-poursuit.html
http://www.euroalgerie.org/2012/03/20/lindependance-algerie-600-tonnes-archives/
http://www.algerie360.com/algerie/algerie-france-la-guerre-des-archives-se-poursuit/
الشروق تفتح ملف أخطر جريمة في حق الذاكرة الوطنية الجزائرية
http://www.echoroukonline.com/ara/articles/124774.html
فرنسا هرّبت 200 ألف علبة من الأرشيف في شاحنات عسكرية فور إعلان الاستقلال
تحقيق / عبد النــــور بوخمخـــــم
فرنسا تواصل احتجاز الأرشيف الجزائري
تصوير: (ح.م)
الوفد الجزائري التزم بأن لا يفتح الأرشيف في حالة استرجاعه قبل الآجال القانونية الفرنسية
كانت مفاجأة كبيرة بالنسبة للأرشيفي الشاب، عبد الكريم بجاجة، حين اكتشف ذلك الكنز النادر، الذي لم يكن الفرنسيون على أعلى المستويات السياسية يعتقدون أنهم خلفوه وراءهم، حتى يبقى شاهدا على آثار الجريمة، كان بجاجة قد أنهى دراسته الجامعية ضمن أولى دفعات إطارات الجزائر المستقلة المتخصصين في الأرشفة والتوثيق، واستلم لتوه سنة 1974 مسؤولية المركز الجهوي للأرشيف في قسنطينة، وعندما كان يبحث ويقلب في الوثائق الإدارية القديمة الخاصة بتسيير المركز خلال الحقبة الاستعمارية، أين وقعت يده على قوائم اسمية تفصيلية لكل الوثائق والمستندات الأرشيفية الخاصة بكامل منطقة الشرق الجزائري، التي جرى تهريبها إلى فرنسا ما بين سنتي 1961 و1962، كان قد أعدها وتركها وراءه، بقصد أو بدون قصد، سلفه الفرنسي على رأس أرشيف قسنطينة "أندري بارتيي- André Berthier".
كان "عبد الكريم بجاجة" محظوظا، أولا لأن نظراءه في المركزين الجهويين للعاصمة ووهران لم يجدا شيئا على مستوى إقليم اختصاصهما، من أثر عملية التهريب السريعة والمنظمة للذاكرة الجماعية للجزائريين، وثانيا لأن الوثائق التي وجدها قدمت معلومات دقيقة عن كافة تفاصيل عملية تهريب 20 ألف علبة بحجم 100 طن من الأرشيف، مع أسماء السائقين الذين تولوا العملية وأرقام الشاحنات العسكرية التي حملتها. وكان لذلك دور كبير في المسار الذي أخذته المفاوضات السياسية ما بين الجزائر وفرنسا حول استرجاع ما اصطلح بعدها على تسميته "الأرشيف المرحل" عندما انطلقت مطلع الثمانينات ولم تغلق حتى الآن.
نقل أكثر من نصفها بعد تاريخ الإعلان الرسمي للاستقلال، أي بعد 5 جويلية 1962، ومست كل جوانب الحياة السياسية والإدارية والاجتماعية والاقتصادية خلال المرحلة الاستعمارية.
مجموعة من الوثائق والشهادات اطلعت عليها الشروق، أبرزها جاء على لسان "بجاجة" أو كتب بخط يده، تحكي كيف جرت معالجة هذا الملف متعدد الأبعاد في العلاقات الجزائرية والفرنسية خلال العقود الخمسة الماضية، وبعض هذه الوثائق ينقل أجزاء من محاضر الاجتماعات التي جمعت الوفدين المتفاوضين، "في المجموع جرى تهريب 200 ألف علبة بحجم 600 طن من الأرشيفات في تلك الفترة ما بين سنتي 1961 و1962، ولأن جزءا كبيرا منها جرى ترحيله بشكل عاجل بعد إعلان الاستقلال رسميا، فقد اسندت العملية إلى الثكنات العسكرية التي كانت لا زالت موجودة في الجزائر". ونقل الجزء الأكبر من الأرشيف الجزائري إلى مركز "أكس - أن - بروفانس بفرنسا.
بدأت عملية الترحيل خلال الثلاثي الأول من سنة 61 بشكل سري ولأهداف عير معلنة في حينه، أعطيت تعليمات لمحافظي الأرشيفات العاملين في الإدارة الاستعمارية بالجزائر، وتمت عملية الترحيل الأولى بناء على تعليمة تثبتها المراسلة الصادرة عن المديرية العامة للأرشيف بفرنسا المؤرخة في 6 مارس1961، بعدها بعام واحد سنة 1962 جاء قرار ثان بنقل كل الوثائق المكتوبة بخط اليد او المطبوعة "مهما كانت الأهمية التوثيقية والتاريخية التي تكتسيها"، وكانت الحكومة الفرنسية تقول إن السبب هو أولا إعادة تصويرها في فرنسا وثانيا حمايتها مؤقتا من التهديدات الأمنية لميليشيات "المنظمة السرية الخاصة" التي عارضت فكرة الاستقلال.
التقارير التي أعدتها المديرات الجهوية للأرشيفات في الجزائر، وهران وقسنطينة تثبت أن ترحيل الأرشيفات لم يخضع لأي معيار ومس عمليا كل أوجه ومجالات الحياة الإدارية، السياسية، الثقافية، الاقتصادية والاجتماعية للجزائريين خلال الحقبة الاستعمارية، عملية الترحيل مست أيضا و1500 علبة من الأرشيفات الجزائرية ما قبل الاحتلال الفرنسي، بالضبط الخاصة بمرحلة الوجود العثماني، وهي تمثل الجزء القليل الناجي من عمليات النهب والحرق التي طالت أغلب الأرشيفات الجزائرية خلال دخول القوات الفرنسية إلى الجزائر.
كواليس المفاوضات
بدأت الحكومة الجزائرية في مطالبة الفرنسيين بتسليم الأرشيفات المرحلة في وقت مبكر من الاستقلال ، بقي الوضع على حاله طوال عشرين سنة، حتى مطلع الثمانينات، حيث وافق الطرف الفرنسي لأول مرة من حيث المبدأ التفاوض رسميا في موضوع تسليم الأرشيف المرحل، وجرى تشكيل فوج مشترك جزائري فرنسي مثل الطرف الجزائري فيه المديرون الجهوريين الثلاثة للأرشيف في الشرق والغرب والوسط، عقد فوج العمل المشترك تسعة اجتماعات مطولة ما بين جانفي 1980 وأكتوبر1981، وأمضى الطرفان على محاضر الاجتماعات.
من الناحية القانونية اعتمد الوفد الجزائري في المطالبة باسترجاع الأرشيفات المرحلة على جملة من النصوص والآراء القانونية الصادرة عن مؤسسات دولية مثل اليونسكو والأمم المتحدة والندوة الدولية للأرشيفات، تنص على حق الدول المستقلة حديثا في ممارسة سيادتها بأثر رجعي على الأرشيفات التي كتبت وحفظت على أراضيها، وتؤكد الأرشيفات يجب ان تبقى في الأرض التي كتبت وحفظت فيها لأول مرة.
أشهر الطرف الفرنسي حجته القائلة أن ما جرى ترحيله هو "أرشيف السيادة" غير قابل للتنازل عنه، الذي يقصد به أرشيف ديوان الحاكم العام في الجزائر ومصالح الأمن والسجون وبعض الأرشيفات الموصوفة "بالحساسة" الخاصة بالمتعاونين الجزائريين مع الاستعمار من الحركى. ثم طرح الفرنسيون حجة أخرى تقول أن القوانين الفرنسية تمنع من فتح الأرشيفات إذا لم تمر عليها آجال زمنية محددة، ولأجل طمأنة الجهة الأخرى قال الوفد الجزائري أنه يلتزم بعدم فتح الأرشيفات غير المصنفة أو المصنفة في حالة استرجاعها وفقا للآجال الزمنية التي تقرها القوانين الفرنسية، وقدم اقتراحا بأن يجري تسليم أرشيفات التسيير الإدارية في محطة أولى والتي تمثل أكثر من 90 بالمائة من الأرشيفات والإبقاء على "أرشيفات السيادة" إلى التفاوض في وقت لاحق.
عندما عاد الوفد الفرنسي مرة أخرى جاء بلغة جديدة، وبدأ يتحدث عن "رصيد أرشيفي مشترك" ما بين الجزائر وفرنسا بدل تسمية "أرشيف السيادة" التي كان حريصا عليها من قبل، إلى أن جاءت تعليمة مفاجئة للرئيس الفرنسي حينها "جيسكار ديستان" تأمر بوقف التفاوض في الموضوع وحظر أي عملية ترحيل للأرشيفات خارج فرنسا لأي غرض ولأي بلد، وسميت التعليمة الشهيرة "برسالة ديستان" وتوقفت منذ ذلك الوقت كل التحركات التي كانت قائمة. وبقي الوضع يراوح مكانه إلى أن دخلت الجزائر في الأزمة الأمنية والسياسية طوال سنوات التسعينات.
الوفد الجزائري المشارك في أشغال الندوة الدولية حول منازعات الأرشيفات بين الدول، سنة 95، برئاسة بجاجة بصفته مديرا عاما للأرشيفات الوطنية، أعد وثيقة تفصيلية للنزاع، وجدد حينها دعوته للفرنسيين بأن يجري التفاوض حول نزاع الأرشيفات المرحلة في إطار ثنائي وليس في منتدى دولي مفتوح.
بداية من سنة 2001 بدأ المركز الوطني للأرشيف، يقود حملة جديدة على مستوى الهيئات والمؤسسات الأرشيفات الدولية لبعث قضية الأرشيف الجزائري المرحل، أثمرت موافقة المجلس الدولي للأرشيف على خلق مجموعة عمل خاصة بـ''الأرشيفات المرحّلة'' ترأسها الجزائر. ووضعت عدة أهداف أساسية أهماه تسليم قوائم الأرشيف المتوفر الذي تكون ملكيته محل نزاع، وهو مطلب أساسي من شأنه أن يوفر أداة للتعرف على المخزون الأرشيفي أيا كانت طبيعته مفتوحا أو مغلقا، لكن النقاش لا زال قائما حول ما إذا كانت هذه الوثائق تتضمن فقط الأرشيفات المفتوحة أم أيضا تلك التي لا تزال مغلقة.
مدير الأرشيف الوطني يؤكد في كل مرة أن إدارة النزاع على ملكية أصول الأرشيفات المرحّلة إلى فرنسا مهمة المسؤولين السياسيين في الدولة. وفي سنة 2009 وقع الأرشيف الجزائري اتفاقية مع الأرشيف الفرنسي لاستنساخ صور عن أصول الأرشيفات الجزائرية المرحّلة، لكن إلى حد الآن لا يبدو هناك أثر كبير لعمل اللجنة الجزائرية الفرنسية المختلطة، التي نصت عليها الاتفاقية لتحديد الأولويات في الأرشيف المستنسخ. ويقول الطرف الجزائري أن الاتفاقية الموقعة مع الأرشيف الفرنسي لا تلغي مطالب الجزائر المعلنة لاستعادة أصول الأرشيف، من مجموع 600 طن و200 ألف علبة يعترف الفرنسيون بربع هذه الأرشيفات فقط 53 ألف علبة، ومع ذلك لم تسلم فرنسا للجزائر إلا النزر اليسير من الأرشيف المرحل يخص تحديدا جزءا من الأرشيف الخاص بالحقبة الاستعمارية، على ثلاثة مراحل، بدأت الأولى في سنة 1968 حيث تسلمت الجزائر 386 سجل موزعة على 36 علبة تغطي الفترة ، وفي المرحلة الثانية سلمت فرنسا للجزائر سنة 1974 الأرشيفات الخاصة بالمحاكم الشرعية من أكثر من 14 ألف وثيقة موزعة على153 علبة ، وفي المرحلة الثالثة استرجعت الجزائر سنة 1981 دفعة ثالثة من الأرشيفات العثمانية، جاءت بمثابة عربون سياسي من الرئيس الاشتراكي المنتخب حديثا، فرانسوا ميتران، خلا زيارته للجزائر، وتضم تلك الدفعة الأخيرة 133 سجل موزعة على 15 علبة.
المدير السابق للأرشيف الوطني عبد الكريم بجاجة:
فرنسا ترفض تسليم النسخ الجزائرية المهربة عن 59 اتفاقية معها قبل الاحتلال
سؤال: هل الوثيقة التي اكتشفتها سنة 74 جرى نسيانها أم أن المدير الفرنسي السابق لأرشيف قسنطينة قصد تركها؟
جواب: لقد كان "أندري بارتيي" أستاذي في جامعة قسنطينة، وبقي يشتغل على رأس مديرية أرشيف الشرق إلى غاية أن خلفته أنا سنة 74، لا أقول كانت له نية حسنة أو سيئة، لكن ربما رفضه إعدام الوثيقة التي تحصي الأرشيفات المرّحلة وتكشف الجريمة، أراد منها حماية نفسه في حالة أي مساءلة قانونية مستقبلا في فرنسا عن مصير الأرشيفات، ذات الشخص أرسل في سبتمبر 62، جملة من البرقيات العاجلة إلى السفارة الفرنسية بالجزائر، يطالب فيها بالتعجيل بنقل الأرشيفات من ثكنة تلاغمة العسكرية إلى فرنسا، قبل تسليم الثكنة للجيش الجزائري.
سؤال: لماذا لم توجد وثائق مماثلة تكشف عن طبيعة الأرشيفات المرّحلة في مديريتي الغرب والوسط؟
جواب: للأسف لا، في الجزائر العاصمة تحديدا، حيث مديرية الوسط التي تحوي الجزء الأكبر من الأرشيفات المرّحلة، كان المدير الفرنسي حريصا على نقل كل وثيقة ومحو كل أثر لجريمته، مراسلاته التحريضية المتكررة ساهمت بدون شك في إقناع الحكومة الفرنسية في باريس، ومن تبقى من السلطات الاستعمارية هنا في الجزائر بتركيز جهودهم في تلك الفترة على عملية نقل الأرشيفات.
سؤال: كيف تقيّم الأرشيفات التي وافقت فرنسا على تسليمها حتى الآن الخاصة بالفترة العثمانية؟
جواب: فرنسا لا زالت لم تسلم أجزاء كثيرة ومهمة من الأرشيفات الجزائرية الخاصة بالحقبة العثمانية، وهناك عدة دلائل على أن ما سلم منها جرى انتقاءه مسبقا، فهم مثلا سلموا أرشيفات النسخ الأصلية للاتفاقيات الدولية التي وقعتها الجزائر حينها مع نحو 15 دولة، لكننا لا نجد بينها أثرا لما لا يقل عن 59 اتفاقية وقعتها كل من الجزائر وفرنسا بين القرنين 17 و19، تشمل كل المجالات العسكرية والتجارية والسياسية، هذه الاتفاقيات التي كانت تكتب وتوقع على نسختين أصليتين، نسخة لكل طرف، لا نجد أثرا للنسخ الخاصة بالطرف الجزائري بعد نهبها مع مجمل الأرشيفات الجزائرية الخاصة بالحقبة العثمانية التي صادرها الجيش الاستعماري بعد سقوط مدينة الجزائر، مما يدعونا للاعتقاد أن الفرنسيين يحتفظون بالنسختين معا.
سؤال: ما الذي يجعلك تعتقد جازما بذلك؟
جواب: في أمريكا سنة 95 التقيت مدير الأرشيف الوطني الفرنسي الأسبق "ألان إرلاند براندنبورغ"، وهو من أخبرني بوجود مجموعة كبيرة من الأرشيفات الجزائرية الخاصة بالحقبة العثمانية ما قبل مجيئ الفرنسيين لا زالت محفوظة في مصالح الأرشيف الفرنسي، قدرها حينها بنحو 80 مترا، وهو ما يوافق 800 علبة من الأرشيفات، وكان يتساءل عن سبب عدم تسليمها للجزائر حتى ذلك الوقت، رغم أنه جرى اتفاق نهائي في الموضوع ما بين الدولتين، بعدها بفترة قليلة جدا غادر المعني إدارة الأرشيف الفرنسي بعد خلاف مع وزير الثقافة حينها على ما أذكر، لكني بصفتي مديرا عاما للأرشيف الوطني تقربت من المسؤول الذي خلفه في منصبه "فيليب بيلافال"، وأخبرته بما جاء على لسان سابقه، مطالبا بتسليم الأرشيف الجزائري العثماني المتخلف، أول الأمر وعدني بالبحث في الموضوع ثم أخبرني لاحقا أنهم لم يجدوا شيئا.
سؤال: سنة 2009 وقع الأرشيف الجزائري مع نظيره الفرنسي اتفاقية لاستنساخ صور عن أصول الأرشيفات المرحّلة، ألا يعد ذلك تقدما مهما في حل المشكلة؟
جواب: هذه الاتفاقية لا تضيف شيئا جديدا بإمكانه أن يحقق تغييرا جوهريا في المشكلة، لأنها لا توفر أي إطار استثنائي وخاص للجزائريين، الجزائريون مثلهم مثل أي شخص آخر فرنسي أو من البرازيل أو من الصين، أو غيره، بإمكانهم بنص القانون الفرنسي الاطلاع أو أخذ صورة من الأرشيفات المفتوحة للجميع، أي الأرشيفات التي جرى تصنيفها وتجاوزت الآجال القانونية لفتحها، ربما الاتفاقية تسمح فقط بتسهيل عمل هؤلاء الباحثين الجزائريين.
الأرشيفات المفتوحة التي يمكن الاطلاع عليها أو استنساخ صور عنها لا تمثل إلا الجزء القليل جدا من مجمل الأرشيفات الجزائرية المرحلة إلى فرنسا.
تعليقات (40)
1 - ليلى ـ (الجزائر)
قرنسا مارست كل اساليب التدمير خربت وحرقت وهربت وابادت ونفت ومحت الهوية لم تترك شيء الا وجربته 130 سنة تفننت وابدعت في الهمجية والشراسة والختمة انها تهرب الارشيف نتوقع منها كل شيء.
2 - لمديقوتي ـ (راني هنا)
نهار تبان الحقيقة تزيد تنوض حرب ثانية لاكن هذه المرة بين الحركي وجزائريين الاصل اعني الحركى الموجودين في الجزائر
3 - اكلي ـ (ارض الله)
يوم تكون مدارسنا و جامعاتنا اماكن لتخريج العلماء وبناء مواطن متحضر, يوم نبني دولة محترمة و مجتمعا متنورا قادرا على انتاج ماكله و ملبسه على الاقل, يوم يعيش الجزائري سعيدا على ارضه و لا يفضل العيش في بلاد الاخرين, يومها تحترمنا فرنسا و غيرها; اما اذا ظلت منظومتنا التربوية تكرس التخلف و الجهل و تسهر على ابقاء العقل الجزائري في الشلل الذي اصابه منذ قرون, وبقيت البداوة و الجهالة سائدتين في الدولة و المجتمع, و ظل الجزائريون يهجرون بلدهم فان فرنسا ستواصل اهانتنا و حتى دويلة قطر ستواصل التطاول علينا.
4 - ا بو النفس الطويل ـ (الجزائر)
يطوال السفر و يرخاف الطفر العقبة اللي كانت على السلو قي اتولي على الذ ئب الريح تدي الغبار و يبق
الصحيح _ _ _ وشكرا
5 - زهير ـ (constantine)
تهريب الأرشيف تم لحماية رجال فرنسا في الجزائر والحركى المسجلين على أنهم مجاهدون
6 –
مادا انصح او اقول الكل يعلم حقيقة الامر ومايجري ويعلم الصديق من العدو .و الكل يقول للغير متى تفيقوا والغير يقول للكل متى تفيقوا .حب ان تحل المشاكل بدون تضحيات بدون خدش فهدا اقرب الى المستحيل . ان اردنا ان يوفقنا الله فعلينا اتخاد الاسباب التى على راسها اتباع اوامر الله و الرسول صلى الله عليه وسلم و اجتناب نواهيهما و علينا بالعلم و الاخوة والصدق و العمل والانتاج حينها لن تستطيع فرنسا او الفاسدين من ان يسوقونا كما احبوا بل سنكون صخرا يابسا و بدون اي فتنة بيننا و لن يستطيع احد ان يوقع بيننا
7 - sifon944 ـ (الجزائر ام البواقي)
الارشيف يضم اسرار ابناء فرنسا الذين يحكمون اليوم و المصيبة كلهم مجاهدون و اولهم الحزب العتيد و المشكل مطالبة الجزائريين دوما بالارشيف كانه سيجعلنا امريكا او الصين كرهنا يا شروق اخطينا من قصص الجزائر و فرنسا
الى الشعب لي يفوطي ما هوش راجل
8 - kader ـ (tipaza)
l'archive va decouvrer le vrai visage de ce qui gouverne l'algerie
9-
فرنسا كتبت تاريخها واخذته معها. وانتم ماذا كتبتم?,,,,,,,????
10-
عندك ألف حق ـ كلمة و أرجع لسطر.
11 - Abdelouahab ـ (constantine)
اذا كانت فرنسا قد كتبت تاريخها بحبر على ورق فشهدائنا كتبوه بدمائهم ولا يمكن ان يزول او ينسى واذا كنت تتكلم بلسان ابناء فرنسا المندسين فسياتي يومكم ومصيركم كمصير الاقدام السوداء
12- samia ـ (algerie)
نحن هرسنا راسها ودكدكنا خيشومها وخرجت مذلولة مهانة والتاريخ وكل العالم يشهد بهذا .ومهما تكون هويتك وجنسيتك ياهذا فاعلم اننا مستعدون لفعل هذا مع كل حاقد يريد السوء بجزائرنا ويتطاول عليها والشباب الجزائري مهما كانت مشاكله ومحنه فهو مستعد ان يفدي بلده بروحه وباغلى ما يكسب فحذاري ايها الاعداء من استصغار الجزائري واستفزازه
13- mohamed djeddou ـ (الجزائر)
نحن محينا وكسرنا القلم الدى تكتب به على صفحتنا وسنكتب بادن الله ما نشاء فى صفحتنا. والاربعين او الخمسين سنة فى حياة الامم كيوم فى حياة الانسان اننا امة تمرض ولكن لا تموت
14- جزائري ـ (جزائر الشهداء)
السؤال المطروح هو لو يرجع كل ارشيف الجزائر اليها و يكون مفتوح امام الباحثين و كافة الشعب هل تبقى الجزائر على ما عليه ؟؟؟؟ لا أضن ذلك لأن ضمن الأرشيف فيه حقيقة بعض الأشخاص الذين يتقلدون مناصب عليا في دولتنا من جيش و سياسيين و سوف تكون الفضيحة. بل يكشف حتى بعض المؤامرات التي وقعت إبان ثورة التحرير وراح ضحيتها مجاهدين كبار
15 - الشهداء يعودون
إلى الرقم 9.فرنسا لم تكتب تاريخها وأخذته معها؟فرنسا أخفت عارها وجرائمها لكي لا تكون أضحوكة العالم ،اما عن ماذا كتب الجزائريين فهم كتبوا بدماء الشهداء مليون ونصف مليون شهيد ،أتحداك ياأخي أت تشاهد الشريط الوثائقي لجرائم فرنسا LA DECHIRURE ،إن لم تبكي فأنت لست جزائري؟
16 - أيمن ـ ( الجزائر)
ارى نه يجب ارغام فرنسا على التالي: (1) اعادة الاموال التي نهبت من الجزائر بعد احتلالها. (2) اعادة الاف الكتب و المستندات التي نهبت من المكتبة الوطنية عام 1832. (3) اعادة الارشيف و الوثائق التاريخية المهربة من الجزائر عشية الاستقلال. (4) دفع تعويضات لضحايا التجارب النووية. (5) دفع تعويضات للخيرت التي كانت تهرب من الجزائر. (6) دفع تعويضات لعوائل الشهداء و المعطوبين. (7) الاعتذار عن كل الجرئم المتكبة في حق الشعب الجزائري. بدون هذه الالتزامات، لا معاهدة صداقة و يبقى حق الرد مكفولا للاجيال القادمة.
17 - hacène ـ (USA)
الناس تعيش الحاضر والمستقبل وأنتم تعيشون في الماضي فقط.
فرنسا خرجت من الجزائر منذ أكثر من 40 سنة وأنتم تتكلمون عنها كأنها خرجت الأمس فقط
18- أيمن ـ ( الجزائر)
يا السي حسان.... نحن لا نعش في الماضي. نحن كسائق السيارة الذي ينظر حوله و لكن عينه على المرآة ينظر خلفه، لانك اذا عرفت ما خلفك كنت في مأمن أكثر. موضع الماضي من مستقبلنا كموضع الجذور من الشجرة، تتغذى منه و لا تعيش الا به. الامة التي لا ماض لها، لا مستقبل لها..... و هذا ما سعت اليه فرنسا بحرماننا من ارشيفنا: ارادت تجريدنا من جذورنا و حقنا في الحياة!
19 - أيمن ـ ( الجزائر)
توقفوا عن التخمين و التشكيك.... الذين حكموا الجزائر من الاستقلال الى اليوم هم وطنيون شرفاء و ليس لديهم ما يخفوه بدليل السعي الحثيث و الداوب على استرجاع كل الارشيف من كل الحكومات المتعاقبة و من طرف المؤسسة العسكرية. الذي يخاف من الارشيف هم فرنسا المجرمة و الحركى الخونة و جلهم امتطى البواخر مع اسياده عشية الاستقلال و فر بجلده الى غير رجعة لان الشعب كان يعرفهم.
20 –
برافو سامية شكرا وشكرا وشكرا على تعليقك فلقد هدأت أعصابي بعدما كانت تغلي من بعض التعليقات.
21- samia ـ (algerie)
العفو لا شكر على واجب تحياتي لك(ي)
22 - كاره حياته ـ (كهف)
البطاطا راها ب100 د ج...................................
23 - حسام ـ (كندا)
يجب ان نعمل صفحة على الفايسبك لنشر كل المعلومات و اخبار كل العالم و خاصتا الجزئريين للعمل على استرجاع تاريخنا وممارسة الضغطات اللزمة على فرنسا لئن حكومتنا لا تفعل شئ لئن هذا الارشيف لو يخرج سيمس و يضر 90/100من ووزرائنا و رئسانا وحتى المجاهدين تاع سنة 1960 زعما لاءن كان في عمرهم عامين فقط مع ان فرنسا عملت ضغطات على الدولة منذ عامين او ثلاث لدفع حوالي بين 10000 اورو و 15000اورو للمجاهدين زعما لكي يشترو صمتهم و نجح المشروع 100/100 امي العزيزة فرنسا 100/1455
24 - kamel ـ (alger)
اين هي سيادتنا على تراثنا وعلى ثقافاتنا بغض النظر عن الاقتصاد.... فالتنتفضو يا زعماء الجزائر ايتونا بحقنا ............................................
25 - Al Jazairi ـ (AlJazair)
إسؤلوا جوليان آسنج مسؤول وكيلكس ربما له عيون على مستوى االأرشيف الفرنسي تمده بمآت الآلاف من أسرار ه الدفينة!
26 –
واش دخل البطاطا في هذا الموضوع ؟ فإن هذا المقال حساس جدا فمن فضلكم لا تخلطوا علينا الأمور.
27 - AMAR AKRAM ـ (TEBESSA)
فرنسا تهرب الارشيف هدا من حق كل طاغية لطمس افعاله الشنيعة
28 - جزائري و افتخر
المفيد..معا لمنحو اثار الاستعمار..و اهم شيء القضاء عى اللغة الفرنسية التي لا تسمن ولا تغني من جوع…. معا نحو تطهير جامعاتنا من البرامج الفركفونية نحو الانجلوفونية…. و اعادة بعث اللغة العربية…. هاكة نقدرو نرد عليهم…
29 - farida ـ (france)
déja pas mal de harkis sont morts ils étaient des hautresponsables et leurs parents des caids et des retraités de l'armée française waal kaima tawila
30 - sousou ـ (alg)
علاش حنا ستقلينا . الجزاير راحت بسلامة لكن ليس على ايدي الاستعمار و انما على يد ابنائهها اللي نهشو كل شيئ هوما اللي خربو كل شيئ و ما خلاوش الناس تعيش.حسبنا الله ونعم الوكيل
31 - مصطفى ـ (الجزائر)
فرنسا اخذت الارشيف او لم تاخذه ...الشهداء اقول الشهداء جابو الاستقلال بالزناد و الرصاص والهدف هو الاستقلال الارشيف ماعندنا ما نديرو بيه...... اذا كنا رجالة كما اجدادنا شمرو على ذرعيتكم وابنو البلاد فرنسا قاتلناها وراحت وخلات البلاد لولاد البلاد .السؤال انتم الذين تعلقون وتشربوا في القهوة ولتاي وش قدمتو للجزائر ؟؟؟؟؟؟؟ غير الهدرة وتشراك الفم ....قل خيرا او اصمت ..........اللهم احفظ البلاد والعباد وجنبنا سوء العذاب .....و احفظ من اوقف اراقة الدماء ...امين ..
32- اكلي ـ (ارض الله)
الى سي ايمن- الجزائر اقول:
بالله عليك اذا كنت صادقا في ان الذين حكموا البلاد منذ الاستقلال شرفاء فلم كل هذا التخلف و الانحطاط و الانحلال في كل المجالات? الكل يعلم ان بناء اقتصاد منتج و منافس و تشييد مجتمع متحضر يمر حتما بانشاء منظومة تربوية بالمقاييس العالمية مثلما فعل الكوريون و الصينيون, فلم يرغب عن فعل ذلك من يحكموننا? اخبرنا يا سي ايمن الحاذق ما هي المهمة التي اسندها "حكامنا الشرفاء" للوزير بن بوزيد منذ ما يقارب20 سنة? حتى الاجانب شهدوا للعقل الجزائري بقدرات عالية على النبوغ ...يتبع
33 - اكلي ـ (ارض الله)
في الرياضيات و اتقان اللغات. فم السبب في تردي مستوى الجزائريين في الرياضيات و عزوفهم عن التخصص فيها في الجامعات? و مالسر في عدم اتقان خريجي جامعاتنا و مدارسنا للغات الحية, او الميتة(اللاتينية, الاغريقية, الفرعونية...)? و كيف تفسر ضعفهم المشين حتى في لغة القرءان? و كيف تشرح عدم ولوع شبابنا بالكتب و القراءة و عدم اهتمامهم بالفنون كالرسم و النقش و النحت والتصوير و الموسيقى و المسرح و الرقص? مع العلم ان ميزانية وزارة التربية تاتي الثانيةبعد ميزانية الدفاع. الا يحق لنا مساءلة "حكامنا الشرفاء"?
34 - youse ـ (algerfrance)
لسلام على من اتبع الهدى . فيما يخص الارشيف المهرب بالنسبة للحكام اللدين تركتهم فرنسا لخدمتها 1- عدم كشف خيانتهم للبلاد اتناء اتورة 2- تستر على جراءم الحرك ضد المجاهدين 3-عدم كشف هوية او سماء المعروفين بالبوشكارة اللدين يعملوم في وزارة المجاهدين 4-انا شخصيا اشك في تهريب اللارشيف اضن ان نصفه احرق من طرف الحركة .حتى ارشيف الشرطة اللدي احرق بعد اغتيال مدير الشرطة التونسي هربة من طرف فرنسا.
35 - hakimdz ـ (بلد المليون)
السلام، الحل ماراهوش في المفاوضات كمفاوضات اسرائيل و فلسطين، الحل الوحيد راهو في قطع كل العلاقات بعدها تشوفو الكلب الجيعان كي اتبع مولاه
Y ON A MARRE DE VOTRE POLITIQUE DE BRICOLE OUFFFFFFFFFFFF
36- Akli ـ (ارض الله)
كلنا نرى عدم وجود رغبة سياسية في بناء مدرسة محترمة. الا يحق لنا ان نستنتج من ذلك ان "الشرفاء" الذين يحكموننا يريدون ابقاءنا جهلاء متخلفين? و اذا كان الامر كذلك اليس من المنطقي ان نعتقد ان الذين يتحكمون في مصيرنا ليسوا جزائريين و لا يريدون الخير لبلادنا? فهم يسعون الى افقادنا الثقة في انفسنا و قدراتنا و جعلنا نكره ثورة نوفمبر و نؤمن اننا عاجزون عن بناء دولة حديثة , كل ذلك قصد تهيئتنا لقبول عودة اسياد الامس من "اقدام سوداء" و خاصة اليهود الذين يحكمون وراء البحر و يستعملون الخونة "الحركى" ...
37- Akli ـ (ارض الله)
لتسهيل عودتهم الى الجنة المفقودة ليستردوا ممتلكاتهم و عبيدهم. و يستعينون في تحقيق ذلك باخوانهم الذين حافظوا على جنسيتهم الجزائرية و يحملون اسماء اسلامية جزائرية و يحتلون مراكز حساسة في المجتمع و في الدولة الجزائرية. و مشروعهم سائر بنجاح حتى الان; فالشباب الجزائري في اغلبيته الساحقة جاهل, بطال كسول ولا يحسن استعمال يديه و جسده, اما عقله فليس فيه الا احلام عاقرة لا نفع فيها للمجتمع: احلام الهروب و هو استسلام او احلام الاستهلاك و هو نوع اخر من الاستسلام. فالمدرسة لم تسلحهم ليحلموا كالرجال...
38 - algerian
الى صاحب التعليق 22 ...عندك الحق..
39 - chawki ـ (france)
هدا هوا الاستعمار ووامخلفاتو 50 سنة من الستقلال ولم نفعل شىء غير الكلام الفارغ انظر الا اليا بان والمانيا وكل اوروبا كيفا تركوا الكلام الفارغ واصبحوا اسياد العالم
40 - Akli ـ (ارض الله)
قلت ان مشروعهم سائر بنجاح حتى الان و الدليل على ذلك ان المعمرين و اليهود الذين غادروا البلاد بعد الاستقلال, عندما يزورون الجزائر يحظون باستقبال يدهشم اذ يتزاحم حولهم القوم من خدامهم القدامى, رجالا و نساء, مبتهجين بعودة اسيادهم, يتدافعون و دموع الفرح في اعين بعضهم طمعا في مكالمة سيدهم بما لم ينسوه من لغته المحبوبة. يحدث هذا في وهران و قسنطينة وغيرهما; و قنوات التلفزة الفرنسية بطبيعة الحال لا تفوت على متتبعيها مثل هذه المشاهد. فهل يعلم "حكامنا الشرفاء" بهذا ام لا يا مولانا ايمن الوطني?
« Connaissez-vous Mohammed Soltani ? »
J’ai été surpris de découvrir sur le site “answer.yahoo” une question me concernant: « Connaissez-vous Abdelkrim Badjadja ? » posée par un certain « K'sentini lafhal » que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam.
Et encore plus surpris par la réponse faite par un certain « Mohammed Soltani » dont je n’avais jamais entendu parler auparavant : « C'est un grand imposteur, il a quitté CONSTANTINE et vit actuellement avec ses mensonges à DUBAI.....une personne peu recommandable qui critique son pays à des desseins inavoués.... ».
Voir le lien suivant : http://qc.answers.yahoo.com/question/index?qid=20120219134730AAicZ4L
Intrigué par la question posée, et surtout indigné par la réponse malveillante, j’avais écrit à plusieurs reprises au site pour supprimer cette diffamation, ou à tout le moins de publier mon droit de réponse, le site en question affichant la mention « Signaler un abus ». Rien à faire : c’est à croire que ce site est géré par le DRS !
A tous ceux, nombreux j’en suis sûr, qui sont convaincus que je ne suis pas un imposteur puisque je me présente toujours comme « consultant en archivistique », fonction que j’exerce officiellement au National Center for Documentation & Research, je demande de bien vouloir entrer dans ce site pour livrer votre opinion.
Merci.
La “démocratie” américano-israélienne
Vous salue bien !
Etude de cas 1 - Les Etats Unis :
Seize civils afghans tués par des militaires américains
Par Ahmad Nadem - Reuters,12 mars 2012.
http://fr.news.yahoo.com/un-soldat-américain-ouvre-le-feu-sur-des-100658447.html
KANDAHAR, Afghanistan/ WASHINGTON (Reuters) - Seize civils, dont neuf enfants, ont été tués dimanche selon les autorités afghanes dans la province de Kandahar, dans le sud du pays, dans une fusillade imputée par des témoins à des militaires américains manifestement ivres.
Un ministre afghan a déclaré qu'un seul militaire avait ouvert le feu tandis qu'à Washington, un responsable américain a également dit qu'il semblait s'agir d'un acte isolé. L'ambassade des Etats-Unis à Kaboul a fait savoir qu'un militaire américain avait été placé aux arrêts à la suite de cette fusillade, l'une des plus meurtrières depuis le début de l'intervention étrangère en Afghanistan en 2001.
Cet événement risque d'attiser la colère de la population afghane contre les Américains après la profanation d'exemplaires du Coran, brûlés sur la base américaine de Bagram, qui a soulevé en février une vague de manifestations et d'actes hostiles aux Etats-Unis en Afghanistan.
Etude de cas 2 – Israël :
Gaza : 23 Palestiniens ont été tués depuis vendredi 9 mars 2012
Le Nouvel Observateur - AFP, 11/13 mars 2012.
Cinq Palestiniens ont trouvé la mort lundi au cours de raids israéliens sur la bande de Gaza, d'où plus de 60 roquettes et obus ont été tirés vers Israël, un cycle de violences qui provoquait l'inquiétude de la communauté internationale.
Au total, 23 Palestiniens, dont plus de la moitié de combattants du mouvement radical Jihad islamique, ont été tués depuis le début de la confrontation vendredi, et plus de 70 blessés.
Un homme de 65 ans et sa fille de 35 ans ont été tués par un raid israélien sur le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, selon les services d'urgence dans le territoire palestinien gouverné par le Hamas.
Un adolescent de 15 ans avait auparavant été atteint par une frappe aérienne dans le nord de l'enclave côtière, selon la même source. Plus tôt dans la matinée, un raid sur le nord du territoire palestinien avait tué un écolier de 12 ans, Ayoub Asaliya, et blessé son frère Waafi, âgé de sept ans, selon des sources médicales. "Il a été tué alors qu'il jouait dans la rue, près de chez lui", a précisé l'oncle de l'enfant, Ali Asaliya. Lors d'un troisième raid, un Palestinien a été blessé à l'est de la ville de Gaza, selon les mêmes sources.
Mon commentaire :
Etude de cas 1 - Les Etats Unis :
Les Américains qui se présentent pourtant comme les champions de la démocratie à travers le monde, considèrent tous les autres peuples comme leur étant inférieurs sur tous les plans, sauf leur élève favori : Israël qui leur sert de porte-avions au Proche Orient.
Les Européens ? A peine des êtres humains, attardés et prétentieux, qui voudraient se livrer à un jeu égal avec les maîtres de l’univers, entendre par là les Américains.
Le reste de la planète ? Des singes plus ou moins évolués selon les continents, l’Afrique pourtant reconnue comme étant le berceau de l’Humanité, identifiée par les Américains comme la « véritable planète des singes ».
Ne pas s’étonner donc de voir un soldat américain mal réveillé tirer sans raison sur des « singes peu évolués » : j’ai nommé les Afghans et je leur demande pardon. Pour tout être humain conscient, et nous le sommes en dépit de l’aveuglement des Américains, il s’agit-là d’un crime de guerre passible de la cour martiale qui devrait se tenir séance tenante. La seule sanction possible dans ce type de cas : la peine de mort, le soldat devant être exécuté moins de 24 heures après son crime.
Pensez-vous que les Américains, qui sont en Afghanistan et ailleurs pour piétiner plutôt que défendre les droits de l’homme, vont juger, condamner et exécuter leur soldat criminel ? Vous vous faites des illusions. Il sera incarcéré certes pour quelque temps, puis jugé aux Etats Unis pas ailleurs, surtout pas au Tribunal pénal international de La Haye, et enfin reconnu coupable mais irresponsable, puis interné dans un centre de réadaptation dans le confort le temps de se faire oublier, enfin relâché dans la nature. Plus tard, il pourra raconter à ses enfants et petits-enfants ses exploits, notamment celui d’avoir exécuté un bébé de deux ans identifié comme futur Taliban, ainsi que des femmes futurs porteuses de Talibans. C’est beau la démocratie à l’américaine, non ?
Si vous en doutez, jetez un coup d’œil du côté de Guantanamo, une zone de non-droit qui permet aux Américains de commettre toutes sortes d’ignominies sans avoir à rendre compte aux membres du Congrès, les faits se déroulant hors des USA, c’est-à-dire au pays des singes où il n’y a aucun droit humain à respecter s’agissant de primates !
Etude de cas 2 – Israël :
Cet état artificiel, créé après la deuxième guerre mondiale sur le dos des Arabes invités à payer les frais de l’holocauste dont seuls sont responsables les Européens, ce pseudo-état dis-je jouit d’une impunité totale depuis 1947. Voir mon site :
Les Européens portant l’holocauste sur le dos comme une croix à trainer jusqu’à la fin des temps, se font tout petits devant Israël afin de compenser quelque peu le remord qu’ils éprouvent. A leur opinion publique, ils servent le sempiternel refrain de ce « petit état menacé par les ogres, ses voisins arabes », en omettant de préciser qu’Israël est le seul état de la région à posséder un arsenal nucléaire estimé à 300 ogives nucléaires selon le rapport annuel de l’IISS.
Source israélienne :
http://israelmagazine.co.il/israel-possederait-300-ogives-nucleaires/
Les Américains quant à eux sont tenus par la barbiche grâce au Dieu Dollar, la seule divinité reconnue et respectée aux Etats Unis d’Amérique. Ou bien les Américains obtempèrent aux désidératas d’Israël, ou bien ils verront la boutique à dollars fermée, les clés étant entre les mains des argentiers sionistes. L’adresse de la boutique qui fait saliver les Américains ? Wall Street !
Ne vous étonnez pas si vous voyez les USA agiter leur veto au Conseil de sécurité de l’ONU chaque fois que l’on murmure Israël, ce n’est pas réellement le représentant des USA, pays prétendument souverain, qui vote. Non, c’est le représentant d’Israël qui occupe le siège chaque fois qu’il est question d’infliger une sanction quelconque à Israël, ce pauvre « petit état menacé par les ogres arabes avec leur…tire-boulettes » !
Alors, les assassinats à répétition à Gaza ne sont pas près de cesser, aucune sanction internationale n’étant en vue. Vous me direz que quelques tire-boulettes, pardon je voulais dire des roquettes, ont été lancées sur Israël depuis la bande de Gaza provoquant des frayeurs auprès des colons. Je vous dirais c’est vrai, mais combien de morts par frayeur du côté Israélien ?
Critique d’une contribution portant sur les
Archives Nationales Algériennes :
Les archives : Enjeu politique et revers culturel
par M. Boumnela
Contribution de M. Boumnela publiée, sous le même titre, la première fois par El Watan le 04 octobre 2011, et la deuxième fois toujours par El Watan le 6 mars 2012.
Publication du 4 octobre 2011 :
Publication du 6 mars 2012 :
Si la question des archives est importante à ce point pour le journal El Watan, pourquoi n’a-t-il pas publié d’autres contributions inédites de vrais archivistes algériens qui ont consacré une vie entière au service des Archives Nationales ? Voir sur mon sitehttp://badjadja.e-monsite.com/ la liste des études que j’avais communiquées à la presse algérienne, y compris El Watan, au cours de ces dernières années qui n’ont fait l’objet d’aucune publication (sauf un cas exceptionnel à El Watan suite à l’aimable intervention de l’historien Daho Djerbal, et du journaliste Abrous Outoudert).
Seuls les journaux en ligne considèrent avec intérêt mes articles, et en ont publiés quelques-uns :
- Le Quotidien d’Algérie :
http://lequotidienalgerie.org/?s=Abdelkrim+Badjadja
- Le Matin d’Algérie :
http://www.lematindz.net/index.html?search_options=
Par contre, une recherche sur Google ne signale que huit occurrences répondant au nom de Mr Boumnela, et toutes ces occurrences se référent au même texte publié deux fois par El Watan. C’est à croire que notre auteur n’a jamais rien écrit de sa vie qu’une « contribution » malheureuse sur le thème des Archives Nationales.
Je tiens à préciser de prime abord que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam ce Mr. Boumnela, ce qui implique qu’il n’est pas archiviste, et que ce faisant il ne jouit d’aucune expérience archivistique qui puisse l’autoriser professionnellement parlant à traiter des archives dans sa contribution. C’est du reste ce qui ressort de son texte qui révèle une ignorance totale de l’état des archives en Algérie, et partant une incapacité totale à proposer quoi que ce soit de cohérent pour le développement de ce secteur qui n’a rien de politique en dépit de son titre. En réalité, l’affectation du qualificatif de « politique » a la fonction « archives » ne sert qu’à justifier pourquoi on écarte les archivistes professionnels des postes supérieurs des Archives Nationales afin de leur substituer des « politiciens » qui n’ont aucune qualification ni en archivistique, ni même en politique, leur seule qualification consistant à glorifier les tenants du pouvoir en place.
Revenons à ce texte qui se veut contribution, alors qu’il s’agit au mieux d’un alignement de phrases sur le même ton que les enseignants chargés d’enseigner l’Archivistique, une matière qu’ils ne connaissent point, en se basant non pas sur la réalité du terrain, mais sur une littérature mal digérée qui leur semble parler des « Archives d’Alice au pays des merveilles ». Voir la fin de mon étude sur l’enseignement à Constantine :
«Témoignages sur l’enseignement à Constantine de 1950 à 1985:
De quelles études universitaires parlons-nous ? ». http://badjadja.e-monsite.com/
Je reprends point par point les élucubrations de Mr Boumnela, au regard des exigences archivistiques qui échappent totalement à cet auteur :
1- « …la protection des documents à caractère sensible… » : Non Monsieur, la mission fondamentale des Archives Nationales est de préserver toutes les archives quel qu’en soit la valeur réelle ou supposée. Du reste, c’est bien là le souci permanent des archivistes de sauvegarder toutes les archives à la source, c’est-à-dire au niveau des organes producteurs, et d’empêcher toute élimination anarchique des documents en dehors du cadre légal établi par les Archives Nationales. Dans toutes les législations archivistiques de par le monde, il est strictement interdit d’éliminer un document quelconque sans l’autorisation écrite des Archives Nationales, laquelle autorisation n’est accordée qu’après évaluation de l’intérêt des documents à travers un tableau de conservation des archives dûment approuvé, après révision, par l’institution des Archives Nationales.
2- « …se préserve en définitive sur le double plan des visées géopolitiques et géostratégiques nuisibles… » : Incroyable ! D’où sort cette phraséologie ? Ainsi donc, ce seraient les Archives perçues comme « visées géopolitiques et géostratégiques nuisibles » qui seraient les principaux objectifs des guerres de reconquête coloniale menées en Afghanistan, en Irak ? Et ce seraient ces mêmes archives, si elles étaient bien organisées, qui pourraient nous protéger d’une agression quelconque ? Notre auteur non-archiviste et même pas politicien, encore moins politologue, accorde une importance démesurée et déplacée aux Archives dans la géostratégie mondiale, juste pour ne pas avoir à parler de manière plus concrète et plus professionnelle des Archives. En fait, les Archives doivent d’abord être perçues comme outil de gestion qu’il convient de bien organiser en tant que mémoire des organes producteurs servant à améliorer leur gestion quotidienne. Ensuite, ces archives, ou du moins une partie d’entre elles, deviendront avec le temps mémoire historique permettant de bien tracer les étapes de l’évolution d’une nation, d’un pays.
3- « …nouvelles formes d’hostilités basées sur l’élément «archives» par excellence, à savoir l’utilisation des supports d’information virtuels en se servant de militants hackers… » : Que cet obscur auteur soit rassuré, les « hackers » ne s’intéressent nullement aux Archives Nationales d’un pays quelconque, surtout que les Institutions d’archives à travers le monde mettent en ligne leurs documents historiques pour permettre justement aux chercheurs, et aux « hackers » qui le désirent, de consulter ces archives en toute légalité sans avoir à forcer une porte quelconque fut-elle informatique. Ainsi, à titre d’exemple ; il est possible d’effectuer une recherche sur le site des Archives Nationales du Royaume Uni en accédant à une base de données qui offre à la consultation en ligne 10 millions de documents tous scannés : www.nationalarchives.gov.uk
Pour tester ce site, taper « Algeria » sur la rubrique « search » de la page d’accueil, et vous verrez apparaitre 3771 occurrences concernant l’Algérie, dont 40 documents datant du 15ème siècle. Maintenant, lorsqu’il s’agit de documents récents, non encore ouverts à la communication, le « hacker » malveillant ne peut travailler en toute quiétude que si les Archives de l’Algérie étaient bien classées, pourvues d’instrument de recherche bien élaborées qui permettraient de rechercher ces fameux « documents à caractère sensible » , et mis en ligne sur Intranet avec connexion sur Internet, sans pare feu efficace, et ce sont là des conditions minimums fixées par nos pirates pour travailler avec quelque efficacité. Lorsqu’on sait que beaucoup de nos archives gisent dans les caves, les débarras, et même les containers, entassées dans un désordre criminel, et que les documents les plus récents s’entassent dans les administrations et les entreprises, sans aucun classement ni un ordre quelconque, l’on est en droit de se demander ce que peu bien « hacker » ce pauvre pirate alors que la totalité de ces archives ne sont même pas accessible à leurs propres producteurs.
4- « Plaidoyer pour une décentralisation des archives » : En toute méconnaissance de cause, l’auteur suggère une décentralisation des archives qui permettraient à certaines administrations de conserver leurs propres archives sans avoir à les verser aux Archives Nationales lesquelles se conteraient de « conserver uniquement les archives historiques de l’Algérie à l’exclusion de toutes sortes d’archives ». Pourquoi utiliser l’appellation « Archives Nationales » si cette institution n’est pas concernée par la conservation de l’ensemble des archives de l’état ? Et que pense notre auteur des archives encore détenues par les organes producteurs et qui s’entassent sans classement dans les pires conditions sans être utiles à personne, ni aux administrations qui les ont produites, ni aux éventuels chercheurs ? Enfin qui sera chargé de distinguer entre « Archives historiques » et « toutes sortes d’archives » pour reprendre l’expression de cet auteur prétentieux, en fait surtout irresponsable ? En réalité, tous les organes producteurs trainent leurs archives comme une charge insupportable dont ils cherchent à tout prix à s’en débarrasser, et si les Archives Nationales n’interviennent pas à temps pour récupérer ces documents même sans classement, toutes ces archives, qu’elles soient historiques ou non, finiront au mieux dans les usines de recyclage du papier pour produire du carton à base d’archives de la nation, ou bien au pire : dans les décharges publiques. Je parle en qualité d’archiviste ayant eu à gérer ce type de situation à maintes reprises. Je citerai un seul exemple vécu à la wilaya de Constantine en septembre 1987, au moment d’un changement de wali, Khalifa Benjedid remplaçant Hamid Sidi Saïd. Un jour à 17 :00 au moment où je m’apprêtais à quitter mon bureau, le personnel étant sorti depuis une demi-heure déjà, je reçois un appel urgent du cabinet m’informant qu’un camion de la protection civile avait été chargé de toutes les archives de la précédente gestion dont voulait se débarrasser le nouveau wali. Le chauffeur du camion attendait des instructions : où déverser ces archives au service des archives de la wilaya, sinon les jeter à la décharge publique ! Autre information du cabinet : ce camion est le premier, d’autres sont en train d’être chargés avec les mêmes consignes. Qu’aurait fait ce pseudo théoricien des archives ? Je ne sais pas, mais en ce qui me concerne pas question de décharge publique, j’avais mobilisé le seul effectif présent, le gardien de nuit, et je me suis vu transformé en docker jusque tard dans la nuit. Plus tard, au moment de reclasser ces archives jetées en vrac, j’avais découvert que ces archives s’étalaient des années 1950 (guerre d’Algérie) à septembre 1987, avec les parapheurs laissés par l’ancien wali pour signature. Alors mon théoricien, où es-tu ? Alors enseignants d’archivistique que dispensez-vous comme matière à vos étudiants futurs archivistes : « les Archives d’Alice au pays des merveilles » d’où seront absentes les études de cas que vous n’avez jamais vécues ?
5- « …exclurait toute manifestation à caractère monopolistique qui se cache derrière les mythes de la confidentialité et de la sélectivité… » : Alors, mon cher pseudo archiviste, il faudrait vous déterminer : empêcher vos hackers d’accéder à ces archives jugées « des documents à caractère sensible » au début de votre texte, ou bien ouvrir aux tous venants ces mêmes archives sous prétexte de mettre un terme « aux mythes de la confidentialité et de la sélectivité » ?
6- « Le Centre national des archives dépendrait à la faveur d’une reconfiguration institutionnelle, du ministère de la Culture… » : Apparemment vous ignorez deux éléments. Premièrement : L’institution des Archives Nationales comprend deux organes, la Direction générale des archives nationales, qui a rang d’administration centrale, et le Centre des archives nationales, qui est censé être un établissement public, les deux organes relevant de l’autorité du secrétaire général de la présidence de la république, et les deux étant gérés depuis mon départ de l’institution en mars 2001, par le directeur général des archives nationales. Deuxième élément : Les Archives nationales avaient déjà été placées sous la tutelle du Ministère de la culture de 1984 à 1989. Ce fut la période la plus noire de l’histoire des Archives Nationales, le ministère n’étant même pas capable d’organiser ses propres archives, comment pouvait-il prétendre gérer les Archives de l’Algérie ? Alors, que feriez-vous ? Revenir à un passé sombre ou chercher un autre mode d’organisation que vous êtes incapable de préfigurer, votre imagination même fertile dans le sens négatif, ayant des capacités limitées.
7- C’est d’ailleurs pour cette raison- vous ne savez pas de quoi vous parlez- que j’interromps ici la démonstration, qui en fait ne vous était nullement destinée, mais plutôt aux lecteurs d’El Watan qui auraient pu être abusés par un alignement de phrases sans consistance réelle.
Abu Dhabi le 11 mars 2012
Abdelkrim Badjadja
Archiviste depuis 1974
Ancien directeur général des Archives Nationales d’Algérie
Octobre 1992- Mars 2001
Selon le rapport annuel de l’IISS
Israël posséderait jusqu'à 300 ogives nucléaires
Des experts de l'Institut international d'études stratégiques de Londres (IISS) l’affirment , Israël (photo du site nucléaire israélien de Dimona) disposerait jusqu’à 300 ogives nucléaires. Une information contenue dans le rapport annuel de l’institut, présenté, ce mercredi, à Londres, par le directeur général de l’IISS, John Chipman. Selon les experts, ces ogives peuvent équiper les missiles balistiques intercontinentaux Jericho I, ainsi que les missiles de portée intermédiaire Jericho II.
D'après le groupe de recherche IHS Jane's, spécialisé dans la collecte d'informations militaires, Tsahal possède 100 à 300 ogives nucléaires. Des ogives nucléaires seraient également installées sur les missiles balistiques Jericho III. Avec une portée supérieure à 7.000 km.
Journal Liberté : R.W
Parler du non-rôle des USA…
J’ai reçu hier l’invitation suivante émanant de Rabeh SEBAA, de l’université d’Oran:
Envoyé le : Mardi 6 mars 2012 17h43
Chers amis,
Une occasion de démythifier et de démystifier quelques rigides certitudes.
Amical respect à tous.
ILTIQAYAT
RECOIT AHMED BENSAADA
Pour une conférence-débat autour de son ouvrage
Arabesque américaine, le rôle des Etats Unis dans les révoltes de la rue arabe
Mercredi 07 mars 2012 à 10 h salle de Conférence Belahcene IGMO.
Université d’Oran
Le Coordinateur d’Iltiqayat
Rabeh SEBAA
Ci-dessous ma réponse :
Bonjour et merci pour cette invitation.
N'ayant pas mis les pieds dans mon pays depuis dix ans pour cause de menaces émanant des services de sécurité, je ne peux assister à cette rencontre ni à aucune autre, en dépit des nombreuses invitations.
Cela dit, je pense qu'il y a plutôt lieu de parler du non-rôle des USA, et de manière générale du non-rôle du monde occidental, dans ces révoltes populaires enclenchées par les populations arabes pour se libérer de la tyrannie et de la mal gouvernance.
Si réellement les Occidentaux voulaient la liberté pour les peuples arabes, pourquoi avaient-ils entretenu d'excellentes relations avec les dictateurs de tous bords, allant jusqu’à obtempérer aux mandats d’arrêts internationaux émis pour des motifs politiques et rien d’autre ?
Il a fallu que les peuples arabes décident de prendre en charge leur propre destin pour voir les Occidentaux prendre le train en marche, afin de préserver leurs intérêts menacés par l'élimination de la scène politique des dictateurs. Le meilleur exemple c'est l'Algérie: le monde occidental regarde passer le train comme une vache, et s'il réagit c'est pour meugler son assentiment. Le monde occidental n'interviendra avec ses gros sabots, bruits et fureurs en surplus, que lorsque les Algériens décideront de mettre un terme définitif à un système funeste qui sévit depuis l'assassinat de Abane Ramdane.
Témoignages sur l’enseignement à Constantine de 1950 à 1985
(6 et fin)
Octobre 1972 – Juin 1973 :
Professeur stagiaire au Lycée de filles El Houria.
A la fin de mes études de licence d’histoire – géographie, je fus affecté comme professeur stagiaire au lycée de filles El Houria en tant qu’élève de l’Ecole normale supérieure, section de Constantine. La géographie étant encore enseignée en langue française, je fus placé auprès d’un professeur (français) chargé de cette matière. Ce fut une aubaine pour lui : Il me céda, ou plutôt se débarrassa de deux classes avec six heures de cours en moins pour lui. De pédagogie, il n’en fut point ; ni avec l’inspecteur venu quelque temps après : Mahfoud Kaddache. Livré à moi-même, je tentai de bonne foi de préparer des cours convenables pour des filles peu intéressées par la matière. Je me suis même permis lors d’une séance d’évoquer les résolutions du dernier congrès du « PCUS », c’était la mode à l‘époque pour les étudiants « progressistes ». Les filles s’en foutaient royalement, attendant la fin du cours. Toutefois, elles s’étaient montrées quelque peu attentives lors de la projection de diapositives sur les zones industrielles de la…RDA. Vous me direz : encore ?
A la fin de l’année, j’eu droit à la chanson qui faisait fureur à l’époque : « Adieu Mr le professeur, on ne vous oubliera jamais… ».
Octobre – Décembre 1973 :
Brève carrière comme assistant à l’université
Ayant obtenu une dérogation de l’Ecole normale supérieure pour quitter l’enseignement secondaire et entamer une carrière universitaire, je rejoins le département de géographie de l’université de Constantine, section géographie française comme de bien entendu. Dès les débuts, j’apprends que des manigances s’étaient tramées durant l’été afin de procéder au changement de chef de département. En effet, Abed Bendjelid qui faisait fonction de chef de département dans le cadre de son service national, devait quitter le poste pour rejoindre l’université d’Oran, son service étant accomplie. Il choisit son remplaçant, Abdallah Khiari de la section géographie arabe, et de concert avec celui-ci, ils organisent un pseudo vote obligatoire pour nommer les chefs de département. Oh, notez bien que les règles ont bien été respectées en toute démocratie. Jugez-en : Une affichette annonçant la tenue d’un vote pour élire le nouveau chef de département a bien été établie, et collée sur le mur du département à 10:00 d’un matin…du mois d’août alors que l‘université était totalement vide pour cause de vacances. A 12:00 précises du même jour, le vote eut lieu en présence de nos deux compères, et en l’absence de tout public, et surtout de tout éventuel autre candidat perturbateur. Et le résultat fut affiché sur le même mur attendant d’être lu à la rentrée qui n’aura lieu qu’un mois et demi plus tard.
Vive la démocratie à l’algérienne, la même depuis les élections du 11 avril 1948, version Marcel-Edmond Naegelen gouverneur général de l’Algérie, jusqu’aux prochaines élections de …mai 2012 !
A la rentrée, une fois consommée de gré ou de force la désignation d’un nouveau chef de département pour la géographie Arabe-Français, restait à nommer le chef de la section géographie française, la section arabe étant dirigée de plein droit par le chef de département lui-même. Nous étions trois assistants algériens, et 14 enseignants français, ces derniers ne pouvant participer au vote pour désigner le chef de section, il faut bien quand même afficher une souveraineté nationale non, quitte à la piétiner par la suite. Mes deux autres collègues algériens étaient des filles : Ghanima Meskaldji, et Farida Cherrad. Toutes les deux s’étaient désistées de manière irrévocable, pas question pour elles de s’embarrasser d’une responsabilité quelconque, surtout en compagnie de leurs anciens profs, et face à des étudiants plutôt chahuteurs. Je me suis vu donc acculé à être le seul obligatoirement en lice pour le poste de chef de section française. Où est le problème me diriez-vous ? Patience, il s’agissait d’un piège : respecter la souveraineté nationale, personne n’est contre, mais pour diriger réellement la section, il faudra repasser face à une majorité implacable : 3 assistants algériens = 3 voix, 14 enseignants français = 14 voix.
Donc, j’entame mes responsabilités sans me douter qu’en fait, la France battrait l’Algérie à tous les coups par 14 contre 3 !
En plus des responsabilités, des coups bas, et des faux problèmes, je devais quand même assurer mes propres cours en géographie de la population. Ce qui signifie : arrêt de mes recherches en DEA.
Premier problème : recruter de nouveaux enseignants pour étoffer le département. Vous penserez en toute logique que la priorité reviendrait aux candidats algériens, lesquels à diplôme égal seraient plus à même d’encadrer des TP en terroir algérien qu’ils connaissent parfaitement, face à d’autres candidats qui viendraient de France et de…Navarre, mettant les pieds pour la première fois en Algérie. OK, mais il faudra passer par le vote, décision prise à l’unanimité des 14 voix françaises. Premier candidat : un Algérien. Résultat du vote : France, 14 voix contre son recrutement, Algérie, 3 voix pour. Le candidat algérien est recalé. Au suivant, une demoiselle française fraichement licenciée venant directement de France, mais en passant quand même par Alger, détail important à connaitre. On vote ? Non selon mes collègues français, elle est passée par le ministère à Alger d’où elle a obtenu son affectation, et par conséquent le rectorat de Constantine demande simplement à l’installer sans vote, ni autres formalités. Et voilà la filière mise en place : Tu es Français ? va au ministère à Alger pour solliciter une affectation à Constantine, où tu seras installé d’office. Tu es Algérien ? On va voter d’abord : 14 voix contre, 3 voix pour. C’est beau la démocratie, non ?
Deuxième problème (mon DEA toujours mis au placard) : Deux mois après la rentrée, deux étudiants se présentent pour être inscrits. Cela pose un problème pédagogique : Peut-on réellement rattraper un retard de deux mois ? Je me vois contraint de poser la question à tous les profs en conseil pédagogique.
Premier étudiant : Aucun problème, admis à s’inscrire avec 18 voix pour, n’oublions pas notre collègue fraichement débarquée dans un pays qu’elle n’avait jamais vu auparavant, et pour une géographe c’est le comble !
Deuxième candidat : Pas la peine de voter me diriez-vous ? En fait, je fus surpris du résultat que je pensais de pure forme : France=15, Algérie = 3.
- « Enfin que se passe-t-il, vous avez accepté le premier, pourquoi refuser le deuxième ? Croyez-vous qu’il a moins de capacités à rattraper son retard ? ».
Réponse unanime de la France, pardon je voulais dire de mes collègues français :
- « Ce n’est pas là le problème ? ».
- « Il est où alors ? ».
- « Le premier a prolongé ses vacances, ce n’est pas bien méchant, par contre le deuxième qui était l’année dernière en géographie, avait choisi une autre filière, pour revenir après deux mois demander sa réintégration en géographie. Et nous ne sommes pas d’accord (Y compris la voix de la nouvelle collègue de France ou de..Navarre, qui elle n’était pas en Algérie l’année d’avant ! ».
- « Désolé, mais il s’agit-là d’une décision administrative qui n’est pas de votre responsabilité, laquelle se limite uniquement aux questions pédagogiques ».
La réunion se termine en queue de poisson. Je décide de poser la question aux autorités universitaires compétentes : « Les enseignants, peu importe leur nationalité, peuvent-il prendre des décisions administratives ? ».
Je commence par le chef de département, après tout il a bien magouillé pour être placé à ce poste, non ? Je me rends à son domicile, l’intéressé étant malade (maladie diplomatique ?). Il me répond :
- « Je crois que tu ne peux rien faire contre eux ».
- « Ah bon, c’est la France (je ne vous demanderais pas pardon) qui prend des décisions administratives maintenant, en plus des questions pédagogiques ? ».
- « Que veux-tu y faire, ils sont trop nombreux, ils dirigent pratiquement toute l’université ».
- « Hé bein, je vais voir le recteur Abdelhak Brerhi ».
- « Alors là, mon cher collègue, tu perds ton temps et tu te fais des illusions. C’est justement Brerhi, un francophile dans l’âme, qui leur a ouvert les portes de l’université. Si tu vas le voir, il te donnera tort, et il t’ordonnera de te plier à leurs décisions ! ».
Ah oui, ainsi Brerehi, jeune recteur de la nouvelle université, aurait livré son établissement à la France, pieds et poings liés ? Je décide sur le champ de démissionner, et de reprendre mon DEA, pas question de le sacrifier pour jouer au Don Quichotte. Je quitte l’université de Constantine après seulement trois mois d’activités et une avance de 600 dinars sur un salaire que je ne percevrai jamais. Je me tourne alors vers les Archives Nationales.
4 octobre 1974 :
Premières soutenances de DEA à l’université de Constantine.
Nous sommes trois candidats : Farida Cherrad, Messoud Merriche, et moi-même. La presse du matin annonce l’évènement : « Premières soutenances de DEA à l’université de Constantine ». Le professeur Armand Frémont, président du jury venu spécialement de l’université de Caen où il enseigne, notera ces articles de presse dans son livre : « Algérie, les carnets de guerre et de terrain d'un géographe, Paris, Maspéro, 1982 ». Il me présentera ainsi dans ses carnets : « Un jeune et pétulant garçon disserte sur la géographie du Constantinois à l’époque du Senatus Consulte ».
C’est lui qui mettra un terme définitif à des velléités de m’empêcher de soutenir mon DEA toujours pour des prétextes administratifs, en réalité parce que mon passé comme chef de section rebelle avait laissé des traces.
Vint mon tour de passer devant le jury, devant un amphi comble, tous les étudiants de géographie bien sûr, et des autres départements aussi, ce n’est pas tous les jours que l’on organise une soutenance de DEA !
Mon sujet de DEA : « Cartographie agraire de l’Est algérien à la fin du XIXème siècle : Etude de géographie historique à partir des archives du Senatus Consulte ».
Je commence à afficher mes cartes, une douzaine en tout. L’un des membres du jury, je pense bien Marc Cote, tentera de me dissuader d’afficher toutes les cartes. J’ai bien compris son inquiétude, exposer tout un atlas historique pour un simple DEA, cela dépasse l’entendement y compris en France et à Navarre !
Je passe outre, et j’entame ma présentation, toutes les cartes y passent. Après cela, la parole est au jury : peu de remarques en fait. Voilà-t-y pas que mon ami Jean Claude Brûlé, celui-là même pour lequel j’avais refusé de jouer au nègre, chercha à me déstabiliser en souvenir du « bon vieux temps ». Il conclut son intervention par une exclamation qui se voulait sentence finale :
- « En dépit du travail réalisé, et des nombreuses cartes exposées, on reste sur sa faim ! ».
Je rebondis aussitôt sur cette dernière phrase qui sentait la mauvaise foi à mille lieux à la ronde, personne n’étant dupe, ni les membres du jury, ni les nombreux étudiants présents :
- « Si vous êtes resté sur votre faim, c’est parce qu’il y avait un risque d’indigestion… ».
L’amphi éclate de rire, et des applaudissements nourris ponctuent cette réaction vraiment spontanée, ne m’attendant pas à ce type de remarque, qui a sa place dans un restaurant certes, pas dans une enceinte universitaire, même s’il s’agit surtout d’une tentative maladroite de régler ses comptes.
Messaoud Merriche et moi-même obtenons la mention « Bien ». Farida Cherrad s’en sortira avec une mention « Passable ». J’imagine bien que les discussions au sein du jury avaient dû être serrées, surtout pour l’attribution de la mention.
Sur le champ, Armand Frémont me proposa d’entamer sans tarder une thèse de doctorat sous sa direction en poursuivant le gros travail engagé. Plus tard, j’y renonce afin de revenir à l’Histoire, mon domaine de prédilection, sous la direction du professeur André Nouschi d’abord à l’université de Nice, puis sous celle de Gilbert Meynier à l’université de Nancy II. Meynier ira jusqu’à payer de sa poche les frais d’inscription d’année en année, jusqu’à la troisième année, en 1991-1992, qui précède la soutenance. Mais, ma nomination en octobre 1992 comme directeur général des archives nationales d’Algérie sonnera le glas de mes prétentions doctorales.
1985 : De quelles études universitaires parlons-nous ?
J’engage donc une carrière d’archiviste, mais en gardant un pied à l’université, non pas dans l’intention d’y revenir un jour, mais pour assurer des cours dans ma spécialité professionnelle : l’Archivistique. Où c’est les archivistes qui prennent en charge cet enseignement destiné à préparer nos futurs collègues à affronter la réalité des archives dans les institutions et administrations publiques, où nous cédons la place à d’autres enseignants qui n’avaient ni l’expérience du travail archivistique, encore moins l’envie de se frotter au terrain. Ce type d’enseignants se contente de lire des livres, et encore, afin de présenter « les archives d’Alice au pays des merveilles ! », loin de tous les problèmes : « Nous n’allons pas patauger dans vos greniers et caves où gisent vos archives, non, et puis quoi encore ! ».
En réalité, cette problématique subsiste à ce jour : l’université algérienne forme des bibliothécaires, inaptes au métier d’archiviste, mais qui ne trouveront que les services d’archives pour les recruter.
En 1985, réunion du comité pédagogique de première année bibliothéconomie. J’y assiste en ma qualité d’enseignant vacataire d’archivistique. Les délégués des étudiants exposent leurs desideratas, à exécuter tel quel, sinon…(Grève ?).
Que veulent ces nouveaux étudiants sortis tous frais des lycées ?
- « Relever le nombre d’absences aux modules sans être exclus ».
- « Que voulez-vous ? ».
- « Passer de trois absences autorisées à six autorisées ».
- « Mais enfin, le nombre total de cours par module arrive difficilement à 12 avec toutes vos grèves, et les congés de toutes sortes. Que reste-t-il des cours s’ils sont réduits à six ? ».
- « Ce n’est pas notre problème ».
- « Avez-vous d’autres revendications ? ».
- « Oui, nous trouvons que le programme est trop chargé ».
- « En quoi est-il trop chargé, alors que vous exigez déjà une réduction du nombre des cours ? ».
- « Nous demandons la suppression pure et simple de certaines matières qui nous encombrent sans présenter un intérêt quelconque pour notre formation ».
- « Par exemple ? ».
- « Hé bein, nous exigeons par exemple la suppression des cours d’histoire, nous sommes des scientifiques, il s’agit bien de formation en Bibliothéconomie, non ? Nous n’avons que faire de l’Histoire et d’autres matières ! ».
AMERE CONCLUSION :
Voilà nos étudiants, futurs bibliothécaires, et surtout futurs archivistes, qui ne veulent pas entendre parler de l’Histoire de leur pays. Avant de m’inquiéter de leur culture générale, je m’inquiète d’abord des archives qui tomberaient entre leurs mains :
- « C’est quoi ça ? C’est quoi le MTLD, le PPA, Messali qui est-ce ? En plus c’est sale, allez à la poubelle, le FLN, l’ALN, aussi ! Bon débarras, cela nous fera de la place pour cette belle collection de journaux officiels, tous propres en plus ! ».
Abu Dhabi, ce jeudi 1er mars 2012
Abdelkrim Badjadja
Consutant en Archivistique
Références :
1-Djamiat Ettarbia Oua Taâlim El Islamia
1- Date de création : 22 décembre 1930.
2- Circonstances de création : Il existait à l’origine une médersa créée par le Bureau de l’Enseignement Arabe. L’évolution naturelle de cette première médersa a abouti à la création officielle de « Djamiat Ettarbia Oua Taâlim El Islamia ».
3- But : « Le but de l’Association est de répandre l’instruction arabe et française, ainsi que l’apprentissage professionnel parmi les filles et les garçons musulmans ». (Article 2 des Statuts)
Extrait de l’article 3 des Statuts de l’Association :
« A cet effet, l’Association créera :
« 1- des cours ;
« 2- un refuge pour les orphelins ;
« 3- un atelier pour l’apprentissage professionnel ;
« 4- des conférences littéraires ;
« 5- des bourses en vue d’aider les élèves méritants fréquentant les écoles publiques ».
4- Composition du Conseil d’Administration :
5- Tendance politique: Association des Oulama Musulmans Algériens.
6- Adresses :
- Immeuble de l’Association « El Kheiria » ;
- 17 Rue Alexis Lambert (Arbain Chérif, adresse définitive à ce jour).
7- Activités : Les débuts furent difficiles, surtout sur le plan financier. Les adhérents se contentent le plus souvent de verser le minimum exigé. L’enseignement est gratuit pour les filles, afin d’inciter leurs parents à les inscrire. Quant aux garçons, ne payent que ceux qui le peuvent. Ces difficultés n’empêcheront pas «Djamiat Ettarbia Oua Taâlim El Islamia » d’inculquer à plusieurs générations d’élèves les nobles et grandes valeurs de la civilisation arabo-islamique.
2-El Houda
1- Date de création : 15 novembre 1932.
2- Circonstances de création : La communauté mozabite de Constantine a éprouvé le besoin de se regrouper dans un cadre officiel.
3- But :
- Enseignement de l’Arabe littéraire, et éducation philosophique de la jeunesse selon le rite ibadite ;
- Réunions périodiques des Mozabites pour examiner tous les problèmes sociaux, religieux, et professionnels qui leur sont propres.
4- Composition du premier Bureau :
5- Tendance politique : Aucune tendance politique nettement affirmée, si ce n’est le regroupement de la communauté mozabite.
A noter toutefois que le 23 mars 1933, à l’occasion du thé inaugural, l’association a invité le Cheikh Abdelhamid Benbadis, le Cheikh Benelmouhoub, Muphti, M. Zerkine, dentiste et conseiller municipal, et M. Ben Merzouk, également conseiller municipal.
6- Adresses :
- Première adresse lors de la création de l’association, 22 Rue du 23e de Ligne ;
- Transfert du siège le 21 septembre 1933 au 10 Rue de Mila, dans un immeuble appartenant à un notable mozabite, M. Haouchatte.
- Réunions de la communauté mozabite ;
- Enseignement, une quarantaine d’élèves en 1934 ;
- Ouverture de l’école :
- de 6h à 7h30 et de 16h30 à 18h pour les enfants d’âge scolaire ;
- de 8h30 à 10h et de 14h à 16h pour les adolescents.
3-Extraits du livre : "Badjadja…Passe au tableau !", chapitre 1 : « Constantine 1954-1962, Un enfant raconte la guerre », Editions Edilivre, Paris, 2011.
http://www.edilivre.com/badjadja-passe-au-tableau.html
4- « Le Chômeur...» : Nouvelle écrite à Constantine en 1968 pour participer à un concours de nouvelles organisé par l’hebdomadaire « Algérie Actualités », et actualisée à Abu Dhabi en mai 2007.
Témoignages sur l’enseignement à Constantine de 1950 à 1985 (5)
Octobre 1970- Juin 1971 : Des histoires en Certificat d’Histoire
Meynier étant rentré en France, nous avions eu comme professeur d’histoire contemporaine, Albert Fitte, le seul docteur de troisième cycle à l’époque, un réactionnaire doublé d’un provocateur, mais un grand bosseur. Il cherchait des volontaires pour un gros travail à réaliser dans le cadre du certificat d’histoire moderne et contemporaine : « Histoire du pétrole algérien ». Ce thème était d’actualité à l’époque, toute la presse rendait compte régulièrement des difficiles négociations algéro-françaises sur ce sujet. Nous nous sommes déclarés partant mon camarade Boubekeur Madani et moi-même. Le travail à réaliser allait exiger de nous un effort colossal qui dépassait en volume toutes les autres matières des deux certificats de licence réunis. Et voilà que surgit une grève des étudiants de propédeutique, lesquels ne supportant plus les provocations de Fitte demandaient son départ de l’université. Ces étudiants étaient venus nous voir pour les rejoindre dans leur mouvement de grève, à leur tête un hurluberlu crinière au vent qui était alors étudiant en première année de droit. De quoi se mêle-t-il celui-là ? J’appris plus tard qu’il s’appelait…Ali Kechid, déjà, qui sera 15 ans plus tard mon compagnon d’assignation à résidence à Bordj Omar Driss après les évènements de Constantine de novembre 1986 !
Pour nous, étudiants de deuxième année, pas question de suivre ces « mioches » de première année qui n’appréciaient pas l’humour noir du prof. D’autant moins que si pour eux il s’agissait d’une matière à option, n’ayant rien à perdre en changeant de matière, pour nous Fitte représentait 50% de notre certificat d’histoire moderne et contemporaine, et ce n’était pas des matières à option. Fitte fut déchargé de l’enseignement en propé, et continua ses cours de licence.
En pleine année scolaire, alors que Madani et moi-même étions englués dans l’histoire du pétrole algérien, voilà que tombe la nouvelle de la nationalisation par l’Algérie de ses hydrocarbures : c’était le 24 février 1971 ! D’où changement de l’intitulé de notre mémoire de licence qui devint :
« Contribution à l’étude de l’histoire du pétrole algérien, 1er novembre 1954 – 24 février 1971 ».
Ce travail allait susciter des convoitises, à commencer par notre prof. Fitte, qui nous proposa de le faire publier en France, avec une préface de Pierre Nora, ce n’était pas un problème, mais en ajoutant son nom non pas en tant qu’encadreur, mais en tant que co-auteur, et là ça n’allait plus ! Pour nous deux pas question de l’inclure dans la couverture comme co-auteur. Nous avions attendu d’abord la soutenance officielle du travail, et le dépôt officiel de la note attribuée qui était de 19/20, avant d’alerter le doyen Laïd Messaoud sur les prétentions du prof, en demandant notamment la restitution de l’original du mémoire qu’il avait gardé chez lui. Albert Fitte fut obligé de nous rendre notre mémoire, parce qu’il ne pouvait pas quitter l’Algérie sans le quitus délivré par l’université de Constantine. Deux années plus tard, une copie de cet ouvrage, encore et toujours à l’état de manuscrit, fut sollicitée auprès de la bibliothèque universitaire de Constantine, dans le cadre des échanges internationaux, par la … Library of Congress des Etats Unis d’Amérique où il est toujours affiché sur le net :
Octobre 1971- Juin 1972 : une difficile année de géographie
Après avoir décroché le certificat d’histoire ancienne et médiévale avec « Mention Assez bien », et celui d’histoire moderne et contemporaine avec « Mention Bien », je dus affronter deux certificats de géographie l’année suivante : géographie générale et géographie régionale, alors que sur le plan pédagogique il aurait fallu les séparer en deux années. En effet, comment prétendre affronter des cours de géo régio si l’on n’a pas acquis au préalable les notions fondamentales de géo géné ?
Nous avions comme profs une équipe soudée de géographes compétents, et dévoués, ambitieux et pour nous et pour eux : Marc Cote- géographie générale, Jean Claude Tihay- géographie physique, Jean Claude Brulé- géographie régionale, Claude Castevert- géographie de la population, Plasson-climatologie.
N’empêche qu’il m’avait fallu déployer des efforts douloureux pour suivre les cours de deux certificats en même temps. A deux reprises durant cette année terrible, alors que je n’aimais pas trop la géographie, je dus rester éveillé 48 heures d’affilées pour suivre les cours dans la journée, et préparer mes devoirs durant la nuit ! La fin d’année m’avait délivré d’un vrai calvaire, et j’obtins mes deux certificats avec mention « Passable ».
En réalité, j’avais bien obtenu plus de 12/20 de moyenne générale en géographie générale, mais la mention « assez bien » ne m’avait pas été accordée, alors qu’un camarade a eu cette mention avec une moyenne générale inférieure à la mienne. Qu’en penser ? Les voies du seigneur sont impénétrables, ainsi que celles des géographes. Je ne m’en faisait pas trop, je venais d’achever ma licence d’histoire géographie, et c’était là l’essentiel.
Avant d’en terminer avec mes études de géographie, je voudrais rapporter une autre grève, qui ne nous concernait pas directement cette fois-ci : celle des étudiants de géographie arabe lors d’un examen en géographie physique. En effet, le jour de l’examen en section française, nous avions eu comme sujet de procéder à un habillage d’une couche géologique, à savoir tracer d’abord une coupe topographique de A à B sur une carte géologique, puis restituer les différentes couches géologiques du sous-sol à partir des affleurements à la surface. Dans la classe à côté, nos camarades de section géographie arabe avaient eu comme sujet un aimable exercice : tracer une simple coupe topographique du point A au point B, sur une innocente carte topographique !
Quel blasphème à leurs yeux, alors qu’ils s’attendaient à une simple question de cours, où ils auraient juste à recopier un cours sans se fouler les méninges dans des graphiques pourtant de niveau scolaire ! Ils ressortent immédiatement de la classe refusant d’aller aux travaux forcés, et exigeant de leur prof de géographie physique, un jordanien qui n’en pouvait mais, de changer de sujet d’examen, et revenir aux normes, à savoir apprendre de mémoire les cours théoriques sans autre aventure suicidaire !
La licence achevée, tout le monde, étudiants et profs, me percevant comme historien pas du tout comme géographe, mes profs de géographie me proposèrent comme sujet de mémoire de DEA un travail à cheval entre la géographie et l’histoire, c’est-à-dire la géographie historique. Le thème choisi : « Cartographie agraire de l’Est algérien à la fin du XIXème siècle : Etude de géographie historique à partir des archives du Senatus Consulte ». Mon travail, colossal une fois de plus, m’amena à réaliser un véritable atlas historique du Constantinois (les 17 wilayas de l’Est aujourd’hui) comportant une douzaine de cartes thématiques, dont la carte des anciennes tribus de l’Est algérien au 19ème siècle. Pourquoi « travail colossal » ? Parce qu’il m’avait fallu dépouiller 264 manuscrits concernant les 264 tribus recensées au titre du Senatus Consulte, manipuler près d’un millier de plans cadastraux des tribus (264) et des douars (plus de 600), et effectuer près de 30.000 opérations chiffrées avec une simple machine à calcul, j’avais travaillé avec les moyens existants en 1973-1974.
Avant de me lancer dans ce travail titanesque, il m’avait fallu d’abord établir des répertoires alphabétiques des tribus et douars, instruments de recherche indispensables qui n’existaient pas au service du Cadastre qui conservait ces précieuses archives. Personne donc ne s’étonnera de me voir opter plus tard pour une carrière aux Archives nationales !
L’année 1973-1974 fut donc pour l’essentiel consacrée aux dépouillements des archives du Cadastre afin de rassembler les données chiffrées, puis élaborer les statistiques qui allaient servir de trame à la réalisation des cartes thématiques. Cela parallèlement aux six heures de cours que je devais assumer au lycée El Houria, dont je parlerai plus loin.
C’est durant cette période que mon prof et ami Jean Claude Brulé me demanda de relever pour son compte des données chiffrées pour ses propres recherches. Ce n’était pas rien d’introduire dans mes grilles de dépouillement des chiffres supplémentaires par milliers dont je n’avais nullement besoin. Je lui avais proposé de scinder le travail en deux, en prenant à ma charge le plus gros du travail, afin qu’il puisse apporter sa contribution à l’établissement des grilles. Il refusa net. Donc, de mon côté pas question de collaboration à sens unique. Cela a failli me couter cher : il était courant aux universités de France et de Navarre que des étudiants fassent les « nègres de service pour leurs profs, sinon… ». La jeune université algérienne devait suivre.
J’y reviendrai…
Témoignages sur l’enseignement à Constantine
de 1950 à 1985 (4)
Octobre 1969 – Juin 1970 : Première année d’études universitaires.
J’avais fait toutes mes études supérieures, jusqu’au DEA soutenu en octobre 1974, à l’Université de Constantine. Précisons d’emblée que durant cette première année, l’université, en fait encore une centre universitaire avec à sa tête Dr Bendali, se trouvait à la Médersa 54 rue Larbi Ben M’hidi. C’était un lieu convivial, en plein centre-ville, que nous aimions beaucoup, avec le café « Nedjma » à côté, rendu célèbre par l’œuvre de Kateb Yacine du même nom. Nous pouvions réviser nos cours en dégustant cafés et thés dans une salle annexe du café « Nedjma », mise gracieusement à la disposition des étudiants par les propriétaires, la famille El Goufla qui gérait les lieux depuis des temps immémoriaux. Malek Bennabi qui avait fréquenté cette médersa dans les années, 1930 je pense, en parle dans son livre « mémoires d’un témoin du siècle ». Un autre illustre étudiant de cette Médersa : Abane Ramdane, qui en sortira secrétaire de commune mixte à Châteaudun du Rhumel, aujourd’hui Chelghoum Laïd.
Ce n’est qu’à la rentrée suivante, octobre 1970, que nous avions déménagé au campus tout frais non encore achevé sur la route de l’aéroport. Non encore achevé, c’est bien le cas de le dire : pas de restaurant, seul un vendeur de « macarons lousés » venait à notre secours pour ne pas crever de faim, transport aléatoire, il était préférable de faire le trajet à pied, pas de chauffage, si bien que souvent nos profs nous proposaient de faire les cours en plein air où il faisait un temps plus clément qu’à l’intérieur d’un bâtiment dont le béton armé n’avait pas encore séché. A ce propos, un jour en plein cours, du béton avait giclé dans notre salle parce que des travailleurs juchés sur le toit continuaient d’injecter du béton sans se soucier de qui était en dessous. Je suppose qu’ils ont dû se dire : « Fallait rester à votre Médersa, et ne pas venir nous enquiquiner ».
Revenons donc à notre médersa, et à cette première année d’université.
J’ai eu la chance d’avoir comme prof d’histoire en propédeutique Gilbert Meynier, alors jeune agrégé d’histoire venu en Algérie dans le cadre de son service civil. Faire une plongée dans l’histoire contemporaine avec Meynier fut une agréable expérience, et découvrir avec lui l’histoire du Nationalisme Algérien fut une passion, et pour lui et pour nous ses étudiants. Je me rappelle que mon premier exposé en propédeutique fut justement centré sur la période de la « Naissance du Nationalisme Algérien », titre d’ailleurs d’un livre du prof avec lequel Meynier préparait sa thèse de doctorat : André Nouschi. Cet exposé, présenté conjointement avec un condisciple Mostefa Benmoussa de Batna, nous avait entrainés vers la bibliothèque des Archives de la Wilaya de Constantine, et je n’imaginais pas alors que j’en serai plus tard le conservateur en remplacement d’André Berthier qui sera lui aussi notre prof pour la période romaine. Nous présentâmes les partis politiques nationalistes de cette époque (Reconstitution de de mémoire du résumé de l’exposé écrit remis au prof) :
- L’Etoile Nord-Africaine (1926), suivie après sa dissolution par le Parti du Peuple Algérien (1937) lui-même dissous mais activant clandestinement à l’ombre du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques créé en 1946, avec toujours à leur tête le même homme qui fut considéré comme le père du Nationalisme Algérien : Messali Hadj.
- La Fédération des Elus du Département de Constantine créée en 1927, avec le Docteur Bendjelloul et Ferhat Abbas.
- L’Association des Oulamas Musulmans Algériens (1931) avec comme premier président Cheikh Abdelhamid Benbadis.
- La Section Algérienne du Parti Communiste Français créée en 1924, devenue lors du Congrès de Villeurbanne en 1935 le Parti Communiste d’Algérie, puis Parti Communiste Algérien, avec comme secrétaire général Amar Ouzegane d’abord, puis Larbi Bouhali.
- Le Congrès Musulman Algérien (1936) qui avait regroupé plusieurs partis nationalistes, sauf le PPA de Messali Hadj.
- Les Amis du Manifeste et de la liberté créé en 1944 à l’initiative de Ferhat Abbas, lequel finira par fonder un nouveau parti en 1946 : L’Union Démocratique du Manifeste Algérien.
- Création en 1947 d’une branche paramilitaire au sein du PPA-MTLD: l'Organisation Spéciale (l'OS).
- Le Front algérien pour la défense et le respect de la liberté (FADRL), créé en 1951, regroupant plusieurs partis dont le PCA, le MTLD et l’UDMA.
- Enfin le Comité Révolutionnaire d’Unité et d’Action (CRUA) créé en 1954 d’abord pour tenter de résoudre la crise du PPA-MTLD scindé en deux fractions en conflit : Messalistes contre Centralistes. Puis les anciens de l’OS au sein du CRUA, devant l’échec des tentatives de réconciliation, décident de passer à l’action avec la création des premiers organes de la Révolution algérienne : FLN et ALN.
Pour chacune des tendances énumérées, nous avions présenté aussi les commentaires de l’Administration coloniale -avant 1954- qui considérait les partis extrémistes, tel le PPA/MTLD, plus faciles à circonscrire parce que prônant franchement la violence pour arracher l’Indépendance : arrestations, condamnations, assignations à résidence, s’abattaient sur les nationalistes, ce n’étaient pas les preuves flagrantes qui manquaient. Par contre, l’Administration coloniale appréhendait les Oulamas comme le mouvement le plus dangereux parce qu’il n’intervenait pas directement dans le champ politique, d’où difficultés de le réprimer en l’absence d’infractions à l’ordre public, mais agissait de manière sournoise sur la personnalité arabo-musulmane de l’Algérien l’incitant de manière indirecte à se révolter contre le colonialisme français.
Le déclenchement de la lutte armée 1er novembre 1954 allait balayer sans ambiguïté toutes ces supputations.
Pour conclure notre exposé, et retenant les conseils de Meynier sur l’intérêt d’ajouter une pointe d’humour, nous avions repris le portrait de Ferhat Abbas tel que l’avait esquissé un de ses amis, Amar Naroun je pense :
Pharmacien de son état,
Mais jeune Turc du fond du cœur,
Tant de flacons il agita,
Qu’il en devint Agitateur !
Parmi les livres et documents consultés, nous avions eu accès à un rapport de l’administration coloniale : « Algérie 1957 - Origines du nationalisme et du séparatisme algériens », conservé aux Archives de la Wilaya de Constantine, série documentaire UDA. Il est consultable aussi aux Archives militaires du Château de Vincennes, Paris : Fonds d’archives: Archives du cabinet militaire de la délégation générale du gouvernement en Algérie : 1 H 1092- (Dossier 2).
Tout cela se déroula durant l’année universitaire 1969-1970, dans un cadre officiel, alors que d’aucuns prétendent que durant ces années-là le sujet du Nationalisme algérien de 1939 à 1954 était un sujet tabou, voire interdit à évoquer.
Témoignages sur l’enseignement à Constantine
de 1950 à 1985 (3)
L’Indépendance de l’Algérie :
Des collégiens scrutateurs, puis danseurs de Twist !
1er Juillet 1962, le scrutin d’autodétermination :
Scrutin régulier ? Pas vraiment, et j’en suis la preuve vivante. Je m’explique. Le premier juillet 1962, je n’avais que 17 ans, ce qui signifie que je n’étais pas en âge de voter, il aurait fallu être âgé de 18 ans. Pourtant, si je n’avais pas été admis comme électeur, j’avais été retenu comme scrutateur en dépit de mon jeune âge. J’avais été sollicité, comme beaucoup de collégiens de mon âge, par l’UGEMA* pour dépouiller les votes par correspondance des compatriotes résidants en France. L’opération a eu lieu au niveau d’une salle du Conseil général de la Préfecture de Constantine. Il est vrai que depuis les élections truquées à l’assemblée algérienne organisées en 1948 par le gouverneur général Naegelen, les Algériens ne connaissent les « Elections » qu’à travers le couple maudit de « Trafic électoral ». Cela dure à ce jour, et les Algériens attendent toujours le jour béni où il y aura divorce définitif du couple : « Trafic » à bannir, et « Elections » à instituer vraiment, n’est-ce pas ?
*Union générale des étudiants musulmans algériens.
5 juillet 1962 : Fêtes de l’Indépendance :
Laissons les photos et les souvenirs parler de ces journées mémorables dans la vie des peuples.
« Des chants et des danses partout, de nombreux drapeaux ont été accrochés sur tous les édifices, et toutes les maisons...Qu'il est beau notre drapeau national: vert et blanc frappé d'un croissant et d'une étoile de couleur rouge !
J'avais pris moi-même ces photos lors des fêtes de l'Indépendance.
Et en avant la musique, il y en a pour tous les goûts, zendali malouf comme il se doit à Constantine, mais aussi chaâbi algérois, et même...rock avec Bill Halley et Elvis Presley, twist avec Johnny Hallyday et Richard Antony ! Je fais partie des danseurs de twist...
- Et toi le danseur de twist, viens avec moi !
Qu'est-ce qu'il me veut celui-là, qui joue au "Nidham" (Service d'ordre) ? Je le suis, les copains sont derrière, prêts à parer à toute éventualité, c'est la fête de l'Indépendance, on a bien le droit de danser non ?
- Mademoiselle, vous-là qui dansez le twist, venez par ici !
Les gens se demandent ce qui se passe ?
- Bon, arrêtez-moi toutes ces musiques...Faites un grand cercle...La sono, mettez-nous un twist endiablé...Allez jeune homme, et vous mademoiselle, vous allez danser ensemble...Vous êtes les meilleurs sur la place, montrez-nous ce que vous savez faire...
Ah, concours de twist, je veux bien, avec une demoiselle pour la première fois, réquisitionnés par le FLN en plus ! Et en avant "twist again yé yé"...Toute la foule est emballée et se déhanche sur place...La danse terminée, je commente l'évènement avec les copains, lorsqu'un autre "Nidham" nous interpelle :
« - Vous êtes des étudiants ?
- Non, des lycéens... (Nous venons tout juste de décrocher le BEPC)
- Kif kif, voilà vous allez vous rassembler à "Djenane Zaoualia" ("Le jardin des pauvres", cad. les musulmans)...
- Faites passer le mot d'ordre à tous ceux que vous connaissez, nous avons besoin de tous les étudiants et les lycéens...Je vous retrouve tout à l'heure...
Nous sommes plusieurs dizaines de lycéens et étudiants à attendre au niveau du square...Le "Nidham" arrive...
- Voilà jeunes hommes, jeunes filles, vous allez vous mettre en rang pour une nouvelle manifestation...Vous prendrez la direction des quartiers européens, en commençant par Saint Jean, et la rue Pinget...
Quoi ? Pourquoi passer par les quartiers européens en manifestant ? Nous sommes indépendants maintenant, le temps des manifestations anticoloniales est bien terminé, alors à quoi ça rime ?
- Vous allez scander les mots d'ordres suivants, et rien d'autre, compris ! Allez-y...
Le cortège s'ébranle en silence d'abord, nous traversons la première partie du boulevard Saint Jean, sous le regard interrogatif d'une foule de musulmans qui se demande où se dirige ce cortège silencieux... Arrivés à la hauteur de la rue Pinget, nous quittons le boulevard, pour nous engouffrer dans la rue, où n'habitent que des familles européennes qui n'avaient pas encore quitté l'Algérie...
- Etudiants avec nous...Etudiants avec nous...Etudiants avec nous...
Le message est reçu cinq sur cinq par les familles européennes...Tout le monde se précipite aux balcons. Nous invitons les lycéens et les étudiants français à se joindre à nous pour partager la fête...Le FLN visait en quelque sorte à rassurer ces familles...qui nous applaudissent au passage. Aucun étudiant français ne se joint à nous, mais le message a été transmis...et bien accueilli...Ce qui encouragera certains à finir par sortir, ne serait-ce que par curiosité, aucune menace ne planant sur eux… »
Le lendemain, 6 juillet 1962...
« Cette fois-ci, je fais partie du "Nidham" (Service d'ordre) placé à l'entrée du cinéma Cirta, en même temps que Rachid, celui-là même qui s'était fait botté les fesses par un motard ! Aujourd'hui Rachid a l'avantage, il arbore une belle tenue scoute : short noir, chemise bleue, foulard et écusson, chapeau de brousse...Tiens ! Qui approche en compagnie de son épouse ? Notre professeur de sciences naturelles, Mr Muscat ! Tout à fait à l'aise, il nous aborde, visiblement heureux de retrouver ses élèves...Monsieur et Madame Muscat sont impressionnés par la belle tenue de Rachid, il n'y en a que pour lui. Je suis quelque peu jaloux...Nous les invitons à rentrer pour assister à l'un des nombreux spectacles qui sont organisés pour célébrer l'Indépendance. Nous nous assurons qu'ils seront bien installés, ils ne risquent rien, sinon de devoir se mettre debout au moment où retentira l'hymne national, "Kassaman", qui marque le début et la fin de chaque spectacle.... »
Le surlendemain, 7 juillet 1962...
« Je rentre chez moi, Rahbat Souf...Encore le couple Muscat ! Décidément, Ils ne veulent rien rater...Cette fois-ci, ils sont en plein quartier musulman, devant la vitrine d'un bijoutier... »
Février 1963 – Juin 1964 : Enseignant dans des écoles primaires.
A l’école Ardaillon de Sidi Mabrouk d’abord, puis à Oued El Athmania. J’avais quitté le lycée en février 1963, j’étais alors en classe de seconde. La ou les raisons ? Les professeurs que nous avions l’année précédente ne sont pas revenus, ils ont été remplacés par de jeunes enseignants qui manquaient terriblement d’expérience. Plusieurs matières n’étaient pas enseignées faute de profs. Il faut ajouter aussi les problèmes sociaux, manque d’argent pour financer des études secondaires, alors que dans le même temps des possibilités d’emploi s’offraient à profusion pour les titulaires du BEPC, afin de suppléer au départ massif des fonctionnaires européens.
Alors que je n’avais pas encore 18 ans, je m’étais retrouvé face à des élèves du primaire sans aucune préparation pédagogique, et sans même de vrais programmes d’enseignement. J’étais isolé, et en même temps libre d’improviser mon propre programme en langue française !
1963: Avec mes élèves de l'école Ardaillon, Sidi Mabrouk, Constantine.
1964: Avec mes élèves de l'école mixte de Oued Athmania
Témoignages sur l’enseignement à Constantine
de 1950 à 1985 (2)
Collège moderne de garçons, 1957-1962 :
Avant « d’aller au collège », parlons un peu de ma maison natale, Dar El Kellal, située au 4 Zenkat Sidi Affane, que l’administration coloniale avait renommée rue Morland. Sidi Affane est en fait le nom de la mosquée datant du moyen âge qui se trouvait en contre bas de notre rue. Notons au passage que les Constantinois n’avaient cure des baptisassions et rebaptisassions de rues, soit pendant la période coloniale, ou même après l’Indépendance. Par exemple : Zenkat El Amamra, une rue célèbre parallèle à Zenkat Sidi Affane, a gardé son nom ancestral en dépit des appellations successives, rue Calassanti de Motylinski avant l’Indépendance, puis rue des cousins Kairouaz après 1962. Il en est de même des rues et quartiers de la ville avant 1830 : Kouchet Ezziat (boulangerie ancestrale), Sidi B’zar, Sidi Rached (Zaouia), Bardo (écuries du Bey Hadj Ahmed), Sidi Bou Annaba, Es Seida (Hafsa, mosquée), El Batha, Sidi Abdelmoumen (mosquée), Bir El Menahel, Rahbat El Jamel, Er Rabaïn Ech Cherif (mahkama), Er R’Sif, Rahbat Es Souf, Tabia, El Kasbah, Ech Charaâ (quartier juif depuis Salah Bey), et aussi Sidi Mabrouk, Ouinet El Foul, les anciennes portes aussi : Bab El Oued (La grande Poste), Bab El Kantara (la gare), Bab El Jabia (que l’armée française avait transformé en maisons closes)…
Lorsque j’étais encore enfant, ce manège m’amusait et je participais avec ardeur à la chasse aux fissures avant de me mettre aulit. Aujourd’hui, je m’oppose catégoriquement à cette cérémonie, qui a fini par devenir un sujet de dispute quotidien entre mon père et moi. L’argument massue de notre chef de famille, pour maintenir cette ridicule manie, se nomme la tuberculose. En effet, il croit fermement qu’en supprimant tous les courants d’air, on a toutes les chances d’échapper aux bronchites, pneumonies et autre tuberculose qui exercent des ravages parmi la population d’Essouika. Il ne se doute pas le moins du monde qu’en plus de la sous-alimentation, et des mauvaises conditions de vie, le manque d’air frais et pur, riche en oxygène, se trouve être la principale cause de cette funeste maladie… »…..
En France 1958-1959
Je suis à gauche de la surveillante.
De retour en Algérie...
Témoignages sur l’enseignement à Constantine de 1950 à 1985 (1):
Elève, collégien, étudiant, enseignant…
Source : Vue d’avion prise par mon frère Abdelaziz Badjadja
Constantine, octobre 1950, 8:00 du matin :
J’avais cinq ans. Mon père me dépose devant l’entrée de la Médersa Ettarbia oua Ettaâlim El Islamia (1), située rue Alexis Lambert, aujourd’hui rue Cheikh Abdelhamid Benbadis. Le nom du Cheikh ne m’était pas inconnu, en fait ce fut le premier nom, en dehors du cercle familial, dont j’entendais parler dès l’âge de deux ou trois ans : « Benbadis a dit ceci, Cheikh Abdelhamid a dit cela ». Les cours à la Médersa : Coran, lecture, vocabulaire, conjugaison, orthographe, calcul, puis histoire, géographie, soit un enseignement complet, avec même un cours de français pour ceux qui ne fréquentaient pas l’école française. Je ne me souviens pas du nom du directeur de la Médersa en 1950, seulement de sa tenue vestimentaire traditionnelle. Par contre, je me rappelle du nom de son remplaçant : Cheikh Sadek Hamani, qui lui portait un costume moderne, tête nue, et qui nous impressionnait quelque peu parce qu’on disait de lui qu’il parlait très bien le Français !
Je me souviens aussi de ma première institutrice : Lalla Houria, une dame vêtue à l’européenne, sans voile, et qui venait parfois dans notre maison « Dar el Kallal » 4 rue Sidi Affane, pour y rencontrer nos voisins, la famille Moulay dont le père avait été enseignant lui aussi à la même médersa. Ma famille se moquait de me voir resté caché dans notre chambre en attendant le départ de Lalla Houria. Je parlerai plus loin d’un autre instituteur, le terrible Cheikh Salah Boudraâ, qui rejoindra le maquis dès les débuts de la Révolution armée, où il tombera au champ d’honneur en 1961 au côté de Messaoud Boudjeriou, dit « Messaoud El Kassentini », chef de l’ALN de la région de Constantine.
Chaque matin, j’allais à « El Jemaïa » avec plaisir, tant je me sentais comme dans un environnement familier. Quelques camarades de classe de cette époque : Salim Makhloufi, un garçon discret de grande politesse, qui fera carrière comme chirugien au CHU de Constantine, Farouk Bellagha, quelque peu distant, ancien directeur de la RTA à Constantine, Hamza Benyamina, un grand garçon jovial, médecin, au moins un des Slougui dont j’ai oublié le prénom tellement ils sont nombreux, garçons et filles : médecins, économistes…
Pourquoi l’appeler « El Jemaïa », pas la Médersa ? En fait, je ne le sus que plus tard…lorsque devenu archiviste j’appris que la Médersa Ettarbia oua Ettaâlim El Islamia, première médersa libre créée par Cheikh Abdelhamid en 1929, était aussi le siège de l’Association des Oulama Musulmans Algériens (« El Jemaïa ») créée elle en 1931 avec comme premier président Cheikh Benbadis. Dès ses débuts, et suivant la volonté du Cheikh Benbadis, les filles seront exemptées des cotisations demandées aux garçons (du moins les parents qui le peuvent) pour financer les activités de la nouvelle médersa laquelle ne bénéficiait pas de subventions de l’administration coloniale. Afin de contrecarrer le travail d’éducateur du Cheikh Abdelhamid Benbadis, l’administration coloniale encouragea la création en 1934 d’une nouvelle école libre «Es Salem » considérée comme rivale de la Médersa Ettarbia oua Ettaâlim El Islamia. La médersa «Es Salem » bénéficia de toute l’attention de l’administration coloniale, en particulier le versement de subventions conséquentes, et la désignation d’un inspecteur de police au sein du conseil d’administration.
Cheikh Abdelhamid Benbadis fit de la Médersa le siège de l’Association « El Jemaïa », puis son propre domicile suite à une brouille avec sa famille qui aurait aimé le voir s’engager dans une brillante carrière de notable au service de l’administration coloniale. J’avais recueilli ce témoignage en 1985 je pense, auprès de Cheikh Khelil Belguechi, dit Si Zouaoui, ancien associé de Cheikh Benbadis dans l’Imprimerie musulmane algérienne, située aussi rue Alexis Lambert, où étaient imprimés les publications de l’Association des Oulama, et les tracts nationalistes : « Chaque soir, la famille Benbadis envoyait au Cheikh un couffin rempli de victuailles. Le Cheikh remettait au gardien de la Médersa le couffin en lui demandant de l’offrir aux étudiants internes, et en échange de lui ramener un peu de la galette et du petit lait qui leur servaient de repas du soir ».
Constantine, octobre 1951, 8:00 du matin :
J’avais six ans. Mon père me dépose devant ma nouvelle école : Ecole Arago, située au bout de Sidi Bou Annaba, frontière qui sépare notre quartier Souika de le rue nationale, « Tarik El Jadida », en fait une véritable frontière entre la ville musulmane et la ville européenne où quelques familles algériennes vivaient comme des émigrés en pays étranger. L’école Arago était bel et bien une école française, où le Français était la seule langue d’enseignement. Plus tard, en CM1 ou CM2, la langue arabe sera ajoutée au programme, mais en étant cantonnée au rang de folklore local à raison de deux heures par semaine.
Quelques camarades de classe de cette époque : Salim Serradj, retraité de Sonelgaz, connu en première année, nous sommes toujours liés par une amitié qui remonte à 61 ans, il vient de séjourner un mois chez moi à Abu Dhabi avec son épouse. Parmi mes amis de toujours : Hamoudi Kadri, ancien directeur de centre FPA, Hamoudi Hachouf, expert-comptable, Rachid Aouragh, ancien directeur d’une usine de fabrication de biscuits et friandises, Cobiscor-Oran. Et aussi, Hocine Nia, Sciences Po. Paris, un grand farceur, aujourd’hui vice-président du RCD, Mohamed Larbi Grine, le premier de la classe, je ne pouvais qu’être deuxième face à lui, aujourd’hui retraité de Sonatrach, ancien député FLN de Bab el oued. Egalement : Nacer Djeghri, qui deviendra ingénieur docteur en chimie, Tahar Lecheheb, l’éternel séducteur avec un sourire ironique aux lèvres, médecin, Boudraâ, médecin aussi, Hamouda, ancien pilote Air Algérie, B.S. ancien chef de sûreté de wilaya et cadre dirigeant de la DGSN, Abdelhamid Bourayou, inspecteur des PTT…
Je serais tenté de rajouter le nom d’un ami d’enfance de notre rue Sidi Affane : Zitouni, mais il nous avait précédé à l’école Arago parce que plus âgé que nous. Je voudrais tout de même évoquer son itinéraire exceptionnel. Après l’Indépendance, il poursuivit une formation de pilote de chasse, et participa aux deux guerres contre Israël. En juin 1967, une rumeur avait été répandue à Constantine affirmant que Zitouni avait foncé avec son avion sur la Knesset à Tel Aviv pour la faire exploser en se sacrifiant ! Quelques temps après, il me confiera en fait que son avion avait été touché par la chasse israélienne parce que manquant d’expérience. Il s’était alors éjecté pour tomber dans un champ au milieu des fellahs égyptiens qui croyaient dur comme fer que ce pilote tombant du ciel était un israélien, et de ce fait voulaient le pendre séance tenante. Ses tentatives d’explication qu’il était pilote algérien n’avaient fait que l’enfoncer tant son arabe était approximatif, et son teint peu arabe. Il eut du mal à les convaincre de le remettre aux autorités les plus proches, et c’est là qu’il eut la vie sauve. Par contre, lors de la guerre d’octobre 1973 à laquelle il avait participé aussi, il m’affirma que les pilotes algériens s’étaient très bien battus parce que plus aguerris. A tel point que la chasse israélienne fuyait les zones où opéraient les pilotes algériens qui avaient déjà acquis une solide réputation. Zitouni me confia que la chasse algérienne changeait chaque jour de piste de décollage, par mesure de sécurité, mais il avait remarqué bizarrement que chaque fois qu’ils quittaient un aéroport, la piste était aussitôt bombardée par les avions israéliens, et qu’ils avaient à chaque fois échappé de peu au déluge de feu sur les pistes.
Et notre « El Jemaïa » ? Décalée en fin d’après-midi, de 18:00 à 20:00. Pourquoi ?
Une fois de plus, je ne sus la réponse qu’en devenant archiviste. J’avais exhumé des archives de la wilaya de Constantine une circulaire datant de 1929, soit l’année de la création par Benbadis de la première médersa libre enseignant en langue arabe : la dite circulaire interdisait aux médersas libres de recevoir des élèves « indigènes » d’âge scolaire pendant les heures de fonctionnement des écoles françaises ! Je compris alors pourquoi ce changement d’horaire, et je compris aussi pourquoi en première année il y avait avec nous de grands dadais trois fois plus âgés que nous !
« Tu veux apprendre l’Arabe ? Ok, avant six ans ou après 14 ans ! ».
Les Mozabites avaient leur propre médersa : « El Houda », créée en 1932 (2). Leur école était soumise aux mêmes contraintes, si bien que nos camarades mozabites, que nous retrouvions à l’école Arago, étaient obligés de se lever aux aurores pour suivre leurs cours d’Arabe de 6:00 à 7:30 du matin. Afin de rattraper quelque peu le volume horaire réduit avec ces nouvelles dispositions, nous allions à « El Jemaïa » chaque soir de 18:00 à 20:00, et le dimanche aussi de 8:00 à 11:00 du matin, les écoles françaises étant fermées ce jour-là. Ainsi, nous allions à l’école sept jours sur sept ! Mais quel plaisir ce fut pour nous de retrouver notre « El Jemaïa » le dimanche matin, dans la clarté du jour, et il faut dire aussi que nous apprécions fortement la récréation de 10:00 dont nous étions privés en cours de semaine. L’attrait de « El Jemaïa » était si fort qu’il n’était pas question pour nous de nous absenter quel qu’en soit le prétexte. La preuve ?
Un jour en plein hiver, notre père avait laissé comme consigne à notre mère de nous interdire, ma sœur et moi, de nous rendre le soir à « El Jemaïa », tellement le froid était glacial, et la neige abondante. Nous avions reçu cette interdiction comme une punition intolérable. Aussi, avions-nous bravé l’interdiction du père pour retrouver notre « El Jemaïa ». De retour à la maison, nous fument accueillis par une tannée mémorable ! Ce ne fut pas la seule mais pour une autre raison : un jour, j’étais rentré à la maison avec de la boue jusqu’aux chevilles, en plein mois d’août ! Mon père ne se donna même la peine de poser de questions, le seul endroit où il y avait de la boue en été c’était au bord de l’oued Rhumel où nous allions nager...
L’Histoire bien entendu figurait au programme des deux écoles. A « El Jemaïa », ce fut l’histoire de l’Algérie version nationaliste, et à l’école Arago on nous parlait des Gaulois, des Romains, pas de Massinissa, mais de Jugurtha, en le montrant enchainé dans une cage à fauves en route vers Rome !
La première fois de ma vie où je m’étais rendu au cinéma, le « Cirta » géré par Chentli un Musulman, ce fut avec notre médersa « El Jemaïa » pour voir un film égyptien : « Dhohour El Islam », l’Aube de l’Islam. A l’école Arago, ce fut des projections 16mm en classe avec Charlot au programme !
Souvenirs de cette période, « Un enfant raconte la guerre » (3) :
1953... Médersa Ettarbia oua Ettaâlim, Zenket Arbaine Chérif, 19h00, cours d'éducation islamique :
- Bon, maintenant nous allons réviser certaines sourates du Coran...Un volontaire...Voyons, Badjadja passe au tableau...
(Mais je ne suis pas du tout volontaire !)
- Oui, sidi...
Je suis effrayé, notre maître a une sacrée réputation de terreur au sein de la médersa. Un véritable volcan en éruption permanente. Il est le seul en mesure de calmer toute l'école si d'aventure nous prenait un vent de fronde. Il lui suffisait de frapper violemment du pied, et de hurler "la ferme tout le monde", pour qu'aussitôt un silence de mort fige sur place toute la médersa, aussi bien les élèves que les enseignants ! Et voilà que je suis convoqué au tableau...Dieu me protège !
- Allez, récite-nous le Coran à partir de la sourate du prophète "Nouh" (Noé)...
-... (Je n'arrive pas à ouvrir la bouche)
-... Alors, qu'est-ce que tu attends, "Leilet el Kadri" (La nuit du destin) ?
-...
- Badjadja, j'attends les sourates, on ne va pas y passer la soirée...
(Les cours commencent à 18h00 et s'achèvent à 20h00; dans la journée nous sommes tenus par les lois coloniales de ne fréquenter que les écoles françaises...)
-...Ah, je comprends, tu n'as pas révisé le Coran !
-... (Si, j'ai bien révisé les sourates, mais je n'arrive pas à ouvrir la bouche)
- Je parie que tu ne peux même pas réciter la sourate "El Fatiha", la première sourate du Coran que l'on vous a enseignée en première année !
-... (Comment ? Je l'ai apprise voilà trois ans, mais aucun son ne sort de ma bouche, je suis totalement paralysé face à cette boule de nerfs)
- J'attends au moins la sourate "El Fatiha"...
-... (Rien ne passe)
V'lan ! Un violent coup de poing me propulse sous les tables du premier rang, où je heurte les jambes des filles qui les occupent...
Je n'ai gardé aucune rancune pour ce maître : Cheikh Salah Boudraâ rejoindra les rangs de la Révolution dès le début, et il tombera au champ d'honneur en 1961 au côté de Messaoud Boudjeriou. Il ne pouvait en être autrement pour ce nationaliste enragé, qui voulait même créer son propre maquis avant 1954 (selon le témoignage du moudjahid si Tayeb Laloui). Combien de téléspectateurs algériens et français savent que sa veuve est la grande actrice Chafia Boudraâ, l'inoubliable "Lla Aini" du feuilleton TV "L'incendie" adapté de l’œuvre de Mohamed Dib? Quant à la médersa Ettarbia oua Ettaâlim, elle sera fermée sur ordre de l'administration coloniale au début de l'année 1956.
1956... Zenket Sidi Affane, nous jouons devant notre maison "Dar el Kellal", lorsque nous voyons s'engouffrer dans notre rue un groupe de "roumis" ! Spectacle inhabituel. Un agent juif pour relever les compteurs d'électricité, oui de temps en temps, mais pas tout un groupe, armé en plus. Un géant déboule devant moi, un pistolet à la main... Des policiers en uniforme accompagnent les civils...Où vont-ils ?Un peu plus tard, nous les revoyons remonter la rue, les armes ne sont plus visibles...Ils tournent à gauche vers Bab el Djabia... Nous reprenons possession de notre quartier... Et à notre tour, nous dévalons la rue en direction du ...local des Scouts Musulmans Algériens. Instinctivement, nous avions compris que les "roumis" en voulaient au local SMA, notre local situé sous le pont de Sidi Rached, et nous l'avons trouvé fermé...définitivement. Comme notre médersa « El Jemaïa »...Plus d'activités scoutes, plus de rencontres avec de mystérieux visiteurs, "les invités" qui nous parlaient de l'Algérie, de son histoire, de la politique, avant de terminer leur visite en participant à nos jeux et nos chants...
Zenkat Sidi Affane :
la première maison à droite, Dar El Kallal, ma maison natale
Source :http://www.constantine-hier-aujourdhui.fr/LesImages/cartespostales/vieille_ville.htm
Notre instituteur, Mr Nait, nous prépare chaque matin à l’examen d’admission en sixième des collèges : deux exercices de math, suivis d’une dictée. La classe, composée de 31 élèves, travaille dur…Lorsqu’une forte explosion secoue toute l’école. Notre maître se précipite aux nouvelles…Il s’agit d’une grenade qui avait été lancée en plein milieu de la cour ! Heureusement, ce n’était pas la récréation de 10h00 ; par miracle aucun enfant ne s’était rendu aux toilettes à cet instant fatidique. A la sortie de l’école, tous les parents étaient là à nous attendre…Plus question d’école pendant une semaine, puis reprise des classes avec quelque inquiétude…
Me voilà hissé sur la rampe du pont de Sidi M'Cid, Constantine,
à 200 mètres au dessus ravin !
J'avais 18 ans...
Le pont de Sidi M'Cid construit en 1912
En hiver...
France, ta langue part à la dérive !
Exemples relevés dans Yahoo ! Actualités du 24 janvier 2012 :
Hervé Morin : retour vers le futur
(Commentaires)
1- Marc S : Au lieu de « le héro », il fallait écrire : « le héros ».
2- renegad : « un peut », », écrire : « un peu».
3- Stéphane : «tout ces hommes qui gravitent autour du pouvoir font partis », écrire : « tous ces hommes qui gravitent autour du pouvoir font partie»
4- Matanda Jean Steve : « si les blancs createures dhistoire s se gourent », écrire : « si les blancs créateurs d’histoire se gourent ».
5- Tamouza : « c'est vrais », écrire : « c’est vrai ».
http://fr.news.yahoo.com/herv%C3%A9-morin-retour-futur-154200092.html
Présidentielle :
Ségolène Royal n'a pas apprécié être «zappée»
(Commentaires)
1- Gavroche : Au lieu de « pauvre khonne, elle a vraiment un probleme de personnlite », il fallait écrire : « pauvre conne, elle a vraiment un problème de personnalité ».
2- Sir : « On comprend qu'elle en est été chagriné. Maintenant F.H. a dû peser le pour et le contre et considéré… », écrire : « On comprend qu'elle en ait été chagrinée. Maintenant F.H. a dû peser le pour et le contre et considérer… ».
3- Bob : « normal vu ses capacitées, elle a plantée le partis en 2007, fait toi oubliée ségo c'est mieux », écrire : « normal vues ses capacités, elle a planté le parti en 2007, fais-toi oublier ségo c'est mieux ».
4- Jean D : « le perchoire ne va pas lui suffire.... », écrire : « le perchoir ne va pas lui suffire.... ».
5- Pat : « elle et Joly qu'elle s'occupe de leur maison… », écrire : « elle et Joly qu'elles s'occupent de leurs maisons… ».
http://fr.news.yahoo.com/présidentielle-ségolène-royal-n-apprécié-être-zappée-095758001.html
Guéant dissout un groupuscule islamiste
accusé de préparer "à la lutte armée"
(Commentaires)
1- Erreur dans le titre: Ecrire « accusé de se préparer "à la lutte armée" », ou bien « accusé de préparer "la lutte armée" ».
2- Michel : « que les dieux ont étés crées par les hommes et non les dieux qui ont crées les hommes », écrire : « que les dieux ont été créés par les hommes et non les dieux qui ont créé les hommes ».
3- dgedge5373: « SES PAS POUR RIEN QUE 100% DES PAYS MUSULMAN SE SONT QUE DES DICTATURE ILS SONT CINGLER AVEC LEUR RELIGION S EST SES AUSSI UN BON MOYEN POUR PAS ALLER AU BOULOT FAIGNANT MENTEUR PROFITEUR SOURNOIS », écrire : « Ce n’est pas pour rien que 100% des pays musulmans ne sont que des dictatures, ils sont cinglés avec leur religion, c’est aussi un bon moyen pour ne pas aller au travail, fainéants, menteurs, profiteurs, sournois ». (NDLR : Comme c’est dur de corriger un raciste qui prétend donner des leçons aux Musulmans alors qu’il ne maîtrise même pas les rudiments de sa langue maternelle !).
4- Philippe : « Mouma , ecrit correctement le français , merci .. », écrire : «Mouma , écris correctement le français , merci ... ».
5- Esteban : « Je pense que ce n est pas une question de raciste la ,il faut evoluer .C est la securiter de nos enfants qui est en jeux », écrire : « Je pense que ce n’est pas une question de racisme là, il faut évoluer. C’est la sécurité de nos enfants qui est en jeu ».
L'UMP lance une campagne de défense
du bilan de Nicolas Sarkozy
(Commentaires)
1- L’HONNETETE : « pourquoi hollande ne parle que des instituteurs je pense que les employes medicaux meritent d avantagent que les professeurs metiers de faineants se sont les plus malhonetes de la societe… », écrire : « Pourquoi Hollande ne parle que des instituteurs, je pense que les employés médicaux méritent davantage que les professeurs, métier de fainéants, ce sont les plus malhonnêtes de la société… ».
2- Momo : « je croiais qu'il ne c'etait pas lancer dans la campagne. si je comprend bien il fait campagne sous le dos des citoyens puisque que c'est l'argent de l'etat », écrire : « je croyais qu'il ne s'était pas lancé dans la campagne. Si je comprends bien il fait campagne sur le dos des citoyens puisque que c'est l'argent de l'Etat ».
3- Christian Muller : « ils ne vont pas demander du soutient à leurs intéllos ? », écrire : « ils ne vont pas demander du soutien à leurs intellos ? ».
4- LOUIS : « les réformes qu'il a fait n'ont rien apportées aux français… », écrire : « les réformes qu'il a faites n'ont rien apporté aux français… ».
5- Aragon_Camus_Sarko : « je ne sais pas si tu utilisent le mot mytho… », écrire : « je ne sais pas si tu utilises le mot mytho… ».
http://fr.news.yahoo.com/lump-lance-une-campagne-d%C3%A9fense-du-bilan-nicolas-192024668.html
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